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MALAISIE - ESSAIS D’INCULTURATION DANS L’EGLISE CATHOLIQUE EN MALAISIE

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[NDLR – Stanislaus Soosamariam est prêtre du diocèse de Kuala Lumpur. Diplômé de théologie du General College de Penang en Malaisie, il a poursuivi des études sur le renouveau pastoral et le leadership à l’East Asian Pastoral Institute, à Manille. Il dirige actuellement une paroisse multiculturelle à Kuala Lumpur, où il a notamment organisé des communautés chrétiennes de base (CCB). Dans un article publié dans East Asian Pastoral Review (vol 43-4, 2006), il explique ici comment les symboles interculturels ont été intégrés à la liturgie paroissiale. La traduction est de la rédaction d’Eglises d’Asie.]

Introduction
La tâche première de l’Eglise est de transmettre les valeurs du Royaume, parce qu’elle existe pour évangéliser et être évangélisée. Dans le processus de transmission de la Bonne Nouvelle, l’évangélisation doit purifier la culture et, par conséquent, des éléments culturels doivent être pris en considération. Dans l’inculturation du message de l’Evangile, il faut annoncer aux fidèles son sens et ses valeurs en utilisant leurs propres symboles culturels pour leur permettre de se sentir à l’aise dans leur culture et d’avoir le désir de partager la mission évangélique de l’Eglise universelle.
L’inculturation est l’un des domaines les plus débattus par les chrétiens malaisiens dans leurs paroisses. Dans les communautés chrétiennes de base, les gens emploient naturellement et librement les éléments culturels qui leur sont propres, particulièrement lors des funérailles ou des mariages, lorsque leurs parents et leurs amis – souvent de religion différente – les rejoignent pour participer au rituel catholique. Les gens utilisent spontanément dans ces célébrations des expressions ou des rites symboliques familiers. Comme la Malaisie est composée d’un mélange de races d’origine indienne, chinoise et malaise, on ne peut pas parler de culture malaisienne. La plupart des chrétiens sont des convertis venant de religions indiennes ou chinoises, et ayant laissé derrière eux, après leur conversion, un nombre important d’éléments de leur propre culture ou de leur identité ethnique. Toutefois, ces nouveaux chrétiens ont commencé à redécouvrir leurs propres richesses culturelles. Certains font l’expérience des mariages interreligieux. A la suite des initiatives de l’Eglise dans le dialogue interreligieux et de son ouverture aux autres religions, des groupes d’ethnies différentes arrivent à se rencontrer dans une sorte de communion. Lors du décès d’un membre de la famille, quand le besoin du soutien de la communauté est fort, l’ouverture aux cultures différentes est également plus grande. La famille adopte souvent des symboles d’autres rituels, pour se consoler les uns les autres et s’aider à dépasser leurs peurs et partager leurs espoirs. Ce processus permet aux Malaisiens de se comprendre mutuellement et de partager des valeurs religieuses et culturelles, qui s’étendent alors à toute la population. Ainsi, les fidèles de foi différente apprécient l’Eglise catholique qui sait donner une si grande valeur à leurs cultures locales et qui montre un si grand respect à leurs traditions religieuses.
Je dresse ci-dessous la liste des façons dont les chrétiens malaisiens adoptent et christianisent différentes fêtes religieuses, différents rituels et différentes coutumes. La religiosité populaire chrétienne est un domaine privilégié dans lequel le christianisme rencontre d’autres religions, en termes de symboles, d’expériences et d’expressions communes à un contexte social beaucoup plus large (1). Bien que les symboles religieux, les expressions et les valeurs culturelles d’autres religions soient assimilés dans la pratique religieuse, les chrétiens doivent utiliser, assimiler et intégrer ces pratiques religieuses ou culturelles avec beaucoup de précautions.
Les fêtes religieuses
Les fêtes religieuses illustrent la manière dont les chrétiens apprennent à utiliser des expressions culturelles et des symboles religieux dans l’adoration chrétienne et la vie de tous les jours.
