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Asie du Sud - Inde

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Recensement 2011 : un chrétien sur deux vit dans le sud du pays

Recensement 2011 : un chrétien sur deux vit dans le sud du pays

28/08/2015

Parmi la quantité de données que recèle le recensement décennal mené par les autorités indiennes en 2011 et dont les résultats concernant la ventilation par religions du 1 210 854 977 Indiens ont été rendus publics ce 25 août, figure cette information : près de la moitié des chrétiens indiens se ...

... concentrent dans les cinq Etats du sud de l’Union indienne.

Le recensement indique en effet que, sur les 27,8 millions de chrétiens indiens recensés, 12,8 millions (46 %) vivent dans les cinq Etats suivants : Kerala, Tamil Nadu, Karnataka, Andhra Pradesh et Telangana.

L’autre forte concentration géographique de chrétiens se situe dans le Nord-Est du pays. Dans les sept Etats du pays situés sur le flanc est et nord du Bangladesh (à savoir l’Assam, le Meghalaya, l’Arunachal Pradesh, le Nagaland, le Manipur, le Mizoram et Tripura), vivent 28,1 % des chrétiens indiens.

La dernière concentration de chrétiens se trouve à Goa, petit Etat de la côte sud-ouest de l’Inde, où l’on dénombre 1,3 % du total des chrétiens du pays.

Une des conséquences de cette inégale répartition des chrétiens dans le pays est que le seul Etat du Kerala abrite quasiment autant de chrétiens (22,07 %) que les deux tiers septentrionaux de l’Inde (25 % des chrétiens indiens). Après le Kerala, on trouve l’Etat voisin du Tamil Nadu, où vivent 15,88 % des chrétiens indiens.

Si les raisons de cette concentration des chrétiens dans le Sud du pays sont bien connues (antériorité de la présence chrétienne, avec une première évangélisation de la région, selon la tradition, par l’apôtre saint Thomas en 52 après Jésus-Christ sur la côte malabar, ainsi qu’une empreinte très forte des institutions éducatives et de santé dans ces Etats du Sud), elles ne doivent pas cacher le fait que les Etats qui connaissent la plus forte progression du pourcentage des chrétiens se situent dans les Etats les plus septentrionaux du pays. Entre 2001 et 2011, ce sont en effet dans des Etats tels le Bihar, l’Haryana, l’Uttar Pradesh ainsi que Jammu-et-Cachemire que la proportion du nombre des chrétiens a le plus augmenté (en partant toutefois de bases numériques très faibles) ; des Etats du Nord-Est de l’Inde ont par ailleurs continué à observer une hausse notable de la part des chrétiens (c’est notamment le cas de l’Assam et de l’Arunachal Pradesh).

Au plan national, le principal enseignement du recensement concernant les chrétiens est toutefois que la part des ceux-ci dans la population totale stagne, voire connaît un léger repli : en 2001, les chrétiens représentait 2,34 % du milliard d’Indiens d’alors ; en 2011, leur part est descendue à 2,29 %.

Selon les démographes, ce léger déclin s’explique par la moindre fécondité des chrétiens comparés au reste de la population indienne. Selon Perianayagam Arokiasamy, de l’Institut international des sciences démographiques à Mumbai (Bombay), « le taux de fécondité des chrétiennes a commencé à baisser bien plus tôt que ce qui a été constaté au sein des autres groupes religieux » et la principale raison à cette baisse est la nette tendance au recul de l’âge au mariage manifestée chez les chrétiens.

Selon les observateurs, si ces chiffres indiquent que la menace régulièrement agitée par les extrémistes hindous d’une « christianisation » du pays ne se vérifie pas dans les faits, ils ne disent rien des éventuelles distorsions de la réalité contenues dans le recensement. En effet, dans la phase préparatoire au recensement de 2011, les responsables des Eglises chrétiennes avaient mis en avant le fait que la population chrétienne était sous-estimée dans les statistiques officielles. Ils expliquaient que cette minoration était en grande partie due au fait que de nombreux chrétiens dalits (les ex-« intouchables ») se sentaient obligés de s’inscrire comme hindous, soit pour échapper à d’éventuelles représailles dans les régions où ils sont persécutés, soit pour éviter de perdre les avantages sociaux liés aux mesures de discrimination positive mises en place en faveur des hors-castes et des basses castes (mesures dont les dalits chrétiens et musulmans sont exclus au motif que le phénomène de la caste n’est pas reconnu par ces deux religions). Les dalits représenteraient pourtant plus de 60 % de la communauté chrétienne en Inde.

Cette sous-évaluation statistique expliquerait pourquoi, si le recensement de 2011 donne 27,8 millions de chrétiens en Inde, les responsables des Eglises chrétiennes indiquent un nombre de fidèles supérieur. L’Eglise catholique revendique ainsi 17 millions de baptisés (12 millions de catholiques latins, 4,5 millions de catholiques syro-malabars et 0,5 million de catholiques syro-malankars), tandis que le Conseil national des Eglises en Inde, association de 29 obédiences protestantes et orthodoxes, affiche 13 millions de fidèles.

(eda/ra)