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Asie du Sud - Népal

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La petite communauté catholique se réjouit de son élévation en vicariat apostolique et de la nomination de son premier évêque [ Bulletin EDA n° 457 ]

16/02/2007

La petite communauté catholique "exulte de joie" depuis qu'elle a appris que le pape Benoît XVI avait érigé la préfecture apostolique du Népal en vicariat apostolique et que son préfet, Mgr Anthony Sharma, en avait été nommé évêque, devenant ainsi le premier du pays.

L'annonce a été faite le 10 février dernier par Mgr Anthony Shrama, au cours de la messe. Ce jésuite, âgé de 69 ans, est responsable de l'Eglise catholique du Népal depuis 1984, un an après que celle-ci fut érigée en mission sui iuris. "Si un jeune prêtre avait été nommé à ma place, vous auriez eu le même évêque pendant des décennies. Personnellement, j'aspirais à prendre ma retraite, mais à présent il me faudra attendre cinq années supplémentaires a commenté avec humour Mgr Anthony Sharma (1).

Les catholiques népalais, peu habitués à rencontrer des prélats si ce n'est lorsque des évêques indiens viennent au Népal pour ordonner des prêtres népalais, s'interrogent depuis sur le nouveau protocole d'usage à adopter en présence de celui qu'ils appelaient affectueusement "Father Antu" avant qu'il ne soit nommé évêque. Mgr Anthony Sharma est en effet bien connu de la petite communauté catholique. Né à Katmandou de parents hindous qui le sont restés jusqu'à leur mort, il a été le premier Népalais à devenir jésuite, alors qu'il n'avait que 30 ans. La présence catholique au Népal a débuté dans les années 1950, lorsque des jésuites indiens ont établi une école à Katmandou. En octobre 1983, Jean-Paul II a créé la mission suis uiris, suffragante du diocèse indien de Patna, dans l'Etat du Bihar, avec à sa tête le P. Sharma.

Selon des sources vaticanes, le nouveau vicariat apostolique du Népal compte 6 681 fidèles. Onze prêtres diocésains et quarante prêtres religieux desservent cinq paroisses, deux sous-paroisses, six postes et vingt-deux sous-postes de mission. Les catholiques vivent majoritairement dans la partie est du pays, où trois paroisses ont été érigées en 1999 (2).

Si, en 1978, les catholiques étaient moins de 2 000, leur nombre a commencé à croître en 1991, année de l'adoption d'une nouvelle Constitution garantissant la liberté religieuse, soit six ans après que des relations diplomatiques furent établies entre le Népal et le Saint-Siège. Avant le début des années 1990, les conversions religieuses étaient interdites et toute personne accusée de tentative de conversion encourait une peine de prison ferme de trois à six ans.

En mai dernier, le Népal, jusque là la seule nation hindoue au monde, est devenu un Etat laïque. Après la mise à l'écart du roi, c'est un vote du Parlement qui a permis ce changement. Après l'accord de paix historique, signé le 21 novembre 2006 entre les rebelles maoïstes et le gouvernement népalais, qui a mis fin à onze ans de guerre civile, le pays tente d'organiser le désarmement afin d'assurer la stabilité en vue des élections de juin 2007. Toutefois, dans le sud du pays, la récente révolte des Madhesi, qui veulent voir reconnus leurs droits, a fait dix-neuf morts (3). Ces tensions font peser une menace réelle sur le processus de paix.

Notes

(1)Selon le code de droit canon, les évêques sont tenus de remettre leur démission au pape lorsqu'ils atteignent l'âge de 75 ans.<br />(2)Voir EDA 296<br />(3)Les Madhesi représentent près d'un tiers de la population du Népal. Ils se définissent comme les habitants d'origine de la plaine du Sud. Selon eux, les Népalais des collines les considèrent comme des étrangers venus de l'Inde voisine. Ils sont quasiment exclus de l'armée, de la police et de l'administration et ont vu beaucoup de leurs terres attribuées, dans un passé récent, à des Népalais des collines en récompense de services rendus. Ils ont toutefois obtenu du nouveau gouvernement l'attribution, réclamée de longue date, de la citoyenneté népalaise pour environ quatre millions d'entre eux. Les Madhesi veulent aujourd'hui que la référence à un Etat fédéral et la représentation proportionnelle pour les élections à l'Assemblée constituante soient inscrites dans la Constitution intérimaire qui est actuellement celle du pays.<br />