Les noms religieux
Les chrétiens en Malaisie utilisent différentes terminologies pour parler de Dieu dans leur liturgie et dans leur littérature catéchétique. Ils utilisent le nom d’Allah (terme islamique) dans la liturgie et la littérature en malais ; Tien Chu est le nom utilisé pour parler de Dieu dans la liturgie et la littérature en chinois ; Aandavan ou Ishwara sont les termes utilisés par la communauté indienne. Pendant de nombreux siècles, les chrétiens ont évité l’usage de certaines pratiques rituelles et de certaines expressions, pensant qu’elles étaient d’origine païenne. Mais aujourd’hui, les différents noms de Dieu sont devenus « monnaie courante » pour les chrétiens du pays, qui emploient en toute liberté ces symboles des autres religions dans leur adoration.
Deepavali
C’est une fête hindoue qui signifie littéralement « une rangée de lumières » (2). Le jour de cette fête, la nuit la plus sombre de l’année, les hindous célèbrent leur Dieu Vishnou qui terrasse et tue un démon roi/dieu, appelé Naragashura. Ils célèbrent cette fête comme une victoire de la lumière sur les ténèbres, ou du bien sur le mal. Les chrétiens célèbrent Deepavali comme une « fête de la lumière » (3) qui symbolise la victoire du Christ sur les ténèbres et la mort.
Ponggal
C’est la fête indienne des moissons – le mot signifie littéralement « débordement ». Bien que les hindous de Malaisie ne soient plus des cultivateurs, cette fête leur rappelle qu’ils l’étaient autrefois (4). Le moment fort de la fête est la cuisson du riz dans du lait de vache fraîchement tiré dans un pot de terre cuite (5). La nuit précédant le ponggal, les paroissiens décorent l’entrée et la porte principale de l’église avec des feuilles de canne à sucre, des branches de bananiers et des jeunes pousses de noix de coco, autant de symboles de bienvenue. Pendant l’après-midi de la fête, les femmes cuisent le riz du ponggal qui est offert au cours d’une liturgie spéciale qui se déroule dans la soirée. A l’entrée de l’église, de jeunes femmes dessinent des kolam de toutes les couleurs (des motifs sur le plancher) avec de la farine de riz de couleurs différentes, comme elles le font pour leur maison. Le kolam n’est pas seulement une décoration, il symbolise le rôle de la femme, qui est de donner la vie et d’embellir le monde (6).
Les coutumes et traditions chinoises
Comme leurs coreligionnaires hindous, les catholiques chinois sont très attachés à leur origine ethnique. La communauté chinoise essaye d’intégrer ses coutumes, sa culture, ses traditions et ses fêtes religieuses à celles de la communauté catholique. Ils célèbrent les grandes fêtes, comme le Nouvel An lunaire, le Chop Go Mei, et d’autres fêtes à caractère culturel traditionnel religieux. Bien que certains catholiques ne soient pas d’accord pour célébrer ces fêtes dans la liturgie chrétienne, le Nouvel An chinois, les trois « grandes révérences » et la fête des « gâteaux de la lune » ont été reconnues comme faisant partie de la tradition et ont trouvé leur place dans la liturgie catholique.
Le Nouvel An chinois (nouvelle année lunaire)
La communauté chinoise considère la nouvelle année lunaire comme plus importante que certaines solennités chrétiennes. Le jour du Nouvel An est un jour béni de prospérité, de continuité avec le passé, d’espoir pour un avenir meilleur et de rupture avec les forces du mal. Tout cela se concrétise par de nombreux rappels culturels. Ainsi, les « trois grandes révérences » qui représentent la continuité, les vêtements neufs, les repas et les boissons ; offrir des oranges représente la prospérité, donner des ang pows (petites enveloppes rouges contenant de l’argent) fait référence à la prospérité et à un avenir meilleur et les danses du lion ou du dragon qu’accompagnent les cymbales et les pétards représentent la rupture ou la mise en fuite des mauvais esprits.
Les trois « grandes révérences » (7)
Les trois « grandes révérences » sont un des traits les plus caractéristiques de la fête du Nouvel An chinois. Traditionnellement, elles se font devant l’autel familial, mais certains les font dans les temples. La coutume chinoise du premier jour de l’année est de faire ces trois révérences en l’honneur des dieux, des pères et des ancêtres. Les catholiques ont christianisé cette pratique en donnant une signification chrétienne à la liturgie chinoise du Nouvel An. Introduire cette pratique culturelle dans la liturgie pousse les chrétiens à adopter et à apprécier les autres cultures et à être sensibles à la tradition des autres peuples.
