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Asie du Sud - Inde

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Les communautés indigènes abandonnées à leur sort

Les communautés indigènes abandonnées à leur sort

23/02/2018

Les Nations Unies affirment que 104 millions de membres de communautés indigènes continueront à souffrir tant que l’Inde ne les aura pas reconnues. Un forum, organisé à New Delhi le 17 février, prévoit de mieux faire connaître leurs droits.

Dix ans après la publication, par les Nations Unies, de la déclaration pour les droits de personnes autochtones, l’Inde doit encore reconnaître comme telles les communautés tribales indiennes. Une négligence qui prive ces dernières de leurs droits les plus fondamentaux. Pourtant, l’Inde n’a besoin d’aucune loi supplémentaire, son système légal étant suffisant pour protéger les droits des 104 millions personnes indigènes du pays, appelées localement tribales ou « adivasis » (aborigènes), selon Phoolman Chaudhary, vice-président du forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones, et représentant pour l’Asie. « Tant que le pays ne reconnaîtra pas ces communautés comme autochtones, ces populations tribales continueront à souffrir puisque leurs droits ne peuvent pas être assurés », a-t-il confié durant un séminaire auquel étaient conviés des chefs de tribus, à New Delhi, les 16 et 17 février.
Quarante médecins et vingt avocats, originaires de communautés indigènes, ont été conviés au séminaire afin d’échanger sur des questions telles qu’un système de santé durable ou les droits constitutionnels des communautés tribales indiennes. Deux instances représentant ces communautés, basées à New Delhi – Adivasi Ekta Parisad (Forum de l’unité indigène) et Andivasi Samanweye Front, Bharat (front de coordination indigène, Inde) – ont organisé l’évènement.

Ce forum aura beaucoup d’influence

Phoolman, également président du réseau international des indigènes asiatiques (Asian indigenous international network), confie que l’Inde doit d’abord reconnaître ces communautés comme indigènes, pour pouvoir appliquer la déclaration des Nations Unies. Il affirme que cette déclaration est l'outil le plus efficace pour résoudre cette situation, car elle établit un cadre universel pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones.
Phoolman ne peut dire pourquoi l’Inde n’a toujours pas franchi cette étape, mais il affirme que le pays devra démontrer ses progrès en juillet, au siège des Nations Unies. Ashok Bhai Chaudhari, organisateur du séminaire, ajoute que celui-ci a décidé d’évoquer la situation juridique et le système de santé des communautés tribales indiennes, car « leur ignorance sur ce plan leur a beaucoup coûté ». Il assure que l’équipe, composée de médecins et de juristes, étendra son réseau aux niveaux régionaux et nationaux, et se rencontrera régulièrement afin de se familiariser davantage sur les droits des tribus.
L’équipe prévoit aussi mieux faire connaître ces droits auprès du gouvernement, des enseignants et des responsables politiques locaux. Le père Nicholas Barla, secrétaire de la commission pour les affaires tribales de la conférence des évêques d’Inde, assure que « des centaines de dossiers ont été montés contre des membres de tribus, assignés en justice… Y compris pour des infractions mineures, à cause de leur ignorance sur leurs droits juridiques ». Le prêtre, de la tribu indigène Oraon, ajoute : « Ce forum aura beaucoup d’influence, car les juristes indigènes ont accepté de travailler ensemble pour le bien-être des communautés tribales. »

(Ucanews)

 

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Bijay Kumar Minj / ucanews.com