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Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Dans le petit Etat de Brunei, autrefois rattaché à l'Empire britannique et pleinement indépendant depuis 1984, l'Eglise catholique poursuit lentement mais sûrement sa croissance. En 1991, l'Eglise avait traversé une grave crise lorsque les autorités avaient refusé l'extension des permis de résidence de deux missionnaires et d'une religieuse catholiques (1). Dans les années 1990, les dirigeants de l'Etat, dont la richesse en pétrodollars ne suffisait plus à garantir la stabilité du pays, ont forgé le concept de "Monarchie malaise musulmane", mettant l'accent sur la race malaise, majoritaire dans le sultanat, la religion musulmane et la monarchie absolue et laissant craindre une évolution du sultanat vers une application plus stricte de la loi islamique (2). Aujourd'hui, selon Mgr Cornelius Sim, qui a longtemps été le seul prêtre catholique du pays et qui dirige l'Eglise locale depuis la création de la préfecture apostolique de Brunei en 1998 (3), la situation s'améliore mais les progrès sont lents.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Selon l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières et le Centre pour le développement, le journalisme et la communication du Bangladesh (BCDJC), à la fin du mois d'août dernier, un journaliste a été grièvement blessé et quatre autres menacés de mort par des militants islamistes. Ceux-ci leur reprochaient de soutenir, dans leurs articles, une troupe de théâtre locale "coupable" d'avoir mis en scène une ouvre jugée par eux "blasphématoire".
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Depuis que la construction du barrage des Trois Gorges a commencé, en 1993, la vie des populations vivant dans la région située dans une des provinces les plus déshéritées du pays a été profondément bouleversée. A mesure que les travaux avancent - la fin du chantier est prévue pour 2009, date à laquelle la retenue d'eau atteindra la cote de 175 m. -, les déplacements de population prennent de l'ampleur. Sur un total de 1,3 millions de personnes à reloger, les catholiques sont au nombre de 50 000. Ils appartiennent au diocèse de Wanzhou (anciennement Wanxian) et abandonnent progressivement les six églises qui seront bientôt submergées pour de nouveaux édifices de culte, bâtis dans les zones de repeuplement (1). Pour les catholiques locaux, ces changements apportent à la fois des éléments positifs et des éléments négatifs à leur vie.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Dans le long combat qui oppose l'exécutif de Hongkong à plusieurs organisations de défense des droits de l'homme et à l'Eglise catholique sur la question de l'immigration en général et sur celle en particulier du regroupement familial (1), les échanges se sont à nouveau fait plus vifs après que, le 3 juillet dernier, Tung Chee-hwa, chef de l'administration de Hongkong, eut annoncé qu'il avait demandé aux autorités chinoises de réduire le quota de 150 entrées quotidiennes d'immigrants en provenance de Chine venant s'installer à Hongkong au titre du regroupement familial. Tung Chee-hwa a exprimé le souhait qu'à la place de ces immigrants soient accordés des visas de séjour à des travailleurs qualifiés accompagnés de leurs familles. Dès le lendemain, 4 juillet, Mgr Joseph Zen Ze-kiun, évêque coadjuteur du diocèse de Hongkong, a appelé les défenseurs du droit au regroupement familial à se mobiliser à nouveau sur cette question.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Après la mort accidentelle de deux jeunes filles sud-coréennes, renversées par un véhicule de l'armée américaine en manouvre lors d'un exercice militaire, des catholiques demandent justice, réclamant la révision du SOFA (Status of Forces Agreement), l'accord bilatéral américano-sud-coréen qui régit depuis 1966 les conditions de présence des troupes américaines en Corée du Sud et qui stipule notamment que les militaires américains auteurs de crimes ou délits dans l'exercice de leurs fonctions sont d'abord tributaires de la justice militaire américaine avant de pouvoir, éventuellement, être jugés par la justice sud-coréenne.