Les rituels du mariage et leur symbolisme
Une femme chrétienne, jeune mariée qui emménage dans le foyer de son mari (non chrétien) est confrontée à de nouvelles dispositions religieuses et à des coutumes étrangères (8). La plupart du temps, elle s’interroge si elle est autorisée à observer ces coutumes et ces pratiques religieuses. Les domaines où elle rencontre des difficultés fondamentales sont le mariage et les funérailles. Voici quelques exemples de la façon dont les catholiques ont adopté et christianisé des pratiques hindoues.
Ammi
L’Ammi est une pierre à moudre faîte d’un morceau de rocher en granit. Après le mariage au temple, les femmes conduisent la mariée à l’ammi, sur lequel elle pose son pied droit. Après qu’elle se soit appliquée de la pâte de bois de santal et du safran sur les mains, le visage et les pieds, on lui passe un petit d’anneau d’argent – appelé minji – au doigt de pied du milieu pour signifier qu’elle est mariée. L’ammi devient le symbole de la constance, de la fidélité et de l’engagement à son époux et à sa nouvelle famille. Cette pratique particulière est une affaire privée qui se déroule avec la famille, les parents et les amis au domicile de la mariée, après la célébration catholique officielle du mariage. C’est une très belle coutume qui met en valeur l’enseignement de l’Eglise sur le mariage et sa valeur de contrat. Les membres des CBB (communautés ecclésiales de base) peuvent assister à ces cérémonies.
Le Thali
Le Thali signifie « corde » et participe de l’expression anglaise « se passer la corde au cou » lorsqu’on se marie. Il est difficile d’aller à un mariage hindou qui n’ait pas de thali. On le désigne généralement par l’expression « nouer les trois nœuds ». La future mariée noue, en effet, trois nœuds à la corde qu’elle a passée autour du cou de son futur mari. Cette corde a été bénie et est décorée d’ornements en or, ou d’un morceau de safran ou d’épice jaune. Nouer le thali ressemble au consentement mutuel que se donnent les époux dans la cérémonie du mariage à l’église. Une fois le thali noué, le mariage est indissoluble (9). Dans le rituel catholique du mariage, il est devenu le lien du mariage. Aucun mariage catholique hindou ne se fait sans thali, parce que cette tradition a été intégrée à la liturgie catholique. C’est l’exemple d’une inculturation facile.
Les rites funéraires
La plupart des catholiques trouvent un grand réconfort dans la série des rites qui accompagnent les malades et les mourants et rendent hommage à la mort elle-même. Les hindous et les chrétiens ont donné une signification profonde aux rites funéraires (10). Les Malaisiens observent de nombreux rituels pour assister les grands malades et les mourants dans ce moment très difficile. Je souhaite développer la manière dont les chrétiens se servent de certains rites hindous dans leurs prières pour les malades, les mourants et les défunts.
Le rituel du lait avant la mort
La plupart des catholiques indiens le pratique de façon courante lorsque quelqu’un est mourant. Toute sa famille, les plus jeunes comme les plus âgés, se réunit auprès de lui, chacun se présente en disant son nom et le nourrit de lait. Le lait est pour eux la nourriture qui lui donnera l’énergie pour le voyage. Cela signifie que chaque membre de la famille accompagne le mourant dans l’inconnu. C’est une pratique très courante chez les hindous. Quand ma grand-mère est morte, notre famille a pratiqué ce rituel chez elle.
Les liturgies rituelles du lait après la mort
Le troisième jour après l’enterrement d’un membre de la famille, les parents proches se rendent au tombeau, font un petit trou là où repose la tête du mort et verse un peu de lait, afin que ce dernier puisse faire facilement son voyage à la maison. Le lait est supposé donner l’énergie nécessaire pour le voyage. Cette coutume est pratiquée par les hindous, les chrétiens et quelques musulmans. Elle rappelle qu’on donne du lait aux nouveau-nés. La mort est ainsi comprise comme une naissance à l’éternité.
