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Bulletin EDA n° 468 du 01/09/2007
Depuis déjà plus d’un mois et demi, le bouddhisme unifié avait manifesté son soutien aux paysans de nombreuses provinces du Vietnam, venus présenter leurs requêtes et manifester devant le bureau de l’Assemblée nationale à Saigon. Le 13 juillet, une première délégation de religieux était venue sur les lieux de rassemblement des manifestants pour témoigner leur solidarité et leur apporter une aide financière. Le 17 juillet, le deuxième plus haut responsable, le recteur de l’Institut de la propagation du Dharma, le vénérable Thich Qiang Dô, prenait contact à nouveau avec les manifestants et leur adressait la parole pour exprimer son approbation à l’égard des revendications exprimées. Le 8 août, le même religieux envoyait une lettre ouverte, appelant tous les fidèles bouddhistes à aider et soutenir le mouvement des « dân oan » (1).
Il semble que ce soutien ait passablement irrité les autorités civiles. Dès le surlendemain de l’arrestation du vénérable Thich Không Tanh, le 25 août, l’organe officiel du Parti communiste, le Nhân Dân, donnait le signal d’une campagne de presse de grande envergure, qui met en cause principalement le vénérable Thich Quang Dô et en fait l’instigateur d’une tentative d’utilisation du mouvement de revendication des paysans à des fins politiques d’opposition à la République socialiste du Vietnam. Le quotidien du Parti accuse les religieux bouddhistes d’avoir voulu enrôler les manifestants dans un mouvement d’opposition à l’Etat, sous prétexte de les aider. Dans les quelques jours qui ont suivi, le ton de la campagne de dénonciation du bouddhisme unifié a monté et la plupart des grands titres de la presse officielle ont publié un article reprenant les mêmes arguments.
Voilà plus de vingt ans que paysans et gens du peuple, victimes de traitements injustes, vont présenter leur plainte au Bureau des requêtes et manifester dans le jardin Mai Xuân Thuong à Hanoi. Le 23 juin dernier, venant de la province de Tiên Giang, un groupe de 300 paysans décida de se rassembler devant le bureau de l’Assemblée nationale à Saigon, au 194 de la rue Hoang Van Thu. Ils arboraient des banderoles sur lesquelles étaient inscrites leurs diverses plaintes. Ils furent bientôt rejoints par d’autres paysans spoliés venant de diverses provinces du centre et du sud. Ces manifestations se répétèrent sporadiquement jusqu’au 28 juillet dernier, date à laquelle la police procédait à la dispersion des manifestants, tandis que le pouvoir central donnait l’ordre aux autorités provinciales de régler cas par cas les requêtes paysannes. Cependant, les autorités locales n’ayant apporté aucune solution aux divers problèmes, dès les premiers jours du mois d’août, les manifestants sont revenus dire leur mécontentement à Saigon comme à Hanoi.
(1) Ces informations ont été fournies par le Bureau international d’information du bouddhisme à Paris.
