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Asie du Sud - Bangladesh

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Un missionnaire italien grièvement blessé par un commando armé

Un missionnaire italien grièvement blessé par un commando armé

18/11/2015

Ce matin, 18 novembre, trois hommes à moto ont fait feu et grièvement blessé à la tête le P. Piero Parolari. Prêtre catholique italien, membre de l’Institut pontifical des Missions étrangères de Milan (PIME), le missionnaire se rendait en mobylette à l’hôpital Saint-Vincent de Dinajpur, où il exerce ...

... comme médecin, lorsqu’il a été pris pour cible.

Transporté à l’hôpital, le P. Parolari a été opéré, avant d’être héliporté à Dacca, où il se trouve dans un état grave. « Il nous faut patienter deux jours avant de savoir s’il est hors de danger », a déclaré à l’agence Ucanews le Dr Kanta Roy, de l’hôpital de Dinajpur, ville située au nord-ouest du pays. D’après la police locale, les auteurs de cette tentative d’assassinat pourrait bien appartenir à un groupe islamiste radical. A l’heure actuelle, aucune arrestation n’a eu lieu et l’agression n’a pas été revendiquée.

Les circonstances rappellent pourtant celles de l’assassinat d’un travailleur humanitaire italien, abattu par un commando armé en plein quartier diplomatique de Dacca, en septembre dernier, ainsi que celles du meurtre d’un Japonais, tué par balles, le 3 octobre, dans le nord du pays. Ces deux assassinats avaient été revendiqués par l’Etat islamique, tout comme l’attentat perpétré contre une procession chiite à Dacca, qui avait tué deux personnes, le 28 octobre.

« C’est inacceptable que nos confrères deviennent des cibles aussi faciles. Nous avons besoin d’importantes mesures de sécurité », a déclaré à la police Mgr Sebastian Tudu, évêque catholique de Dinajpur. « Nous sommes inquiets mais nous espérons que (le P. Parolari) s’en sortira. Les tensions sociales sont très fortes dans le pays, des groupes armés provoquent des violences continuelles. La police a demandé aux missionnaires de ne plus circuler seuls ou bien d’être escortés », a confié à l’agence Fides, le P. Carlo Dotti, confrère du P. Parolari et missionnaire au Bangladesh depuis 41 ans.

Agé de 64 ans, le P. Piero Parolari est en mission au Bangladesh depuis une vingtaine d’années. Vicaire à la paroisse du Sacré-Cœur de Jésus de Dinajpur et médecin, il soignait les plus pauvres, notamment les personnes atteintes de tuberculose.

La mission au Bangladesh est l’une des plus anciennes de l’Institut pontifical des Missions étrangères, présent dans la région depuis 1855. L’institut compte 29 missionnaires dans les diocèses de Dacca, Dinajpur et Rajshashi, où ils exercent dans les paroisses et les œuvres éducatives et sociales.

D’après l’agence AsiaNews, plusieurs pasteurs protestants de Dacca auraient, ces derniers jours, reçu des menaces de morts de la part de groupes islamistes. Les missionnaires et les étrangers ne sont pas les seules personnes visées par ces groupes terroristes. Le 31 octobre, à Dacca, l’assassinat du responsable d'une maison d'édition éditant des livres défendant la laïcité et la libre-pensée était le dernier en date d’une série d’attaques terroristes qui visait des blogueurs et des intellectuels revendiquant leur athéisme ou militant pour la liberté de croire ou de ne pas croire. Le même jour, un autre éditeur avait été gravement blessé et deux blogueurs attaqués. D’après le quotidien bangladais The Daily Star, les récents assassinats de blogueurs ont été revendiqués par une organisation appelée Ansar Al-Islam, qui se qualifie elle-même d’Al-Qaida dans le sous-continent indien (AQIS selon son acronyme anglais).

Après la série d’attentats de fin octobre, le ministre de l’Intérieur du Bangladesh, Asaduzzaman Khan Kamal, avait déclaré qu’il s’agissait d’incidents isolés et qu’il n’existait pas de liens directs entre ces assassinats et l’Etat islamique, préférant pointer du doigt l’opposition qui chercherait à déstabiliser le gouvernement. Ce déni, ajouté à l’incapacité des autorités à arrêter et démanteler les réseaux d’extrémistes islamiques, pourraient bien relancer une seconde vague de terrorisme, après celle qu’a déjà connue le Bangladesh, de 1999 à 2005. Critiqué par les pays occidentaux pour son incapacité à endiguer les violences, le Premier ministre Sheikh Hasina a toutefois lancé une opération d’envergure contre des groupes islamistes locaux.

Avec 156 millions d’habitants, le Bangladesh est le troisième pays musulman le plus peuplé du monde, 89 % de sa population se réclamant de l’islam sunnite.

(eda/nfb)