Les bains d’huile
Les Indiens et quelques musulmans considèrent les bains d’huile comme faisant partie de la purification religieuse. Les Indiens pratiquent le bain rituel lors de certains rituels importants, tout spécialement celui de la mort. Parce que ce rituel signifie la fraîcheur et la vitalité, aucune fête importante ne se fait sans qu’il ne soit pratiqué.
Après que le corps du défunt a été lavé, les membres de sa famille appliquent de l’huile sur son front avant qu’on ne le mène au tombeau. Le rituel de l’huile symbolise le renouveau, l’entrée dans la vie éternelle. Le troisième jour après l’enterrement, tout de suite après le rituel du lait au cimetière, les membres de la proche famille prennent un bain d’huile, pour signifier que la période des tourments est terminée et que la vie doit reprendre son cours. Les parents et les amis du défunt se réunissent alors pour un déjeuner ou un dîner.
Bien que toutes les pratiques qui viennent d’être décrites ne soient pas courantes chez les catholiques – à l’exception du thali –, elles sont largement répandues parmi les catholiques indiens. Les traditions et les coutumes chinoises mentionnées sont de plus en plus acceptées par les Chinois catholiques et l’Eglise officielle les reconnaît et permet qu’elles soient pratiquées dans les communautés paroissiales. Toutefois, l’amni et le minli, qui concernent les rituels du mariage, ne sont pas pratiqués fréquemment, sauf dans les campagnes. D’autres manifestations, comme la prise de photos et les dîners de mariage ont éclipsé les pratiques traditionnelles. Mais celles qui concernent les funérailles – pendant et après – sont très répandues. La plupart de ces rituels sont célébrés en dehors de la liturgie et n’ont pas lieu durant les cérémonies à l’église.
L’utilisation de ces symboles est en fait une tentative d’inculturation. C’est l’occasion pour le christianisme de pénétrer les racines de la vie de la société malaisienne. Les peuples des autres religions sentent et expriment que l’Eglise a quelque chose à leur offrir. Les chrétiens apprennent également de ces rituels d’autres traditions, élément important si l’on veut que la foi chrétienne s’implante dans le pays. Les BEC sont un moyen de nouer des relations avec les fidèles des autres religions et de passer au-dessus des différences culturelles. Les chrétiens sont attentifs dans l’utilisation de symboles culturels ou religieux différents des leurs et s’assurent que leur introduction ne provoque pas d’abandon de la foi, sinon de scandales. L’inculturation ne nécessite pas d’esprit scientifique (11) pour comprendre certaines pratiques. Elle ne demande que d’avoir un cœur qui leur soit ouvert.

(1) Galilea Segundo, Popular Christian Religiosity in The Encyclopaedia of Religion Vol. 11 éditée par M. Eliade (New York: Macmillan publishing Co.), 1987 pp 440-42. Tentatives pour comprendre et assimiler les autres cultures, dont les expressions religieuses sont aujourd’hui considérées comme un aspect essentiel de « l’inculturation ».
(2) La veille du Deepavali, des lampes à huile sont disposées en dehors des maisons pour marquer l’événement. Elles sont considérées comme le début d’une vie nouvelle. Tôt le matin, les hindous prennent un bain d’huile, revêtent des habits neufs, vont au temple ou prient chez eux. La plupart des catholiques indiens, qui vivent au milieu d’hindous, prennent aussi des bains d’huile, portent des habits neufs et font une célébration. Les chrétiens reçoivent ce jour là la visite de parents éloignés et d’amis. Leurs enfants, s’ils se sont mariés avant le Deepavali, reviennent chez eux pour célébrer cette fête du « premier » Deepavali. C’est une visite protocolaire faite par la jeune mariée à la maison de ses parents avec son époux. Elle est appelée « première » Deepavali parce que c’est la toute première fois qu’elle la célèbre en tant que femme mariée, avec son mari, ses parents et ses frères et sœurs.
