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Rapatriements au compte-gouttes [ Bulletin EDA n° 94 ]

01/09/1990

Prévu de longue date - depuis le départ des troupes soviétiques - tant par les autorités pakistanaises que par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (1), le plan de rapatriement de ceux qui ont trouvé asile dans les provinces frontalières du Pakistan a bien du mal à se mettre en route, en dépit des avantages proposés aux volontaires. Les Nations Unies ont prévu un budget de quelque 900 millions de francs, pour qu'au passage de la frontière chaque rapatrié reçoive une allocation correspondant à 750 F et un chargement de 300kg de blé pour l'aider à se réinstaller dans son pays. Les volontaires ne sont pas encore très nombreux, mais les fonctionnaires internationaux pensent qu'une campagne d'information bien menée dans les camps pourrait avoir les meilleurs effets.

Des observateurs bien informés signalent qu'effectivement la plupart des réfugiés semblent disposés à regagner leur patrie; ils ajoutent cependant que leurs dirigeants, tant politiques que religieux, ne les y encouragent guère. A Peshawar,le gouvernement provisoire afghan, issu de la Résistance au régime de Kaboul (2), se déclare même ouvertement opposé au programme tel qu'il existe actuellement; il est soutenu dans cette attitude principalement par les partis musulmans intégristes pakistanais. Quant aux oulémas afghans de l'exil, ils ont condamné le projet comme "anti-islamiqueIl faut rappeler que les chefs exilés avaient, à l'origine, exigé de pouvoir administrer eux-mêmes ces subventions internationales (1).

Quant au Pakistan, après onze ans de présence des réfugiés sur son sol, il commence à trouver le fardeau d'autant plus lourd que les pays donateurs suspendent maintenant leur aide. C'est ce que déclare M. Peter Jacob, coordinateur de la Commission "Justice et paix" des supérieurs majeurs pour la région de Multan. Les secours fournis par l'"Inter-Aid" protestante et la "Caritas" catholique (3) ne sont qu'une goutte d'eau par rapport aux 250 000 F qu'Islamabad débourse quotidiennement pour nourrir 3 millions et demi d'Afghans, dont certains se livrent impunément au trafic d'armes et de drogue. "Ils n'ont vraiment plus de raison de rester icis'indigne M. Jacob. Il se peut aussi que, comme le note un de ses compatriotes du Parti national Awami, "le problème afghan ne puisse être résolu que par des voies politiques, et non par des méthodes coercitives

Notes

(1) EDA 60, p.1 (2) EDA 71, p. 1 (3) EDA 63, pp. 1-2<br />