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Lancement de l’exposition « Missions du toit du monde » : le cardinal Filoni évoque la nouvelle « audace missionnaire »

Lancement de l’exposition « Missions du toit du monde » : le cardinal Filoni évoque la nouvelle « audace missionnaire »

01/10/2012

Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples à Rome, le cardinal Fernando Filoni était présent à Paris les 29 et 30 septembre pour inaugurer au siège de la Société des Missions Etrangères de Paris l’exposition « Missions du toit du monde ». Portant sur « l’audace missionnaire » qui avait dû porter les prêtres partis dans la seconde moitié du XIXème siècle évangéliser le Tibet, ...

... la conférence du cardinal a évoqué l’émergence de « nouvelles formes de présence missionnaire », portées cette fois – mais pas exclusivement – par les laïcs, qu’ils partent comme jeunes volontaires, en famille avec enfants ou encore en tant que « jeunes retraités ».

« Evangéliser n’est jamais une affaire simple... Dans certains pays, pour évangéliser il faut une véritable audace missionnaire. C’est le cas du Tibet, non seulement aujourd’hui, mais depuis les premières tentatives de son évangélisation. D’où la nécessité d’y envoyer des hommes de foi au caractère trempé, animés d’un zèle apostolique ardent et plein d’enthousiasme pour leur mission. » C’est par ces considérations, écrit l’agence Fides, que le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples, a débuté sa conférence sur l’audace missionnaire, samedi 29 septembre après-midi à Paris, au siège de la Société des Missions Etrangères de Paris (MEP), après avoir inauguré l’exposition dédiée à la mission au Tibet.

Au cours de son intervention, le cardinal a retracé l’histoire complexe et mouvementée de la mission au Tibet dont les débuts remontent au XVIème siècle, avec les Portugais, jusqu’à ce que le vicariat apostolique du Tibet soit confié, le 27 mars 1846, à la Société des Missions Etrangères de Paris. En ce temps-là, la Société de la Rue du Bac ne manquait pas d’hommes audacieux, voire héroïques comme les trois premiers missionnaires martyrisés à Séoul (Mgr Imbert, les PP. Maubant et Chastan), dans la mission de Corée. Le cardinal Filoni a ensuite cité les deux premiers vicaires apostoliques du Tibet, Msgr Thomine-Desmazures et Chauveau « qui durent freiner le zèle et l’audace de leurs missionnaires. C’est sur cet équilibre fragile et délicat entre la prudence et l’ardeur, la raison et la passion, la responsabilité et l’obéissance, équilibre qu’il fallait constamment fortifier, que se développa toute l’histoire de la mission du Tibet pendant environ un siècle ».

La vie de ces missionnaires, comme le montrent les chercheurs, fut marquée par des expulsions, des destructions puis des reconstructions, mais aussi des morts violentes et cruelles. « Dans ce contexte, ces pionniers de Dieu vivaient l’audace, l’aventure, la foi, la passion, de façon absolument unique, a souligné le cardinal Filoni. Du point de vue éthique, nul ne peut ignorer que le martyre et le témoignage héroïque de tant de missionnaires étaient les fruits de cette mission « impossible » menée par des hommes dont l’Evangile avait ravi le cœur, l’esprit et le corps ». Après environ un siècle d’activité missionnaire, fécondée par le sang de nombreux martyrs, le Tibet devint, en 1950, une région chinoise autonome et tous les missionnaires furent expulsés, contraints à abandonner une œuvre à peine commencée.

« Mais aujourd’hui pouvons-nous encore parler d’audace missionnaire ? », s’est demandé le cardinal, soulignant les profondes différences entre le contexte préconciliaire et le contexte actuel. « Les Eglises issues de l’« audace » d’autrefois étaient dirigées par un personnel et des évêques occidentaux ; les religieux étaient majoritairement des ‘blancs’, les moyens matériels provenaient de l’Occident, les projets étaient créés par des Occidentaux avec des formes d’adaptation pratique. Aujourd’hui, les Eglises en Afrique, Asie et Océanie sont assez différentes : les évêques et les prêtres sont majoritairement indigènes, les séminaires sont riches de vocations autochtones, les institutions culturelles travaillent avec un personnel local, les œuvres éducatives et sociales répondent à des administrateurs du pays concerné, et même les instituts missionnaires occidentaux – qu’ils soient hommes ou femmes –, accueillent du personnel indigène pour continuer leur propre activité, sans parler des nouveaux instituts nés en terre « de mission ». Parallèlement, nous assistons à une rapide diminution des missionnaires des pays de vieille chrétienté, à la crise des vocations, à l’abandon des traditions en Afrique, en Asie et en Océanie. »

Le cardinal a ensuite continué : « Le contexte actuel me fait penser à un épuisement historique de cette audace, mais en même temps à la naissance de nouvelles formes de présence apostolique liée, par exemple, à un laïcat plus conscient de son rôle missionnaire, avec une sensibilisation au niveau des jeunes, des familles, des professionnels et pourquoi pas des personnes du troisième âge prêtes à donner quelques années de leur propre vie comme missionnaires. » Dans sa conclusion, le préfet du dicastère missionnaire a invité l’assistance à s’interroger sur les nouvelles frontières de la Mission de nos jours et à quel type d’audace il convenait de faire référence aujourd’hui, soulignant que demeuraient toujours « immuables et intrinsèques » les facteurs de la Mission elle-même : le message et l’homme.

Dimanche 30 septembre, dans l’homélie qu’il a prononcée lors de la messe qu’il présidait au siège des MEP, Mgr Filoni a mis en évidence, à la lumière des lectures du jour, le rôle central du Saint Esprit dans l’œuvre missionnaire. Soulignant que « le Seigneur était souverainement libre », qu’« Il faisait don de l’Esprit à qui Il voulait », le cardinal expliqué que « le fruit de ce don était une attitude profonde d’ouverture et de service, à l’opposé de notre instinct naturel qui était d’exclure, de contrôler et de dominer ». Il a ensuite rappelé que « l’Esprit Saint était le protagoniste de toute la mission ecclésiale » avant de conclure : « Puisqu’Il est le feu d’amour qui pousse à l’action évangélisatrice, il est essentiel de se laisser guider par l’Esprit Saint pour réaliser une mission fructueuse. »