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Asie du Sud - Bangladesh

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L'Eglise aide des couples aborigènes qui n'avaient pu s'unir que civilement, à préparer leur mariage religieux [ Bulletin EDA n° 519 ]

16/12/2009

Treize couples de l’ethnie aborigène santal ont récemment célébré leur union religieuse, grâce à la mise en place de sessions de préparation au mariage pour des couples mariés en dehors de l’Eglise, par le P. John Mintu Roy, vicaire de la paroisse catholique de la Présentation de Notre-Seigneur à Rajshahi, dans la partie nord-ouest du pays.

Dans cette région majoritairement aborigène et rurale, ces couples, ...

... qui ne se sont mariés que civilement, sont, de fait, exclus de l’Eglise comme de la communauté. Une véritable mise au ban qui concerne tous les aspects de la vie communautaire et religieuse, qu’il s’agisse de la participation aux activités d’Eglise – dont la messe et les sacrements –, comme du statut social ou encore du travail, la plupart de ces couples se retrouvant contraints de travailler dans les champs comme journaliers.

Presque tous racontent la même histoire : des parents qui s’opposaient à leur union, le mariage civil perçu comme la seule issue possible au conflit, la honte d’avoir enfreint « les règles de l’Eglise », le regard désapprobateur de leur communauté. Paulus Murmu et sa femme font partie de ces couples qui ont récemment officialisé leur mariage à l’Eglise. « J’ai épousé ma femme civilement parce que nos parents n’approuvaient pas notre relation. Nous savions que nous ne respections pas l’enseignement de l’Eglise, mais nous n’avions pas le choix », explique-t-il.

Les communautés aborigènes santal, y compris les catholiques, perpétuent la coutume des mariages arrangés, dans lesquels les deux époux sont du même niveau socioculturel. Les couples qui se sont mariés en bravant l’interdiction parentale sont souvent très jeunes, un phénomène qui touche particulièrement le Bangladesh, comme le Bengale tout proche (2). On considère qu’à l’heure actuelle, presque la moitié des femmes qui se marient au Bangladesh ont moins de 20 ans, ce qui place le pays parmi ceux comptant la proportion de mariages précoces la plus élevée au monde.

La reconnaissance de leur union par l’Eglise catholique est vécue par tous ces couples comme un soulagement : « Après notre mariage civil il y a quatre ans, mon mari et moi nous pouvions plus recevoir les sacrements, ce qui nous désespérait (...), témoigne Rasena, nouvelle « jeune mariée » de 24 ans. Nous sommes heureux aujourd’hui de nous être réconciliés avec l’Eglise et la société. »

Le P. Theotonius Proshanto Rebeiro, spécialiste du mariage et du droit canon, matière qu’il enseigne au grand séminaire de Dacca, souligne l’importance de cette mise en conformité « du mariage et de la vie de famille » avec les rites de l’Eglise. Très investi dans la formation des couples catholiques du Bangladesh (3), le prêtre est également official du tribunal ecclésiastique de la région qui traite, entre autres, les causes en déclaration de nullité de mariage.

L’Eglise catholique, en forte croissance au Bangladesh ces dernières années malgré une présence très minoritaire (4), est particulièrement active auprès de la communauté santal, qui souffre au sein de la société bangladaise de fortes discriminations. Selon des sources ecclésiastiques locales, 50 000 des 225 000 Santal du Bangladesh sont devenus chrétiens, parmi lesquels on compte 70 % de catholiques (5).
 

Notes

(1) Le diocèse de Rajshahi compte onze paroisses. Ses 41 000 catholiques (chiffres 2005) sont en majorité issus de cinq ethnies aborigènes (Mahali, Maunda, Oraon, Paharia et Santal). Une petite minorité de fidèles est composée de Bengalis, originaires de Dacca. A propos du diocèse de Rajshahi, voir EDA 367, 397, 418.
(2) Voir EDA 512 (« Bengale-Occidental : la persistance des mariages précoces inquiète l’Eglise »)
(3) Voir EDA 426
(4) Le nombre des chrétiens (essentiellement catholiques) du Bangladesh est estimé à près de 2 % de la population du pays, laquelle est musulmane à plus de 80 %.
(5) Sur les Santal et l’Eglise, voir EDA 512