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L’appel du pape à une conversion écologique : le défi de transformer les mots en actes

L’appel du pape à une conversion écologique : le défi de transformer les mots en actes

07/09/2015

Deux mois après la publication de l’encyclique du pape François, Laudato Si’, sur la sauvegarde de la création, et quelques jours après la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, organisée le 1er septembre dernier, on constate une prise de conscience inégale de l’appel du pape à ...

... organisée le 1er septembre dernier, on constate une prise de conscience inégale de l’appel du pape à une « conversion écologique » au sein des Eglises locales asiatiques.

A Hongkong, le cardinal John Tong Hon a annoncé le lancement d’un groupe de réflexion sur l’encyclique Laudato Si’, afin d’éveiller les consciences à la cause écologique, notamment en sensibilisant les fidèles sur le thème du gaspillage et du développement non durable. Le diocèse va ainsi publier une brochure en chinois reprenant les grands axes de l’encyclique, la traduction de l’intégralité de cette dernière étant prévue pour la fin de l’année 2015.

Pour Catherine Hung, secrétaire du Catholic Messengers of Green Consciousness Group, qui milite pour la protection de l’environnement depuis 1987 à Hongkong, l’Eglise catholique et la société dans son ensemble se préoccupent peu des questions écologiques. « Nous sommes loin derrière Taiwan en ce qui concerne l’éco-théologie, précise-t-elle. L’encyclique du pape invite les catholiques à une véritable transformation de leur vie quotidienne ; le défi, aujourd’hui, est de transformer les mots en actes. »

Lau Yiu-chung, étudiant catholique en sciences environnementales, espère que l’Eglise se concentrera sur les enjeux écologiques locaux, comme la construction d’une nouvelle ligne de train à grande vitesse ou de la troisième autoroute reliant la ville à l’aéroport. « Mais des questions comme la fonte des glaciers sont des enjeux trop éloignés de notre quotidien pour nous sembler pertinents », déplore-t-il.

En Indonésie, où les catholiques représentent environ 10 % de la population, l’encyclique du pape a pour l’instant eu peu de répercussions concrètes sur le terrain. En juillet dernier, la Conférence épiscopale a appelé l’Eglise catholique à sortir « de sa zone de confort » pour s’impliquer directement en faveur de la sauvegarde de la Création. Les côtes de l’archipel indonésien sont en effet directement menacées par la montée des eaux, ce qui pourrait notamment avoir des conséquences désastreuses pour les 20 millions d’habitants qui vivent dans la région de Djakarta.

A Dacca, au Bangladesh, le 1er septembre dernier, l’archidiocèse a accueilli différents responsables religieux et militants pour aborder ensemble les questions de la sauvegarde de l’environnement. Pour Philip Gain, directeur à Dacca de la Society for Environment and Human Development, l’encyclique du pape « donne de la force pour se battre contre la culture du gaspillage et l’exclusion des plus pauvres ». Reste à savoir, à présent, comment le message du pape sera traduit en actions concrètes sur le terrain.

Aux Philippines, la Journée mondiale de prière pour la Création a été l’occasion d’un appel à des actions rapides contre « la crise écologique imminente ». Directement touchés par les bouleversements climatiques, un tiers des Philippins considère les problèmes environnementaux comme l’enjeu mondial majeur du siècle et l’Eglise catholique est fortement impliquée dans ce combat.

L’encyclique du pape est ainsi venue confirmer ce dont est témoin l’Eglise catholique aux Philippines depuis des décennies, à savoir le lien direct entre les questions environnementales et la pauvreté. Avec Laudato Si’, il est à présent évident de réaliser que « le cri de la terre est le cri des pauvres », affirme le P. Edwin Gariguez, primé par le Goldman Environmental Prize. Le P. Gariguez a en effet mené différentes campagnes contre des mines illégales de nickel, à Mindoro, afin de protéger la biodiversité sous-marine exceptionnelle de cette île ainsi que les peuples aborigènes, directement menacés, qui y vivent.

Depuis plusieurs années, l’Eglise aux Philippines est directement impliquée dans les batailles environnementales, en particulier contre les projets d’exploitation minière ou d’installation de centrales électriques au charbon. Ainsi, à Lipa, en mai dernier, 300 prêtres sont descendus dans les rues avec leurs fidèles, pour prier et protester contre le projet d’une centrale électrique au charbon de 600 mégawatts.

Après la visite du pape François, aux Philippines, en janvier dernier, une coalition de plus de 140 associations catholiques s’est constituée pour créer le Global Catholic Climate Movement (GCCM) et lancer une pétition en ligne afin de « faire entendre la voix catholique sur les changements climatiques et faire pression sur les dirigeants internationaux », lors de la 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, organisée à Paris, en novembre-décembre prochain. Le GCCM s’est promis de collecter 10 millions de signatures d’ici-là.

(eda/nfb)