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Asie du Sud - Népal

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Sécularisation et pluralisme [ Bulletin EDA n° 91 ]

16/07/1990

Parti unique, langue unique, religion unique: trois principes désormais mis en question au Népal.

Le 22 juin 1990, le ministre de l'agriculture du gouvernement intérimaire déclarait: "Le Népal a besoin que s'y développent des religions, des langues, des communautés différentesM. Jahl Nath Khanal réclamait ainsi la suppression du monopole linguistique et religieux en vigueur dans le pays depuis plusieurs décennies et proposait que la démocratie nouvellement établie soit renforcée par le respect des autres religions et cultures.

De son côté, un responsable du Congrès népalais pour le district de Kathmandu rappelait que, depuis sa fondation en 1946, son parti a toujours insisté pour qu'aucune langue, communauté ou religion n'ait la préséance sur les autres.

Le même jour, une pétition signée par 10 780 personnes était remise à la commission chargée de préparer la nouvelle Constitution (8). Ils demandent que le pays ne soit plus désigné sous le nom de "Royaume hindou du Népal", mais qu'on l'appelle désormais "Royaume séculier du Népal". La pétition, qui était présentée par 32 organisations bouddhistes et autres, réclamait aussi l'égalité pour toutes les langues en usage dans le pays. Il faut dire que le royaume compte, en plus du népali seul officiellement reconnu, 36 langues différentes...

De son côté, la communauté catholique remettait, le 28 juin, au leader du parti du Congrés népalais, une somme de 9 000 Francs environ, destinée aux familles des victimes tombées au cours de la récente révolution. Dans sa réponse, M. Ganesh Man Singh remerciait les catholiques pour leur participation active aux événements qui ont permis d'établir la démocratie dans le pays. "Nous espérons que votre communauté nous aidera à maintenir la paix", a-t-il conclu.

En même temps, les responsables catholiques ont fait part de leurs suggestions à la commission pour la préparation de la nouvelle Constitution. Ils demandent que soient levés tous les obstacles s'opposant actuellement à la liberté de croyance religieuse et de conscience, que tous les citoyens puissent "choisir leur appartenance religieuse de manière responsable et libre et que, soit individuellement, soit en groupe, ils puissent extérioriser" leur manière de croire et de pratiquer leur religion.

On sait que, suivant la Constitution encore en vigueur, l'hindouisme est religion officielle. Les adeptes des autres religions ne sont pas autorisés à prêcher ni à convertir des hindous. A la suite de l'agitation prodémocratique commencée le 18 février 1990, le roi Birendra a été obligé de reconnaître les divers partis politiques et de nommer un gouvernement intérimaire dont l'une des responsabilités est de préparer une nouvelle Constitution. Le 12 juin, il proclamait enfin une amnistie pour tous les prisonniers religieux: 29 chrétiens au moins devraient en être les bénéficiaires (9). Les catholiques de Sirsia, à l'est du pays, seront heureux d'apprendre que les accusations dont ils font l'objet devant les tribunaux n'ont plus cours: deux religieuses, un prêtre et plusieurs laïcs avaient été, en 1986, en butte aux persécutions de la police locale et sont, depuis lors, engagés dans une longue bataille juridique (10).

Au début de l'année 1991, 11 millions d'électeurs devraient se rendre aux urnes, pour la première fois depuis 30 ans.

Notes

(8) Voir EDA 90 (9) Voir EDA 89 (10) EDA 29<br />