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Asie du Sud - Bangladesh

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Le Bangladesh ne parvient pas à réduire les inégalités

Le Bangladesh ne parvient pas à réduire les inégalités

12/10/2018

L’indice 2018 de l’Engagement à la réduction des inégalités, le nouveau classement mondial des États publié le 9 octobre par Oxfam selon leurs actions concrètes menées pour réduire les écarts de richesse, note particulièrement sévèrement le Bangladesh, placé 148e sur 157 pays. Avec plus de 160 millions d’habitants pour 147 570 kilomètres carrés, le Bangladesh est l’un des pays les plus densément peuplés au monde, et aussi l’un des plus pauvres alors que 24,3 % de la population vit dans la pauvreté, selon la Banque mondiale.

Le Bangladesh n’est pas parvenu à réduire les inégalités et les discriminations, selon l’indice 2018 de l’Engagement à la réduction des inégalités (ERI), publié par Oxfam le 9 octobre. Réduire les inégalités fait partie des 17 Objectifs de développement durable fixés par les Nations unies pour 2030. Le Bangladesh est classé 148e sur 157 pays par l’indice 2018. L’ERI place l’Asie du Sud parmi les régions du monde les plus problématiques concernant la réduction des inégalités. Le Bangladesh est classé 7e parmi les pays d’Asie du Sud, juste devant le Bhoutan. L’indice mesure l’action du gouvernement concernant les dépenses sociales, les impôts ou le droit du travail – trois domaines jugés critiques pour la réduction des inégalités, selon le rapport. L’indice est publié seulement quelques jours après les prévisions publiées par la Banque mondiale, annonçant une croissance du PIB bangladais de 7 % pour l’année fiscale 2018-2019.
Le professeur Abdul Mannan Chowdhury, du département de sociologie de l’université de Chittagong, soutient en partie les conclusions de l’ERI. « Ces dernières années, les dépenses sociales ont augmenté au Bangladesh, mais c’est vrai que les bénéfices n’ont pas été distribués équitablement », reconnaît-il. « Donc le fait d’augmenter les dépenses sociales ne suppose pas que les inégalités et les discriminations vont se réduire proportionnellement. Les revenus et les droits du travail se sont améliorés, mais sans être encore à la hauteur. » Il ajoute que le gouvernement bangladais s’est plus préoccupé d’un grand projet d’infrastructure que du secteur social. Le père Anthony Sen, de la Commission justice et paix du diocèse de Dinajpur, affirme que l’indice ERI 2018 reflète malheureusement la réalité. « Au Bangladesh, on voit de grands projets de construction et des panneaux géants vantant les avancées du gouvernement en matière de développement », explique-t-il.

12,9 % vit dans l’extrême pauvreté

Les salaires des fonctionnaires ont augmenté, mais les simples travailleurs et les communautés minoritaires n’ont pas bénéficié équitablement de ces avancées. Une croissance du PIB ne favorise donc pas les plus précaires si le gouvernement ne s’en préoccupe pas, ajoute le père Sen. Le ministre des Finances et du Budget, M. A. Mannan, a déclaré au contraire que le rapport ne reflète pas la réalité bangladaise. « Nous sommes un pays en plein développement économique, et nous nous efforçons de faire en sorte que les gens puissent se nourrir et se vêtir équitablement. Nos efforts pour le développement ont permis l’augmentation du PIB, ce qui suppose la hausse des revenus. Les discriminations vont donc naturellement se réduire », a-t-il affirmé auprès du quotidien Prothom Alo le 9 octobre. Avec plus de 160 millions d’habitants pour 147 570 kilomètres carrés, le Bangladesh est l’un des pays les plus densément peuplés au monde, et aussi l’un des plus pauvres. Presque un Bangladais sur quatre (soit 24,3 % de la population) vit dans la pauvreté, et 12,9 % de la population vit dans la misère, selon la Banque mondiale.

(Avec Ucanews, Dhaka)

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Photo Stephan Uttom / Ucanews