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Asie du Sud - Inde

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Rahul Gandhi provoque un tollé en liant terrorisme et exclusion des minorités

Rahul Gandhi provoque un tollé en liant terrorisme et exclusion des minorités

31/08/2018

Rahul Gandhi, président du parti du Congrès national indien, a provoqué les vives réactions de ses opposants du BJP, le Bharatiya Janata Party au pouvoir, après ses propos du 22 août, prononcés lors d’un rassemblement en Allemagne. Rahul Gandhi a affirmé que l’exclusion des minorités risquait de provoquer la création de groupes terroristes tels que l’État islamique. Son discours dénonçait en particulier l’exclusion des Dalits et des minorités religieuses.

Les propos de Rahul Gandhi, leader de l’opposition politique au BJP, ont provoqué quelques remous parmi ses opposants. Le président du parti du Congrès national indien a en effet fait le lien entre terrorisme et exclusion des minorités dans un discours prononcé lors d’un rassemblement en Allemagne le 22 août, affirmant que cela pouvait même mener à la création de groupes terroristes tels que l’État islamique. « Au XXIe siècle, il est devenu très dangereux d’exclure ainsi des populations. Si au XXIe siècle, vous ne proposez pas aux gens un idéal, des perspectives d’avenir, quelqu’un d’autre le fera à votre place. C’est cela, le risque que représente le fait d’exclure un grand nombre de gens du processus de développement du pays », a-t-il dénoncé.
Le discours de Rahul Gandhi visait particulièrement le gouvernement indien dirigé par le parti pro hindou du BJP (Bharatiya Janata Party). Pour ce leader de l’opposition, l’exclusion des Dalits et des minorités religieuses du champ politique a entraîné une tendance dangereuse. « Ils [le gouvernement BJP] pensent que les populations tribales, les petits agriculteurs, les membres des castes inférieures et les minorités ne méritent pas les mêmes droits que les élites », a-t-il affirmé. Selon une recherche récente menée par la fondation Observer Research, un « think-tank » indien indépendant, la menace que représente l’État islamique en Inde et en Asie du Sud en général est aussi sérieuse que dans n’importe quelle autre région du monde. « Cela ne vient pas d’une stratégie déterminée directement par le soi-disant califat ou par Abu Bakr al-Baghdadi [à la tête de l’État islamique] lui-même, mais plutôt de la création d’un ‘écosystème’ qui permet de se revendiquer librement de l’État islamique. C’est une arme suffisamment puissante pour faire les titres des journaux au moindre délit, même commis par des petits délinquants », analyse la recherche d’Observer Research Fondation.

Un avertissement pour le BJP

Le discours de Rahul Gandhi fait suite aux accusations des autorités chrétiennes et musulmanes, affirmant que le gouvernement indien soutient implicitement les attaques hindoues contre eux. Ils ont également accusé le gouvernement de soutenir un mouvement projetant de faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue en soumettant les castes inférieures. Depuis 2014, au Jammu et Cachemire, un État majoritairement musulman frontalier du Pakistan, des jeunes ont été vus en train d’agiter des drapeaux de l’État islamique lors des manifestations. L’État islamique a par ailleurs revendiqué au moins trois attentats contre la police au Cachemire. Le gouvernement indien a répété à plusieurs reprises que l’EI essaie d’influencer les jeunes musulmans via les réseaux sociaux et a procédé à plusieurs arrestations dans ce sens. Le 1er juillet, un jeune homme d’Allahabad a confié à la police que l’EI lui avait proposé 5 000 dollars par mois en échange d’informations sur le gouvernement indien.
Le BJP et ses sympathisants ont condamné Rahul Gandhi suite à son discours, l’accusant de montrer une compréhension « puérile » de la situation. Le porte-parole du BJP, Sambit Patra, s’est dit horrifié d’entendre Gandhi « justifier l’apparition de l’EI en Syrie » et proférer une menace à peine voilée contre le premier ministre Narendra Modi en affirmant que s’il ne parvenait pas à « donner à l’Inde un idéal, alors quelqu’un d’autre – entendez l’EI – le fera à sa place ». Le chef du BJP, Mukhtar Abbas Naqvi, a ajouté que Rahul Gandhi et son parti devaient « cesser d’encourager » des organisations terroristes telles que l’EI ou Al-Quaïda : « Je ne comprends pas la signification de cette menace… ‘Si vous ne faites pas cela, c’est ce qui arrivera’… »
Cependant, Saleem Ahmad Khan, un chroniqueur ourdou basé dans l’Uttar Pradesh, explique que Rahul Gandhi a seulement voulu avertir le gouvernement des conséquences que risquerait d’engendrer l’exclusion des minorités. Pour Saleem, le chef du Congrès national indien a agi pour sonner l’alerte, en demandant au gouvernement de corriger ses erreurs : « Plutôt que de condamner Rahul Gandhi, le BJP devrait remettre en question sa politique. » Les hindous représentent 966 millions de personnes en Inde, soit 80 % de la population d’1,3 milliard d’habitants. Les musulmans représentent 172 millions soit 14 %, et les chrétiens 29 millions soit 2,3 %.

(Avec Ucanews, New Delhi)

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