(3) Aujourd’hui, l’Eglise officielle permet aux chrétiens de célébrer cette fête dans une perspective chrétienne. Une liturgie spéciale pour le Deepavali a été prévue et insérée dans le missel romain tamoul. Cette liturgie spéciale est centrée sur le Christ – lumière du monde – qui a vaincu le mal par sa mort et sa résurrection.
(4) Au Tamil Nadu, au sud de l’Inde, le ponggal est une fête d’action de grâce pour la terre, les animaux de la ferme et les fermiers eux-mêmes. C’est le jour où on remercie Dieu d’avoir béni son peuple en lui donnant une récolte abondante. Les mariages ont généralement lieu immédiatement après cette fête, car la nourriture est alors abondante. Elle est célébrée aux alentours des mois de janvier ou de février. La plupart des mariages hindous et des mariages catholiques indiens ont également lieu en Malaisie pendant cette époque.
(5) Le riz est cuit au feu de bois avec du sucre brun et du lait de vache fraîchement trait. Quand le riz est cuit dans du lait, la vapeur fait déborder le riz et le lait du pot. C’est ce qu’on appelle le ponggal. Le riz cuit s’appelle du riz-ponggal. La cuisson peut se faire dans les temples, dans les maisons ou même dans les fermes. La fête du ponggal rappelle symboliquement la bonté débordante de Dieu, l’amour, la providence et la bénédiction de Dieu sur son peuple.
Le kolam peut être fait de dessins simples ou compliqués. En 2000, les jeunes filles dessinaient le logo du Jubilée. Le kolam est dessiné sur le sol, mais en plus de servir de décoration, il sert de nourriture aux fourmis, car il est fait avec de la farine de riz. Le rôle de la femme est de donner la vie, même aux minuscules créatures. Comme les déesses de l’hindouisme, la femme a pour tâche principale de donner et de prendre soin de la vie. Elle est considérée comme la pourvoyeuse de vie.
Première révérence – Dieu. La première grande révérence est pour Dieu, le Créateur, qui a béni leurs familles avec la vie et la prospérité et qui continue à le faire par de nombreuses bénédictions. Seconde révérence – le prêtre. La deuxième révérence est adressée au prêtre, qui est considéré comme le chef et le « père » de la communauté. Ce jour-là, la communauté chinoise manifeste un grand respect à ses prêtres. Dans les maisons, cet honneur est destiné aux pères. Troisième révérence – les ancêtres. Les Chinois croient que leurs ancêtres sont vivants et présents avec les membres de la famille. Ils croient qu’ils guident et protègent la famille. Ce jour-là, ils montrent un grand respect pour les ancêtres.
Une étude récente montre que 70 % des mariages qui ont lieu à l’église sont des mariages mixtes. Ce qui crée des tensions dans les couples mariés, particulièrement pour les épouses. Les femmes, en Malaisie, sont tenues de vivre dans la maison de leur mari. En plus du problème de savoir si les enfants seront baptisés ou non, les femmes doivent se plier aux coutumes de leur nouvelle famille ou même à ses traditions religieuses.
Le thali est pour les Indiens un symbole très fort. Pour le marié, nouer le thali avec trois nœuds autour du cou de la mariée est l’expression symbolique de sa fidélité tout au long de la vie. Identiquement, la décoration du thali autour de son cou est pour la mariée le rappel symbolique de sa fidélité à son mari. Une fois le thali noué, le mariage est indissoluble. Les catholiques indiens, qui connaissent ce symbolisme, emploient le thali dans le rituel du mariage chrétien. Jamais un mariage indien catholique ne se fait sans thali. Les autres Eglises chrétiennes (chez les Indiens) évitent le thali, qu’elles voient comme un symbole d’allégeance à leur dieu hindou.
Pour les hindous, ces rituels doivent amener les mourants et les défunts dans la paix éternelle. Alors que pour les chrétiens, ils servent à accompagner les mourants et les défunts dans leur nouvel état – la vie a changé, elle ne s’est pas terminée. (Préface pour les morts, n°1) La mort est vue comme un passage vers la vie. Galilea, Segundo, The Challenge of Popular Religiosity (Quezon City, Philippines, Claretian Publication), 1988, p. 4.
(EDA, EAPR, septembre 2007)

(EDA, EAPR, septembre 2007)