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A Riyad, en Arabie Saoudite, un prêtre catholique et une centaine de fidèles ont été surpris en train de célébrer la messe [ Bulletin EDA n° 537 ]

05/10/2010

Selon Migrante, ONG philippine œuvrant à la défense des droits des travailleurs philippins expatriés, la police religieuse a surpris, le 1er octobre dernier, un prêtre catholique et une centaine de fidèles en train de célébrer la messe à Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. L’ONG philippine, qui a rendu la nouvelle publique le 5 octobre, a précisé que douze Philippins figuraient au nombre des personnes interpellées.

Depuis Manille, John Leonard Monterona, coordinateur de Migrante pour le Moyen-Orient, a expliqué que le groupe de fidèles s’étaient rassemblés dans un estiraha du district Nadeem de la capitale saoudienne. Un estiraha est un lieu que tout un chacun peut louer afin d’y organiser un anniversaire, un mariage ou une fête quelconque. La police religieuse, la muttawa, sans doute informée du rassemblement, est intervenue pour y mettre fin. En Arabie Saoudite, dont la devise est : « Il n’y a nulle divinité en dehors d’Allah et le Prophète Mahomet est Son Messager », la célébration publique ou privée de tout autre culte que le culte musulman est formellement interdite.

Toujours selon John Leonard Monterona, dont les propos sont rapportés par l’agence Ucanews (1), la nouvelle de l’arrestation du groupe de fidèles est sortie du royaume via des proches des personnes interpellées. Ceux-ci ont indiqué que les fidèles prenaient part à « un service religieux chrétien » et ils ont demandé que l’on vienne en aide aux personnes interpellées.

Selon le ministère philippin des Affaires étrangères, l’ambassade des Philippines à Riyad « suit attentivement l’affaire ». Le chargé d’affaires philippin actuellement en poste dans la capitale saoudienne, Ezzedin Tago, a précisé que le prêtre arrêté en même temps que le groupe de fidèles était de nationalité française. « Les Philippins interpellés ont plaidé auprès de la police pour que leur cas soit déféré devant le procureur afin que celui-ci détermine s’ils étaient en droit d’être remis en liberté au titre du kaffala » (un régime de liberté conditionnelle dont l’employeur saoudien d’un travailleur étranger est le garant), a expliqué, dans un communiqué, le ministère philippin des Affaires étrangères.

Selon des informations obtenues par Eglises d’Asie, tant le prêtre que les fidèles ont été, à ce jour, remis en liberté et ne semblent pas pour l’heure menacés d’être expulsés du pays. Par le passé, dans un certain nombre d’affaires similaires, des expulsions ont été prononcées (2).

Quant à l’ONG Migrante, son responsable pour le Moyen-Orient rappelle qu’il est essentiel que « les Philippins expatriés respectent les interdictions culturelles imposées par le pays hôte, particulièrement lorsqu’il s’agir de célébrer un culte autre que l’islam ». « Nous sommes des ‘étrangers’ de troisième catégorie en Arabie Saoudite », a-t-il précisé.
 

Notes
  1. Ucanews, 5 octobre 2010.
  2. Cf. par exemple en avril 2006 le cas d’un prêtre catholique syro-malabar, de nationalité indienne, qui fut expulsé du royaume après avoir été surpris en train de célébrer la messe (voir EDA 439).