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Asie du Sud - Sri Lanka

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Les évêques catholiques craignent qu'un projet de loi sur les droits de la femme aboutisse à la légalisation de l'avortement [ Bulletin EDA n° 427 ]

16/10/2005

A plusieurs reprises, en août et en septembre derniers, les évêques catholiques du Sri Lanka ainsi que la Caritas locale se sont exprimés contre un projet de loi sur les droits de la femme qui légalise le droit à l'avortement en cas de malformation du fotus ou de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste. Ils souhaitent que le gouvernement réexamine la question avant que le projet de loi ne soit présenté prochainement au parlement.

Pour le gouvernement sri lankais, ce projet de loi vise à transcrire dans la législation nationale les dispositions de la "Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes". Votée par les Nations Unies, cette convention a été signée par le Sri Lanka en 1980 et ratifiée par le Parlement le 5 octobre 1981. Au sujet de l'avortement, elle stipule notamment le droit des femmes à avorter "en cas de viol, de relations incestueuses ou de malformation du fotus A ce jour, l'avortement au Sri Lanka n'est légal qu'à partir du moment où la grossesse met en danger la vie de la mère.

Pour les évêques, le projet de loi envisagé représente non seulement une violation du caractère sacré de la vie dans les circonstances où l'avortement serait désormais autorisé, mais ouvre également la porte à une banalisation de l'avortement. Selon eux en effet, les formulations retenues par la convention de l'Onu sont suffisamment imprécises pour aboutir à une quasi-légalisation de l'avortement, lequel équivaudrait à un moyen de contraception.

Le 24 août dernier, auprès de l'agence Ucanews, Mgr Marius Peiris, évêque auxiliaire de Colombo et secrétaire général de la Conférence épiscopale du Sri Lanka, rappelait que l'Eglise se doit d'être proche des femmes qui recourent à l'avortement et les entourer de sa compassion, sans toutefois cautionner une "culture de mort" dans laquelle l'enfant à naître n'est pas respecté. "Les discriminations faites à l'égard des femmes sont condamnables et toutes les mesures prises pour protéger leurs droits fondamentaux sont à encourager. Néanmoins, nous sommes extrêmement soucieux du fait que le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes assimile le fait de ne pas pouvoir recourir à l'avortement à une 'discrimination contre les femmes' a-t-il déclaré.

Depuis 1995, l'Eglise catholique se mobilise régulièrement à chaque fois que des projets de légalisation de l'avortement voient le jour, que ce soit à travers la mobilisation d'associations telles que le Mouvement des Familles chrétiennes, qui défend les positions de l'Eglise sur la défense de la vie (1), ou par la voix de ses évêques. En 2002, les évêques avaient déjà pris position contre une éventuelle légalisation de l'avortement, et le gouvernement sri lankais avait tenu à rassurer les responsables de l'Eglise qu'aucune décision n'avait été prise en ce sens (2).

Selon Sr Kathleen, du SEDEC (Social and Economic Development Center), la Caritas locale, plus de 700 avortements de ce type sont pratiqués chaque jour. Diverses ONG confirment ce chiffre, avec des estimations qui vont de 700 à 1 000 avortements par jour. Le Sri Lanka connaît 320 000 naissances par an, soit une moyenne quotidienne de 877 nouveaux-nés. Pour le Dr Ishan Dias, qui anime des sessions d'information à destination du personnel d'Eglise sur "la gravité de l'avortement ce qui fait défaut dans le pays, ce sont des cellules de soutien pour les femmes qui ont à faire face à une grossesse non désirée. C'est un problème très sérieux et, si cette loi est votée, ces femmes, tout au moins celles d'entre elles qui ne souhaitent pas avorter, n'auront plus d'excuses face à la pression de leur famille ou de leur mari car cet acte sera légalisé, souligne le médecin.

Notes

(1)Voir EDA 348<br />(2)Voir EDA 353<br />