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Asie du Sud - Sri Lanka

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Le cardinal Ranjith pour la rémunération des mères au foyer

Le cardinal Ranjith pour la rémunération des mères au foyer

21/08/2018

Pour le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, capitale du Sri Lanka, approuve la rémunération des mères au foyer, « travailleuses sans salaire » qui restent à la maison pour s’occuper de leurs enfants et à qui, pour lui, on devrait verser des pensions. L’archevêque a profité du 400e anniversaire de la fête de Notre-Dame de Madhu, le 15 août, pour transmettre son message. Il s’agit du sanctuaire marial le plus célèbre du pays, rassemblant chaque année des milliers de Sri-Lankais. Pour le premier ministre Ranil Wickremesinghe, présent durant la célébration, c’est aussi un symbole de l’unité pour le pays. 

Pour le cardinal Malcolm Ranjith, les femmes qui sacrifient leurs carrières pour rester travailler à la maison devraient être payées, pour encourager les mères au foyer qui élèvent leurs enfants dans de vraies valeurs chrétiennes et familiales. C’est le message qu’il a voulu transmettre durant son homélie, prononcée lors du quatre centième anniversaire de la fête de Notre-Dame de Madhu, le 15 août, dans le district de Mannar. « Les femmes partent travailler, laissant leurs enfants à d’autres. Si quelqu’un met des enfants au monde, ceux-ci doivent être élevés selon les bonnes valeurs », a affirmé l’archevêque de Colombo. « Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique sur le travail, confiait qu’un salaire devrait être versé aux mères au foyer qui prennent soin de leurs enfants », confie-t-il. « Cela les encouragerait et les aiderait à comprendre l’importance de leur travail pour l’éducation de leurs enfants. »
Il a adressé ces remarques au sein du sanctuaire catholique le plus célèbre du pays, qui porte toujours les cicatrices des bombardements de la guerre civile sri-lankaise entre les indépendantistes Tamouls et le gouvernement. Le conflit a duré près d’un quart de siècle et a pris fin il y a dix ans, en 2009. « Si vos enfants s’égarent, l’argent que vous gagnez en travaillant est perdu. Les enfants doivent être élevés avec de bonnes valeurs », a repris le cardinal. Le sanctuaire marial attire des pèlerins et des fidèles catholiques de tout le pays. Il sert également de symbole d’unité non seulement entre Tamouls et Cingalais, mais également entre les différentes confessions religieuses.

« Le travail d’une mère contribue à tout le pays »

Le cardinal Ranjith a ajouté que le pape François, dans son encyclique sur la famille, a fait remarquer que la grossesse d’une mère est l’une des périodes les plus importantes et les plus précieuses de sa vie. Mais bien que la maternité soit vue traditionnellement comme une bénédiction, de plus en plus de femmes sri-lankaises sont réticentes à avoir des enfants, selon des études récentes. « Des femmes abandonnent leurs enfants », a affirmé l’archevêque. « Des enfants sont sans cesse rejetés. Certains ne comprennent pas que l’arrivée d’un enfant est une bénédiction. » Pour lui, l’ouverture de l’économie sri-lankaise a détruit une partie de la culture et des valeurs du pays. « Le pape François a dit que les familles nombreuses répandaient le bonheur autour d’elles. Le fait de rejeter la vie n’est pas un acte responsable. Les parents devraient voir les enfants comme une bénédiction », a-t-il ajouté.
Nalini Ratnarajah, militante pour les Droits de l’Homme, estime que la valeur économique des mères au foyer n’a jamais été reconnue. « Ce sont des travailleuses sans salaire. Elles n’ont pas de sécurité sociale ni d’assurance », assure cette mère de deux enfants, consultante pour l’association Women’s Political Academy, fondée en 2010. « Le travail d’une mère contribue à tout le pays. Elle éduque ses enfants, élève les futures générations », poursuit Nalini. « Ce sont les mères qui nourrissent leurs enfants avec amour et avec soin. Elles devraient bénéficier de la sécurité sociale, d’une pension ou d’une sorte de salaire mensuel. » Le premier ministre Ranil Wickremesinghe a également participé aux célébrations. Il a salué la fête comme une belle opportunité de rassembler des gens de toutes confessions pour une plus grande unité et pour contribuer à la réconciliation nationale.

(Avec Ucanews, Madhu)

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