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L'exode vers le Cambodge des Montagnards des Hauts Plateaux du Centre-Vietnam continue ainsi que les procès des militants impliqués dans les manifestations du week-end pascal 2004 [ Bulletin EDA n° 424 ]

01/09/2005

La répression qui sévit sur les Hauts Plateaux du Centre-Vietnam depuis les manifestations du week-end pascal de l'année dernière est loin d'être achevée (1). En témoignent les nombreux procès censés sanctionner les meneurs et les animateurs de l'exode qui pousse des centaines de Montagnards vers le Cambodge. La dernière sentence a été prononcée le 18 août dernier par le tribunal populaire de la province de Dac Nông. Le journal Lao Dông ('Travail'), qui en fait état le lendemain, rapporte que le tribunal a condamné cinq militants montagnards à des peines allant jusqu'à six ans de prison. Ils étaient accusés d'avoir organisé à treize reprises la fuite du Vietnam au Cambodge de 202 membres des ethnies minoritaires de la province. Aucun autre détail n'a été donné sur ce procès qui s'ajoute à une liste déjà longue de procès similaires (2).

Le nombre de Montagnards ayant passé la frontière depuis les troubles de l'année dernière est près d'atteindre celui de ceux qui avaient fui leur pays après les manifestations de 2001, à savoir un millier. Pour l'heure, 562 d'entre eux sont reconnus comme réfugiés et résident dans les locaux du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) à Phom Penh. Le 10 août dernier, un représentant des Nations Unies au Cambodge signalait l'arrivée dans la province de Ratanakiri de vingt-et-un nouveaux montagnards, parmi lesquels des enfants. Certains d'entre eux avaient passé plus d'un mois dans la jungle, près de la frontière, avant d'être recueillis par des défenseurs des droits de l'homme et pris en charge à Phnom Penh par le HCR.

Seule une partie de ceux qui tentent le passage de la frontière réussissent leur entreprise. Certains ne peuvent obtenir le droit d'asile. Tel a été le cas, le 20 juillet dernier, pour cent sept Montagnards. Ils ont alors été placés de force dans un car et rapatriés dans leur pays d'origine par les autorités cambodgiennes qui ont déclaré qu'elles ne faisaient que respecter la loi sur l'immigration en vigueur dans le pays. Les rapatriés ont été accueillis à la frontière par les responsables vietnamiens. Un concert de protestations a dénoncé le geste brutal de la police cambodgienne. En particulier, l'organisation américaine Human Rights Watch soulignait, dans un communiqué du 27 juillet, que la police cambodgienne n'avait tenté aucune négociation avec les demandeurs d'asile qui, de plus, avaient été frappés. "Aucune excuse ne peut justifier l'emploi de matraques électriques, ni le fait de frapper des personnes désarmées, engagées dans une désobéissance civile pacifique pouvait-on lire.

Ce rapatriement a provoqué une réaction de l'ambassade des Etats-Unis à Hanoi. Son porte-parole a déclaré le 28 juillet que le cas des rapatriés de force était étudié par l'administration de son pays, qui envisageait pour eux une installation aux Etats-Unis, même si le statut de réfugiés ne leur était pas accordé par les Nations Unies.

Au mois de janvier dernier, le Haut Commissariat aux réfugiés et les autorités de Phnom Penh avaient signé un protocole permettant aux quelque sept cents Montagnards alors réfugiés au Cambodge de faire le choix entre l'établissaient dans un pays tiers ou le rapatriement dans leur pays d'origine, un rapatriement qui, bien entendu, devait être volontaire (3). Cependant, un nombre assez important de Montagnards ont refusé ce choix, préférant attendre l'évolution de la situation dans un pays frontalier du leur, plutôt que de s'envoler vers une nation lointaine.

Notes

(1)Voir EDA 395, 396, 404<br />(2)Voir EDA 411, 417, 419<br />(3)Voir EDA 381, 387, 396, 399, 403, 407, 418<br />