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Bulletin EDA n° 482 du 01/04/2008
L'église de Yanjing (Yerkalo), de l'unique paroisse catholique de la Région autonome du Tibet
Pour le prêtre, la vie se poursuit normalement à Yanjing et les émeutes antichinoises qui se sont produites à Lhassa à partir du 10 mars n’ont pas eu de répercussion directe dans le village. Yanjing se situe à trois jours de route de Lhassa. De la province toute proche du Yunnan, des informations font toutefois état de la fermeture, par les autorités chinoises, de la route qui relie le Yunnan à Yanjing. Des membres du Bureau des Affaires religieuses de la province se sont rendus jusqu’à Yanjing, afin de s’assurer que tout y était calme (2).
Ailleurs, dans le Tibet historique, vaste région où la présence de bouddhistes tibétains est notable (provinces du Gansu, du Qinghai et du Sichuan), les catholiques ont pris connaissance des émeutes de ces derniers jours par les médias chinois. A Xining, capitale du Qinghai, le P. Qin Guoliang indique que la ville est calme et que les catholiques entretiennent des relations cordiales avec les bouddhistes tibétains (3).
A Hongkong, Kwun Ping-hung, observateur de longue date de l’Eglise catholique en Chine, souligne le fait que la religion informe tous les aspects de la vie des Tibétains. Bien que les difficultés de l’Eglise catholique en Chine ne soient pas les mêmes que celles vécues par les Tibétains, il précise que les catholiques comme les bouddhistes tibétains se trouvent en conflit avec les autorités chinoises qui veulent avoir le dernier mot dans les affaires religieuses (4).
(1) A propos de la paroisse de Yerkalo, voir EDA 166, 248, 269, 347, 433.
(2) En octobre 2006, l’agence Chine Nouvelle avait produit un reportage sur la paroisse catholique de Yanjing, la présentant comme un exemple d’harmonie entre les ethnies et les religions (voir EDA 449).
(3) A Xining les Tibétains constituent 21 % de la population et les Han 54 %.
(4) S’agissant des catholiques, on peut noter qu’Anthony Liu Bainian, vice-président de l’Association patriotique des catholiques chinois, a été reconduit dans ses fonctions au sein du comité exécutif de la Conférence consultative politique du peuple chinois. Cette instance de 2 195 membres compte huit catholiques, dont l’évêque de Mindong (Fujian), Mgr Vincent Zhan Silu, qui y siège depuis 2005. Au nombre des nouveaux délégués, se trouvent Mgr Ma Yinglin, évêque illégitime – car ordonné sans mandat pontifical – du diocèse de Kunming (Yunnan), Mgr Francis Lu Xinping, évêque de Nankin, et Liu Yuanlong, laïc et secrétaire général de l’Association patriotique. Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque de Shanghai, siégeait au comité permanent de la Conférence consultative depuis 1998 ; du fait de son grand âge (91 ans) et de son état de santé, il semble qu’il n’y siège plus. On compte par ailleurs 57 délégués bouddhistes, taoïstes, musulmans et protestants. L’Assemblée nationale populaire (ANP), qui était en session du 5 au 18 mars dernier, comprend, quant à elle, deux clercs sur ses bancs : Mgr Peter Fang Jianping, 45 ans, évêque coadjuteur de Tangshan (il siégeait auparavant à la Conférence consultative) et le P. Joseph Huang Bingzhang, du diocèse de Shantou, membre de l’ANP depuis 1998.



