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Au Cachemire, un cessez-le-feu pour une paix durable

Au Cachemire, un cessez-le-feu pour une paix durable

15/05/2018

Les autorités de l’État indien de Jammu-et-Cachemire, dans le nord du pays, souhaitent mettre en place, avec l’accord du gouvernement général indien, un cessez-le-feu durant le mois du Ramadan, à compter du 17 mai. Le Cachemire, objet de conflit entre le Pakistan et l’Inde depuis la séparation des deux pays en 1947, connaît à nouveau une période de crise depuis le 6 mai, suite à la mort de cinq militants séparatistes. Le cessez-le-feu, s’il est approuvé et prolongé, pourrait favoriser la paix dans la région. 

L'État de Jammu-et-Cachemire a demandé au gouvernement fédéral indien de mettre en place un cessez-le-feu entre les militants et les forces de l’ordre durant le Ramadan, à partir du 17 mai. Le ministre en chef de l'État, Mehbooba Mufti, espère que ce cessez-le-feu pourra se prolonger jusqu’à la fin du mois d’août, pour couvrir également la fête de l’Aïd et la saison du pèlerinage hindou d’Amarnath Yatra. Le 6 mai, l’armée indienne a tué cinq militants, dont un professeur en sociologie de l’université du Cachemire, Mohammad Rafi Bhat. Depuis, Les tensions et les violences se sont aggravées dans la région. Seulement deux jours avant sa mort, l’universitaire avait quitté son domicile pour rejoindre des militants. Les nouvelles de la mort des militants ont provoqué d’importantes manifestations au court desquelles six civils ont été tués, poussant les chefs des mouvements séparatistes à appeler à agir. Les universités sont restées fermées après la fin du couvre-feu de trois jours, imposé dans les régions instables jusqu’au 9 mai.

De nouvelles tensions depuis le 6 mai

Mirwaiz Umar Farooq, le principal chef séparatiste, a déclaré que le gouvernement indien ignorait le problème avancé par les séparatistes concernant leur liberté, et menait un « génocide » contre les Kashmiris. Il affirme que le Cachemire est devenu une colonie indienne occupée par 700 000 militaires. « La colère qui monte au Cachemire et les jeunes générations qui commencent à prendre les armes sont bien la preuve que l’Inde a échoué au Cachemire », ajoute-t-il. Pour lui, la proposition de cessez-le-feu durant le Ramadan, si elle est acceptée, peut aider à cheminer vers une paix durable. Depuis janvier, 53 militants, 33 civils et 13 soldats ont été tués lors des conflits dans l’État de Jammu-et-Cachemire. Tasleem Ahmad, un jeune Kashmiri, affirme que la résistance armée vient du fait que le gouvernement indien a déclaré la guerre à la population du Cachemire.
En juillet 2016, les violences ont grimpé en flèche en moins de vingt-quatre heures après que les militaires ont tué Burhan Wanich, un chef séparatiste, puis trente manifestants. Durant les six mois de conflits qui ont suivi, 90 personnes ont été tuées et 11 000 personnes blessées. Beaucoup de locaux voient les militants séparatistes comme des combattants pour la liberté. Le conflit remonte à 1947, après la séparation de l’Inde et du Pakistan suite la fin de la domination anglaise. Les deux pays, qui revendiquent le Cachemire dans sa totalité, ont des années de guerre et de conflits. Les pourparlers de paix, soutenus par l’Église et par d’autres groupes, ont échoué à trouver une solution durable.

(Ucanews, Sirnagar)

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