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Asie du Sud - Népal

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Les partis politiques félicitent le pape François pour « ses appels à la paix »

Les partis politiques félicitent le pape François pour « ses appels à la paix »

20/12/2013

Avec une surprenante unanimité, les leaders des partis communistes, maoïstes et conservateurs ont salué, à l'occasion de son anniversaire, les récents appels à la paix et à la réconciliation lancés par le pape François, rapporte l’agence AsiaNews dans une dépêche du 18 décembre.

 

Dans un contexte politique et social particulièrement tendu, alors que le pays est encore agité par les contestations qui ont suivi les élections de la Constituante le 19 novembre dernier, les responsables des principaux partis (Congrès (NC), Parti communiste unifié marxiste léniniste (CPN-UML) et Parti communiste maoïste unifié (UCPN-M)) ont tenu à envoyer des félicitations officielles au pape François – une première au Népal –, lequel fêtait ses 77 ans ce 17 décembre.

Il y a tout juste un mois que se sont tenues les élections législatives à la Constituante, repoussées à maintes reprises et dont dépendent l’aboutissement du processus de paix ainsi que la promulgation de la Constitution du Népal, qui s’enlise dans le chaos social, politique et institutionnel depuis 2008.

Le scrutin du 19 novembre, aussi attendu que redouté, a vu le Parti du Congrès gagner la majorité, avec 196 sièges, suivi de près par l’UML, avec 175 sièges. Les deux partis ont annoncé la mise en place d’une coalition afin d’obtenir une majorité stable à la Constituante. Totalisant seulement 80 sièges, les maoïstes ont subi quant à eux une défaite humiliante. Dénonçant des « élections truquées », ils refusent depuis de siéger à la nouvelle assemblée.

Une autre surprise de ces élections a été l’étonnante ascension du parti hindouiste Rastriya Prajatantra Party-Nepal (RPPN), qui milite pour le rétablissement d'une monarchie hindoue et qui est arrivé en quatrième position avec 23 sièges.

C’est Ram Chandra Poudel, membre du Congrès, qui le premier a fait part publiquement de ses bons vœux au chef de l'Eglise catholique à l’occasion de son anniversaire. Rappelant que cette année, le pape s’était exprimé à de nombreuses reprises sur la réconciliation entre les différentes religions et idéologies, le leader a affirmé : « Nous sommes désormais prêts à franchir cette étape [de l'instauration de la paix] au sein de notre société, en formant un nouveau gouvernement et en écrivant une Constitution qui assurera une stabilité durable au pays ; voilà quels sont les souhaits que nous présentons avec espoir et respect au souverain pontife. »

Surfant à leur tour sur la vague mondiale des félicitations au pape désigné comme « la personnalité de l'année » par le magazine américain Time, le parti communiste puis le parti maoïste ont également fait des déclarations publiques, saluant « les appels à la paix » lancés par le Vatican ces derniers mois.

Le secrétaire du Parti communiste (PCM), Bam Dev Gautam, a expliqué quant à lui que son message au pape « s’adressait également à tous les chrétiens du pays et du monde entier » et qu'il assurait le Saint-Père que « tous les partis du Népal sauraient se rassembler dans le même but, celui de donner une nouvelle Constitution, laïque, au pays ».

Le parti maoïste, malgré sa cuisante défaite, a tenu lui aussi à délivrer un message au pape François, dans les mêmes tonalités politiques que ses opposants. Il faut « achever le processus de réconciliation du pays en aplanissant les différences entre les différents protagonistes », a déclaré pour l’UCPN le leader Posta Bahadur Bogati, ajoutant que « ceux-ci voulaient tous profiter de [l’occasion de] l’anniversaire du pape François pour mettre en place les éléments nécessaires à l’instauration de la paix ».

Après des mois d’agitation politique et de menaces qui ont conduit à leur prévisible défaite aux élections, les vœux de réconciliation formés par les maoïstes, adressés de plus au chef de l’Eglise catholique dont les fidèles ont subi des semaines de terreur avant les élections, peuvent certes surprendre. Ce n’est cependant pas la première fois que le groupe des anciens rebelles tente de reconquérir les voix des chrétiens – qui se font de plus en plus nombreux – dans les périodes de basculement politique.

Les seuls à ne pas avoir fait chorus lors de cette avalanche de félicitations et de promesses politiques pour l’anniversaire du pape François sont les membres hindouistes du RPPN, qui ne cachent pas leur aversion pour les chrétiens, lesquels, selon eux, mettent en péril l’identité du Népal lui-même. Le parti, qui rassemble de plus en plus de déçus des promesses non tenues des maoïstes depuis 2008, ne fait pas mystère non plus de ses affinités avec la Nepal Defence Army (NDA), un groupe nationaliste armé prônant également le retour à la monarchie et à la religion hindoues, et qui a été reconnu responsable de plusieurs attentats meurtriers contre les chrétiens et les musulmans ces dernières années, dont l’attentat à la bombe perpétré en mai 2009 à la cathédrale de l’Assomption à Katmandou.

L’augmentation du nombre des hindouistes à l’Assemblée inquiète les minorités religieuses au Népal qui craignent de voir disparaitre de la future Constitution, la mention de la laïcité de l’Etat, qui seule peut garantir la liberté religieuse dans le pays.

(eda/msb)