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Assam : un accord conclu entre un groupe rebelle bodo et les autorités gouvernementales pourrait aboutir à une paix durable [ Bulletin EDA n° 370 ]

01/03/2003

Un accord, récemment conclu à New Delhi, entre les autorités officielles de l'Assam et du gouvernement fédéral, d'une part, et un représentant de la rébellion bodo, d'autre part, pourrait bien mettre un terme aux troubles qui sévissent dans la région depuis deux décennies. Le 10 février dernier, R. C. Jain, secrétaire spécial du ministère fédéral de l'Intérieur, P.K Dutta, secrétaire adjoint du gouvernement de l'Assam, et Hagrama Basumatary, président en exercice des "Tigres de libération Bodo ont signé un projet d'accord qui devrait ouvrir la voie à la création d'un Conseil autonome des ethnies bodo.

Les Bodo qui depuis deux décennies mènent la lutte contre le pouvoir central (1) affirment être les premiers habitants de cette région. Ils déplorent que, malgré cela, sur la scène politique de l'Assam, le pouvoir soit accaparé par des étrangers au pays qui, depuis des années, ont négligé le développement social, économique et éducatif. Les Bodo ont aussi souvent exprimé leurs craintes devant l'accroissement incessant de migrants venant s'installer sur des terres qui traditionnellement leur appartiennent, une migration composée essentiellement de musulmans venant du Bangladesh et de l'ethnie Santal. Depuis toujours, les ethnies bodo réclament pour eux un pays indépendant dont ils puissent assurer eux-mêmes le développement. La lutte menée par eux les a tournés quelque fois contre l'Etat de l'Assam, mais plus souvent contre ceux dont ils estiment la présence illégitime sur leurs terres, à savoir les ethnies santal. En 1996 (2), les deux ethnies se sont cruellement affrontées et les combats ont fait 300 morts et 300 000 sans abris. Des centaines d'entre eux sont encore dans des camps d'hébergement.

Le Conseil territorial du Bodoland issu de l'accord du 19 février vient remplacer l'ancien Conseil autonome du Bodoland, critiqué par les militants indépendantistes bodo comme administrativement faible et inefficace. Il sera effectivement créé dans six mois et représentera 3 082 villages. Cependant, il est possible qu'une commission composée de représentants du gouvernement local, du gouvernement fédéral et des "Tigres de libération bodo" décide d'ajouter 95 villages supplémentaires où des Bodo vivent avec d'autres communautés ethniques. Le nouveau conseil conservera son autonomie au sein de l'Etat d'Assam. Trente des 46 sièges composant le Conseil seront réservés aux représentants des ethnies, y compris les ethnies non bodo. Les autres seront attribués au reste de la population et aux représentants du gouvernement de l'Assam.

Mgr Thomas Pullopillil, du diocèse de Bongaigaon, dont le territoire recouvre la presque totalité de la région habitée par la population bodo, a déclaré que la création du nouveau Conseil territorial du Bodoland est un premier pas dans la bonne direction, qui satisfait en partie les revendications de la rébellion bodo pour une patrie indépendante sur la rive septentrionale du Brahmapoutre. Le prélat a fait remarquer que la population locale se réjouit à la pensée que la paix puisse revenir en cette région où l'agitation est la norme depuis environ vingt ans. Selon lui, cette paix permettra à l'Eglise de s'engager résolument dans deux tâches primordiales, à savoir l'aide au développement social et le travail pastoral. Celle-ci ne devra pas oublier non plus son rôle pacificateur en direction des ethnies qui risquent d'être marginalisées par cet accord.

Le Vice-Premier ministre Lal Krisha Advani, qui participait à la cérémonie de signature de l'accord, a certifié que, conformément à l'accord, le gouvernement fédéral créerait dans la région un institut de technologie et débloquerait une aide financière d'un milliard de roupies (20 millions d'euros) destinée au développement général.

Notes

(1)Voir EDA 230 241, 258, 264, 268, 311<br />(2)Voir EDA 230<br />