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Bulletin EDA n° 454 du 01/01/2007
Dans une large mesure, la décision de la Cour suprême est purement symbolique car Abou Bakar Bachir, à la faveur de remises de peine ayant provoqué des protestations américaines et australiennes, a été libéré de la prison de Cipinang, à Djakarta, le 14 juin 2006 (1). Depuis cette date, il a repris ses prêches à travers le pays, s'en prenant violemment aux Etats-Unis et à Israël et réclamant l'instauration d'un Etat islamique en Indonésie. Toutefois, la nouvelle de sa disculpation n'a pas été accueillie avec joie par certains dans le pays. Un porte-parole de la police a déclaré qu'il existait "des preuves abondantes montrant son implication dans les attentats" et que la police le considérait toujours comme coupable.
Sur le fond, la Cour, après avoir entendu trente témoins, a estimé que le prédicateur, âgé de 69 ans, n'était "pas impliqué" dans ces deux attaques imputées au réseau de la Jemaah Islamiyah, lié à Al Qaida. Les rencontres qu'Abou Bakar Bachir a eues avec des responsables des attentats de Bali avant cette action terroriste ne prouvent pas "la conspiration" et les témoins ont tous dit que Bachir n'était pas impliqué dans cette affaire, a jugé la Cour.
Certains observateurs ont noté que la Cour suprême a rendu son jugement à l'avant-veille de la messe de la nuit de Noël, alors que les ambassades américaines et australiennes à Djakarta avaient mis en garde contre des risques "crédibles et graves" d'attaques terroristes antioccidentales. Le 24 et le 25 décembre, les célébrations de Noël se sont déroulées dans le calme, même, si comme à l'accoutumée depuis plusieurs années, les forces de sécurité avaient mobilisé d'importants effectifs aux abords des lieux de culte chrétiens. A Sumatra-Nord et à Aceh, ce sont les intempéries - des pluies diluviennes provoquant des inondations et des glissements de terrain - qui ont perturbé les fêtes, des chrétiens ayant dû célébrer Noël sous des tentes.
(1)A propos d'Abou Bakar Bachir, voir EDA 358 (document annexe) ainsi que EDA 361, 398, 399, 406, 422, 440. Abou Bakar Bachir a été arrêté au lendemain de l'attentat de Bali, qui avait fait 202 victimes en octobre 2002. Dans un premier temps, le religieux avait été condamné à quatre ans de prison pour complot contre le gouvernement. Puis il a bénéficié de deux remises de peine avant d'être libéré à la fin du mois d'avril 2004 pour être immédiatement arrêté de nouveau par la police, les autorités indonésiennes lui reprochant ses liens avec le terrorisme en Indonésie (attentat de Bali, attentat contre l'hôtel Marriott de Djakarta - douze morts, le 5 août 2003 - ainsi que d'autres attentats à la bombe depuis 2000 : une série d'attaques contre des églises chrétiennes, le soir de Noël 2000, qui avaient fait dix-neuf morts, un attentat contre un centre commercial de Djakarta et un attentat qui avait blessé l'ambassadeur des Philippines dans la capitale indonésienne).




