EDA, Eglise d'Asie - Agence d'information des Missions étrangères de Paris EDA, Eglise d'Asie - Agence d'information des Missions étrangères de Paris

Vous êtes ici : Accueil Asie du Sud Sri Lanka Le pape visite un temple bouddhiste à Colombo, une étape non prévue au programme officiel

Rechercher

Recevoir gratuitement nos dépêches

Asie du Sud - Sri Lanka

Imprimer

Le pape visite un temple bouddhiste à Colombo, une étape non prévue au programme officiel

Le pape visite un temple bouddhiste à Colombo, une étape non prévue au programme officiel

14/01/2015

La visite n’était pas inscrite au programme officiel. De retour à Colombo après avoir présidé un temps de prière mariale au sanctuaire de Madhu, dans le nord du pays, le pape François a effectué une visite-surprise dans un temple bouddhiste de la capitale du Sri Lanka, pays où les bouddhistes représentent 70 % de la population.

Selon le P. Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, ce 14 janvier, en fin d'après-midi, la visite a duré une vingtaine de minutes pendant lesquelles le pape a été guidé dans le temple Agrashravaka par le moine qui en est à la tête, le Vénérable Banagala Upatissa. Le pape a pu assisté à l'ouverture du chiattiya, reliquaire contenant les reliques de deux importants disciples du Bouddha, un honneur rare et « la marque la plus élevée de respect  que nous pouvions offrir à Sa Sainteté », selon les propos du Vénérable Banagala Upatissa. Des moines ont également psalmodié des chants sacrés, que le pape a, selon le P. Lombardi, « écouté respectueusement ».

Toujours selon le P. Lombardi, c’est à sa descente d’avion, mardi 13 janvier, que le pape avait été invité à visiter le temple par le moine Upatissa, chef de la Société Mahabodhi, l'une des branches importantes du bouddhisme au Sri Lanka. Si une rencontre interreligieuse avait bien été prévue, au soir de ce 13 janvier, avec des responsables des principales religions présentes au Sri Lanka (bouddhisme, hindouisme, islam et christianisme), le programme officiel ne prévoyait pas cette visite à un temple bouddhiste. Le pape a accepté l’invitation impromptue pour « témoigner de son amitié et de son attitude positive » envers les bouddhistes, a précisé le directeur du Bureau de presse, qui a ajouté que le pape n'avait pas prié ou médité durant la visite. Comme le veut l'usage, le Souverain Pontife avait retiré ses chaussures pour visiter le temple.

Si ce n’est pas la première fois qu’un pape se rend dans un temple bouddhiste – Jean-Paul II avait visité le temple du Vénérable Vasana Tara en 1984 lors d’un voyage en Thaïlande –, le geste posé par le pape François s’inscrit dans un contexte particulier. Dans les semaines précédant l’arrivée du pape au Sri Lanka, des moines appartenant à la frange radicale et nationaliste de la Sangha avaient déclaré vouloir entendre le Souverain Pontife prononcer des excuses pour les violences commises envers le bouddhisme par les puissances occidentales qui ont colonisé le pays durant près de cinq siècles. Par ailleurs, lors de la précédente visite d’un pape au Sri Lanka – celle de Jean-Paul II en 1995 –, des moines avaient refusé de le rencontrer au motif que Jean-Paul II avait écrit, en 1994, dans son livre Entrez dans l'espérance !, que « la tradition bouddhique et les méthodes qui en découlent possèdent une sotériologie presque entièrement négative » ou bien encore que « les doctrines du salut dans le bouddhisme et le christianisme étaient opposées ».

Hier, mardi soir, lors de la rencontre interreligieuse, le pape François n’avait pas fait mention de ces polémiques, ni même des violences exercées ces dernières années par la frange radicale du bouddhisme local envers des musulmans et des chrétiens. Il avait cependant affirmé que l’efficacité de la rencontre et du dialogue interreligieux passait par « une présentation complète et sincère » des convictions respectives de chacun. C’est à cette condition, avait-il ajouté, que « nous serons capables de voir plus clairement tout ce que nous avons en commun », ouvrant ainsi la voie à « une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié ».

La halte du pape dans ce temple bouddhiste n’a pas été le seul imprévu de cette fin de journée de mercredi. A la nonciature apostolique, le pape a reçu, pour une rapide visite de courtoisie, Mahinda Rajapaksa, président du pays de 2005 à 2015. C’est ce dernier qui l’avait invité à visiter le Sri Lanka, mais il vient de perdre les élections présidentielles qui ont eu lieu ce 8 janvier, cédant le pouvoir à son opposant Maithripala Sirisena.

Enfin, n’ayant pu rencontrer les évêques comme prévu mardi, en raison du retard pris dans son programme, le pape avait espéré les voir brièvement ce mercredi soir à Colombo avant son départ du pays. Malheureusement, ces derniers, qui étaient tous présents au sanctuaire de Madhu, étaient encore sur le chemin du retour. C’est alors que le pape a choisi d’honorer l’invitation qui lui avait été faite de visiter un temple bouddhiste. Visite à l’issue de laquelle il a pu finalement rencontrer les évêques, enfin arrivés dans la capitale.

(eda/ra)