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Asie du Sud - Bangladesh

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Manifestation interreligieuse suite au viol et au meurtre d’une fillette chrétienne [ Bulletin EDA n° 487 ]

16/06/2008

Le 7 juin dernier, à l’initiative de la Bangladesh Christian Association (BCA), près de 300 personnes, chrétiennes, hindoues et musulmanes, ont manifesté à Toomilia, ville située à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Dacca, pour demander l’arrestation des meurtriers de Bituny Asru D’Silva, une fillette de 14 ans, violée le 30 avril dernier avec sa mère à leur domicile. La BCA a également demandé la protection de la famille des deux victimes, menacée à plusieurs reprises.

Après avoir violé la fille et la mère, les malfaiteurs ont empoisonné la fillette qui a été conduite à l’hôpital pour y être soignée. Malheureusement, ses agresseurs ont retrouvé sa trace et l’ont tuée pendant son hospitalisation. « Bien que cette affaire a fait la une des quotidiens nationaux, les suspects qui ont été identifiés n’ont toujours pas été arrêtés », a déclaré Nirmol Rozario, secrétaire de la BCA. Les parents de la fillette ont publiquement protesté contre ces agressions lors d’une conférence de presse et, depuis, ils ont été contraints de fuir leur maison et à se cacher, après avoir reçu des menaces répétées de représailles.

 

Selon le secrétaire de la BCA, la plupart des viols sont perpétrés contre des fillettes ou des femmes appartenant à une minorité : chrétienne, hindoue ou aborigène. D’après Rosaline Costa, coordinatrice de la hotline de Human Rights Bangladesh, les violences, en particulier les viols, sont en nette augmentation ces dernières années. Dans ce pays très majoritairement musulman, des fondamentalistes musulmans considèrent le viol comme « l’instrument numéro un pour ‘nettoyer’ les communautés minoritaires », a-t-elle expliqué. Selon Najjota (‘droiture’), le journal bimensuel de la hotline de Human Rights Bangladesh, 175 viols de fillettes ou de femmes ont été dénombrés de mars 2007 à février 2008, et près d’un tiers des victimes ont été assassinées. Pourtant, seul un cas sur quatre de ces viols est rapporté dans la presse.

 

Rendre publique une affaire de viol peut en effet être très dangereux pour les victimes et leur entourage. « Une fois que le viol d’une fillette appartenant à une minorité est rendu public, les agresseurs accentuent leurs pressions sur les victimes », a précisé Rosaline Costa, ajoutant que seulement 2 % des violeurs font l’objet d’une arrestation. La plupart du temps, en effet, le procureur préfère résoudre un cas de viol par une procédure d’entente à l’amiable entre les parties, plutôt que de considérer l’affaire comme une affaire criminelle, ce qui permet aux agresseurs d’échapper à une lourde condamnation.