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Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Le 24 mars dernier, environ 80 % des 318 000 électeurs du royaume du Bhoutan sont allés voter pour parachever un processus de démocratisation initié en 2006 par le roi Jigme Singye Wangchuk (1). Monarchie absolue depuis 1907, le royaume fonctionne désormais sous un régime de monarchie constitutionnelle, les électeurs ayant donné une très forte majorité (44 sièges sur 47) au Druk Phuensum Tshogpa (Parti de l’harmonie du peuple), dirigé par un ancien Premier ministre très populaire, Jigmi Thinley. Le chef de l’Etat demeure le roi Jigme Khesar Namgyal Wangchuck, âgé de 28 ans et monté sur le trône après l’abdication de son père. Pour un certain nombre de chrétiens connaissant bien ce pays où le bouddhisme a rang de religion d’Etat, ces élections sont une bonne chose mais ne résolvent pas toutes les questions en suspens, notamment celles de la liberté religieuse.
Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Lors de la Vigile pascale, le 22 mars dernier, 147 catéchumènes ont été baptisés par Mgr Emile Destombes, vicaire apostolique de Phnom Penh. Le parcours de certains catéchumènes, avant de rejoindre l’Eglise catholique, n’est parfois pas facile, certains étant rejeté par leur famille ou victimes d’ostracisme de la part de leur communauté d’origine.

Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Perché à 3 000 mètres d’altitude, le village de Yanjing, à l’extrémité sud-est de la Région autonome du Tibet, domine le Mékong et présente la particularité d’abriter une forte communauté catholique : évangélisé au milieu du XIXème siècle par des prêtres des Missions Etrangères de Paris puis par des chanoines du Grand Saint Bernard (Suisse), le village a conservé la foi catholique en dépit des vicissitudes de l’histoire. Il compte aujourd’hui près de deux tiers de catholiques, soit 550 fidèles (1). Le P. Lu Rendi, actif dans de ce qui est l’unique paroisse catholique de la Région autonome du Tibet, a confié, le 19 mars dernier, que les catholiques de Yanjing (Yerkalo en tibétain) priaient pour la paix dans la région.

Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
La réunion qui a eu lieu à Rome du 10 au 12 mars pour « étudier les questions les plus importantes concernant la vie de l’Eglise en Chine » s’est déroulée en l’absence de tout représentant de l’Eglise présente sur le continent chinois (1). A l’issue de cette réunion, un communiqué a été rendu public par le Saint-Siège pour dire que les échanges avaient eu trait aux « principaux enjeux de la mission de l’Eglise comme instrument de salut pour le peuple chinois ». Cinq d’entre eux étaient nommés, à savoir : l’évangélisation à l’heure de la mondialisation ; la mise en pratique, dans le contexte actuel chinois, de la doctrine de Vatican II sur la nature et la structure de l’Eglise ; le pardon et la réconciliation au sein de la communauté catholique ; les exigences de la vérité et de la charité ; et enfin, le gouvernement des diocèses et son importance pour la pastorale et la formation des prêtres, séminaristes, religieux, religieuses et fidèles laïques. Depuis Hongkong, l’agence catholique d’information Ucanews a contacté un certain nombre de responsables de l’Eglise en Chine afin de recueillir leurs commentaires (2).

Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Dans l’Etat du Karnataka, l’archidiocèse de Bangalore a pris des mesures concrètes en faveur de la dignité des femmes, s’inscrivant ainsi à la suite de l’appel lancé par la CBCI (Catholic Bishops’ Conference of India). Lors de leur dernière assemblée plénière, en février dernier, les évêques indiens ont en effet décidé de faire de cette cause une priorité (1). Le 14 mars dernier, une marche réunissant plus de 5 000 femmes de différentes religions a ainsi été organisée dans les rues de Bangalore. Elle s’est terminée par l’engagement personnel des participantes à lutter contre l’avortement, l’infanticide envers les fillettes et l’usage de la dot.
Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
« Les conversions au christianisme relèvent d’expériences spirituelles personnelles et non de pressions extérieures ou de conversions forcées. » Telles sont les conclusions d’une étude qualitative menée par Lyadurai Joshua (1), chercheur protestant, dans le cadre de ses études doctorales au Département des études chrétiennes de l’université publique de Madras (Chennai).
Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Au Tamil Nadu, le 24 mars dernier, d’importantes forces de police avaient pris position dans le village d’Eraiyur, où se trouve la plus importante paroisse catholique du diocèse de Pondichéry-Cuddalore. Près de 1 800 policiers étaient déployés pour assurer la sécurité d’un cortège funéraire. Une catholique dalit était décédée et, fait exceptionnel, ses proches ont pu emprunter la rue principale du village pour se rendre à l’église paroissiale, une première dans cette localité marquée par de très fortes oppositions de castes (1). Le 24 mars, vingt prêtres originaires d’Eraiyur ont pris part aux funérailles (2).
Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
« Nous devons admettre que c’est une génération entière qui est perdue pour Goa. » Tels sont les propos tenus par le P. Maverick Fernandes, secrétaire du Conseil ‘Justice et Paix’ de l’archidiocèse de Goa, après les remous causés par l’assassinat d’une jeune Britannique sur une des plages de Goa, où se concentrent depuis de nombreuses années guest houses et restaurants destinés à une clientèle de routards. L’affaire a débuté le 18 février dernier lorsque Scarlett Keeling, 15 ans, a été retrouvée morte sur une plage d’Anjuna, station balnéaire de Goa. La police a alors conclu à une mort par noyade, avant de rouvrir l’enquête à la demande insistante de la mère de la victime et de conclure à un assassinat. La jeune Britannique a sans doute été violée avant de mourir noyée. La police a interpellé deux suspects et cet incident s’est ajouté à d’autres. Ainsi, depuis le début de cette année, dix citoyens britanniques sont décédés dans ce petit Etat du sud-ouest de l’Inde dont quatre dans des circonstances suspectes. La presse indienne a été prompte à réagir, demandant que Goa, riche d’une histoire « mêlant les traditions culturelles et religieuses », se débarrasse de sa réputation de havre « pour les personnes désocialisées », ainsi que l’a écrit The Times of India. Pour The Pioneer, Goa doit s’interroger sur le genre de tourisme qu’il souhaite voir se développer sur son territoire et, dans l’édition datée du 14 mars, un éditorial intitulé « Paradise Lost », se lamentait de voir échouer sur les plages de Goa « les rebuts de la civilisation urbaine occidentale ». Pour le P. Fernandes, la mort de la jeune fille doit amener les Goanais à « l’introspection » et le gouvernement local à réfléchir à l’avenir. Aucune politique en matière de tourisme n’existe, explique-t-il, et « tout le monde est bienvenu ». Du « paradis pour les hippies » qu’il était dans les années 1960-1970, Goa – et notamment la plage de 13 km d’Anjuna – est devenu une halte obligée pour nombre de routards. Sur 2,5 millions de touristes reçus en 2007, 380 000 étaient des touristes étrangers. Des gangs appartenant à différentes nationalités ont pris le contrôle de certaines plages ; ils y achètent des terrains et vendent de la drogue. Le prêtre catholique explique que la jeunesse locale se trouve « pervertie » par un tel environnement où « l’argent est facile ». Le tourisme a un impact sur les valeurs traditionnelles et, chose impensable auparavant, on voit désormais des femmes hindoues fréquenter les bars.

Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Vous avez aimé la Clericus Cup (1), vous allez raffoler du Cricket for Peace. Le 9 mars dernier, devant une foule de 2 000 spectateurs, dans le célèbre Brabourne Stadium de Mumbai (Bombay), un match de cricket, sport national en Inde, a opposé deux équipes dont la particularité était d’être formées de membres du clergé des principales religions de ce pays. Revêtus du même habit blanc des joueurs de cricket, vingt-deux prêtres catholiques, bouddhistes, hindous, jaïns, juifs, musulmans, sikhs et zoroastriens se sont ainsi mesurés au cours d’un match que ses promoteurs avaient baptisé ‘Cricket for Peace’.

Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
Parmi les vives réactions provoquées par la sortie du film contre l’islam du député populiste néerlandais Geert Wilders, des responsables religieux indonésiens ont fait entendre leur voix. Dans une lettre ouverte au Premier ministre néerlandais, Jan-Peter Balkenende, ils ont exprimé leur « rejet du film Fitna, diffamatoire envers l’islam et son livre saint, le Coran », disant leur inquiétude quant aux conséquences pour les relations entre les croyants de la diffusion d’un tel film.