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Dix ans après, les victimes d’Odisha célèbrent la nativité de la Vierge

Dix ans après, les victimes d’Odisha célèbrent la nativité de la Vierge

12/09/2018

Près de 3 000 catholiques se sont rassemblés le samedi 8 septembre à Raikia, dans l’État d’Odisha, afin d’y célébrer la Nativité de la Vierge. C’est là que, en 2004, une foule de trois cents extrémistes hindous s’est attaquée à l’église et aux prêtres, en protestation contre des constructions autour d’un lycée catholique de la région. En 2008, de nouvelles violences ont été perpétrées contre la même église. Dix ans après ces vagues de violences, le père Singh, qui fait partie des victimes, assure que la Vierge est aux côtés des fidèles face aux persécutions.

Près de 3 000 personnes se sont rassemblées le samedi 8 septembre afin de célébrer la Nativité de la Vierge dans une église de Raikia, vandalisée en 2004 et 2008. Cinq prêtres catholiques et dix religieuses se sont joints à la communauté. « Dieu a choisi Marie comme mère de notre Sauveur Jésus Christ ; elle prie sans cesse pour nous dans les temps de persécution, de peur et de menaces », assure le père Manoranjan Singh, qui fait partie des victimes des violences antichrétiennes de 2008. Des servants de messe, après avoir allumé les cierges, ont accompagné la procession vers l’autel. Puis la Bible a été portée en procession. En 2004 et 2008, l’église en question a été attaquée. Le 26 août 2004, une foule de 300 extrémistes hindous l’ont vandalisée. À l’époque, le lycée catholique Vijay de la paroisse avait reçu l’autorisation de planter des arbres et de construire une clôture autour de l’établissement. Toutefois, un groupe de commerçants hindous de la région s'était opposé à la décision. Ce jour-là, un swami (moine hindou), Lakshmanananda, a conduit une foule de près de mille personnes afin de protester contre les nouvelles installations, leur demandant de détruire la clôture et de déraciner les arbres.

La Vierge aux côtés des victimes

Quand un groupe de chrétiens, en particulier des femmes, est venu protester contre les violences, les plus radicaux s’en sont pris à l’église elle-même, en criant des slogans comme « éliminez la religion chrétienne » ou « tuez tous les chrétiens ». Afin de se protéger, les paroissiens ont fui. Mais cela n’a pas arrêté la colère de la foule qui s’est attaquée aux prêtres, les frappant et les menaçant. Ils ont détruit la porte principale, uriné sur l’autel, brisé des statues, des images sacrées et un crucifix, et jeté les prêtres à terre. Ils ont également détruit des instruments de musique, déchiré des tissus et brûlé une Bible et d’autres textes sacrés. Plusieurs maisons de catholiques ont également été attaquées. Malgré la condamnation des actes criminels par l’Église, la persécution dans le village a continué. En 2008, des Dalits et des Adivasis chrétiens ont été victimes de crimes encore plus graves, dans le district de Khandamal. Les hindous extrémistes se sont alors attaqués aux castes inférieures afin de la chasser. Pour le père Singh, la Vierge Marie est aux côtés des fidèles dans ces temps difficiles de violences antichrétiennes.
De son côté, le père Pradosh Nayak affirme que « nous ne sommes pas nés par hasard ou par erreur et que la Vierge Marie était prédestinée à jouer un grand rôle dans l’histoire du Salut. Nous pouvons nous inspirer de ses vertus d’honnêteté, de simplicité et de sainteté, et être prêts à dire oui à la volonté de Dieu ». « À travers l’intercession de la Vierge, nous recevons beaucoup de grâces et la sagesse, la santé, la protection », confie Priya Rani, une lycéenne. « Ma foi est soumise à Dieu et elle devient plus forte chaque jour quand je prie le chapelet », assure Jasinta Naya, survivante des violences de 2008. « Les chrétiens sont peut-être pauvres sur le plan matériel, mais nous sommes forts dans notre foi chrétienne, et c’est quelque chose que les fondamentalistes ne peuvent pas supporter. »

(Avec Asianews)

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