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Dans le diocèse de Dibrugarh, en Assam, au nord-est de l'Inde, une religieuse de la congrégation du Cour immaculée de Marie, la sour Lucela Lakra, a été arrêtée le 22 juillet dernier et emprisonnée pendant 44 jours jusqu'à sa récente libération sous caution. La police et un certain nombre de responsables locaux du parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP), l'ont accusée d'avoir tenté de convertir de force sa belle-sour, Meena Tanti, et n'y ayant pas réussi, de lui avoir donné la mort. Tanti, l'épouse de son frère, âgée de 24 ans, est morte le 21 juillet, à la suite de brûlures très graves dont les causes ne sont pas à ce jour éclaircies.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Au cours d'un rassemblement qui s'est tenu au Tamil Nadu, du 22 au 24 août dans des conditions qui restent à déterminer, 250 paysans de basses castes se sont engagés publiquement à adhérer au christianisme et ont été baptisés par des Adventistes du septième jour. Cet événement a provoqué une vague de critiques et de protestations de la part de groupes hindouistes, de certains organes de la presse nationale et locale indienne, mais aussi de diverses confessions chrétiennes du pays. Il a, en effet, été reproché à la dénomination protestante à l'origine de ces conversions d'avoir profité de la pauvreté et du dénuement des paysans en question pour les attirer au sein de sa communauté grâce à des contreparties pécuniaires. L'accusation a été rejetée par les responsables du groupe adventiste qui affirment n'avoir pas outrepassé les droits octroyés par la constitution indienne, leur permettant de professer, de pratiquer et de propager leur religion.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Les responsables religieux de l'Inde ont émis des opinions différentes à propos d'une récente initiative du gouvernement du Kerala visant à inclure la participation aux diverses fêtes religieuses locales à l'intérieur du programme des circuits touristiques nationaux et internationaux. Le 26 août dernier, en effet, le ministère du Tourisme de l'Etat a signé un accord dans ce sens avec plusieurs agences de voyage. Le ministre, M. K.V. Thomas, a déclaré que ses services avaient identifié à travers le pays près de 90 fêtes religieuses, aussi bien chrétiennes que hindoues et musulmanes, qui pourraient être proposées comme attractions aux divers organismes de tourisme. Il sera permis à ces derniers de venir s'implanter sur les lieux de la fête et d'y établir des installations facilitant la venue et la présence de touristes étrangers.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Selon l'archevêque de Ranchi, Mgr Telesphore Toppo, un nouveau chapitre de l'histoire du dialogue interreligieux dans l'Etat du Jharkhand a été entamé, le 22 août dernier, au cours de la "fête des frères et sours" lorsqu'une religieuse hindoue l'a accepté comme son "frère". Pour cela, la brahmakumari ('fille du Seigneur Brahmâ') lui a noué au poignet un ruban coloré. Il est de tradition que, pendant la fête du Rakshabandan ('Promesse de protection'), les femmes indiennes aient recours à cette coutume à l'égard d'un de leurs frères sollicitant ainsi sa protection et ses bénédictions.
Bulletin EDA n° 359 du 16/09/2002
Le gouvernement du Tamil Nadu, conduit par l'ancienne actrice, Mme Jayalalitha Jayaram, vient d'interdire, le 28 août dernier, une coutume religieuse vieille de 400 ans pratiquée dans le temple hindou du village de Peyarur, à 46 km. de Madurai, consistant à enterrer vives pendant une minute des filles pré-pubères pour apaiser le courroux des divinités hindoues Mariamman et Kaliamman. Cette cérémonie traditionnelle, appelée Kuzhi maatru Thiruvizha, 'la fête des fosses', avait été remise en honneur le 21 août dernier et avait provoqué une vague de réprobation aussi bien dans la presse que dans l'opinion publique. Au lendemain des faits, la Commission nationale des droits de l'homme avait aussitôt demandé au gouvernement un rapport d'enquête. Toutes les critiques ont relevé la présence à cette cérémonie d'un ministre du Tamil Nadu, C. Dorairaj, semblant apporter son soutien à cette coutume. Le 27 août suivant, un communiqué de presse signé de ce dernier annonçait qu'il démissionnait de son poste, sa participation à la cérémonie ayant affecté l'image du ministre-président et de son gouvernement.