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CHINE - L'Eglise catholique en Chine à l'heure des Jeux olympiques

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La flamme olympique est chahutée en Occident tout au long du parcours qui doit la ramener vers Pékin, où, le 8 août 2008, elle brûlera durant quinze jours pour illuminer ce qui, selon l’idéal olympique, doit être une grande fête sportive au service de la paix dans le monde.Dénonçant la répression par les autorités chinoises des émeutes qui ont secoué les terres tibétaines au fil de ces dernières semaines, une partie de l’opinion publique occidentale appelle au boycott de la cérémonie d’ouverture de ces 39es olympiades. En Chine, l’atmosphère est autre. Dans un univers où l’information est largement contrôlée par le gouvernement, la population ne comprend pas qu’une actualitétibétaine puisse venir gâcher ces JO, « ses » JO, fruit d’un labeur intense et symbole du retour de la Chine au premier rang de la scène internationale. Dans l’avalanche d’articles et de livres qui paraissent en ce moment au sujet de la Chine, Églises d’Asie souhaite donner un coup de projecteur sur un tout petit élément de cet immense ensemble chinois, sur cette minorité catholique si difficile à cerner qu’il n’existe pas d’estimation fiable de sa taille. Douze millions de fidèles ? le double ? Personne ne le sait avec précision. La seule certitude est

que cette Église en Chine que les dirigeants communistes pensaient éradiquer en la coupant de ses liens avec l’Église universelle – à la manière d’un fruit coupé de sa branche se dessèche au soleil de la persécution –, cette Église est aujourd’hui bien vivante. Ayant retrouvé, à l’instar des autres religions, droit de cité, la religion catholique fleurit à nouveau de manière visible. En un quart de siècle, depuis les réformes lancées par Deng

Xiaoping à la toute fin des années 1970, la renaissance de l’Église catholique est même spectaculaire. Le visiteur étranger qui se rend en Chine revient toujours frappé par la taille et le nombre des églises, par la ferveur des fidèles, par la vitalité des jeunes prêtres et des religieuses. Réalités qui ne cachent pas des faiblesses importantes, allant de la division entre communautés « officielles »

et « clandestines » à l’insuffisance de la formation des jeunes prêtres, des jeunes religieuses ou encore de catéchumènes qui frappent nombreux à la porte de l’Église. Si, à la faveur des réformes, le régime communiste chinois a octroyé aux religions un certain degré de liberté de culte, il n’a pas – encore – indiqué qu’il était prêt à concéder aux religions et aux croyants une liberté pleine et entière.

Pour cerner les réalités complexes de l’Église en Chine, nous vous proposons deux textes : le premier présente un portrait de cette Église de Chine à la veille des Jeux olympiques, et l’autre offre une analyse de la lettre du pape Benoît XI aux catholiques chinois ainsi que des réactions que celle-ci a suscitées.