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Qu'y a-t-il de chrétien dans nos écoles chrétiennes? [ Bulletin EDA n° 108 ]

01/04/1991

Au cours d'une causerie donnée le 24 janvier 1991 aux directeurs d'écoles de son diocèse, Mgr Henry D'Souza, archevêque de Calcutta, pose quelques questions embarrassantes.

"En 1951, dit-il, seulement 17,7% de nos compatriotes étaient alphabétisés. Ils sont maintenant 36,2%. Mais si le pourcentage a doublé, le nombre d'adultes illettrés est passé de 173,6 millions à 264 millions. Dans les campagnes, 20% des habitants n'ont pas d'école, car leurs villages comptent moins de 300 habitants chacun. 40% des écoles primaires n'ont même pas de tableau noir; 13,5% n'ont pas de salle de classe; 13,7% doivent se contenter de huttes en terre".

Et qu'en est-il des écoles catholiques? "Leur premier but, rappelle Mgr D'Souza, était d'assurer l'instruction religieuse des élèves catholiques. On y admettait aussi des enfants

de toutes confessions, dans un but d'évangélisation". Ce droit pour les minorités d'ouvrir et de diriger des écoles est reconnu par la Constitution indienne. Mais, demande l'archevêque, "utilisons-nous comme il faut les droits qui nous sont accordés en tant que minorité? Nos enfants reçoivent-ils vraiment les enseignements de leur religion? Qu'y a-t-il de 'catholique' dans nos écoles catholiques?"

"Nous devons, dit-il, changer notre manière de voir les choses. Et cela entraînera un certain nombre de décisions pratiques. L'école doit devenir un agent de transformation de notre société. Or notre politique actuelle semble contribuer à promouvoir l'esprit de caste, l'exploitation, l'élitisme. Cette vision nouvelle exige une insertion plus profonde des valeurs évangéliques à l'intérieur du système éducatif: que, par exemple, nous fassions découvrir à nos élèves l'amour des pauvres, considérés non pas comme objets de charité mais comme personnes. Nous devons créer une atmosphère de partage: partage des talents, du savoir. Il nous faut abandonner l'esprit de compétition et encourager la coopération, faire découvrir à nos élèves la dignité du balayeur et du concierge de leur école, leur enseigner à respecter l'héritage culturel des autres. Nos écoles doivent s'adapter à la réalité de la communauté catholique et de la société locale".

Et Mgr D'Souza invite ses auditeurs à faire un examen de conscience: ne faut-il pas supprimer purement et simplement le système des cours particuliers, tellement répandu, mais qui crée l'inégalité entre les élèves et risque d'encourager les enseignants à négliger le travail pour lequel ils reçoivent leur salaire? Ne pourrions-nous pas inviter les enfants plus favorisés à venir en aide à ceux qui le sont moins? Pour cela, il nous faudrait des "écoles ouvertes" à tous. Qu'appelons-nous un "niveau élevé" d'éducation? S'agit-il seulement d'obtenir 100% de succès aux examens? Ou s'agit-il de former des personnes et de les aider à développer toutes leurs possibilités? Quelle politique suivons-nous pour les admissions? Si nous n'acceptons que les élèves les plus brillants, que deviendront bon nombre de nos enfants catholiques?

"Telles sont, conclut l'archevêque de Calcutta, quelques-unes des questions que nous devons nous poser et auxquelles nous devons apporter réponse".

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