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Asie du Sud-Est - Vietnam

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Ouverture d’un procès intenté à des demandeurs d’asile repoussés par l’Australie

Ouverture d’un procès intenté à des demandeurs d’asile repoussés par l’Australie

26/05/2016

Le 26 mai, à La Gi, petite bourgade côtière, au sud du port de pêche de Phan Thiêt, sur les côtes du Centre-Vietnam, s’est ouvert le procès de quatre membres d’un groupe de boat-people, demandeurs d’asile en Australie et repoussés par les autorités de ce pays. Les quatre personnes qui comparaissent ...

... devant le tribunal sont deux femmes et deux hommes. Ils sont jugés pour avoir organisé illégalement la fuite d’autres personnes vers un pays étranger, ce qui est un crime sanctionné par l’article 275 du Code pénal.

Les quatre prévenus faisaient partie d’un groupe de 46 personnes, presque toutes liées entre elles par des liens de parenté. Le 1er juillet 2015, ils s’étaient embarqués depuis le port de Phan Thiêt pour un voyage maritime en direction de l’Australie. Parvenus sur les rivages de ce pays le 21 du même mois, ils ont été ramenés au Vietnam par les autorités australiennes quatre jours plus tard, le 25 septembre 2015.

Selon une déclaration de l’avocat attribué d’office aux quatre accusés, mise en ligne sur les réseaux sociaux, la sentence du procès risque d’être lourde. L’avocat souligne que la section locale du Parti communiste attache une grande importance aux conclusions du procès et qu’ils feront jurisprudence.

Un procès inédit

L’ouverture du procès a suscité de violentes réactions des organisations internationales de défense des droits de l’homme. La déclaration de la responsable australienne de Human Rights Watch a été particulièrement sévère. Celle-ci a déclaré : « Le Vietnam a, sans vergogne, bafoué la promesse faite par lui au gouvernement australien de ne pas intenter d’action judiciaire contre les boat people renvoyés d’Australie. » La responsable a ajouté que les autorités australiennes devaient prier le gouvernement vietnamien d’abandonner immédiatement toute accusation contre ces personnes et les remettre en liberté.

L’avocat, dans sa déclaration sur les réseaux sociaux, a lui aussi rappelé les promesses faites aux demandeurs d’asile par les autorités australiennes. Le représentant australien de l’émigration a dit publiquement aux demandeurs d’asile : « Le gouvernement australien vous ramènera dans votre pays. Votre gouvernement nous a promis qu’aucune arrestation n’aurait lieu ! »

A leur arrivée à l’aéroport de Tân Son Nhât, un fonctionnaire du gouvernement vietnamien a affirmé au groupe, en présence du représentant du consul d’Australie, que personne ne serait arrêté ou conduit en prison.

Malgré ces déclarations, après le retour du groupe sur son ancien lieu de résidence, quatre personnes du groupe, celles qui comparaissent aujourd’hui devant le tribunal, ont été placées au secret par la Sécurité publique pendant 24 jours.

Human Rights Watch condamne sans appel le procès qui s’est ouvert ce 26 mai : « Le gouvernement vietnamien juge quatre accusés pour avoir quitté le Vietnam illégalement. C’est une violation du droit fondamental de ces personnes à quitter librement leur pays, droit et énoncé dans plusieurs conventions internationales. »

(eda/jm)