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Asie du Sud-Est - Vietnam

Un faux prêtre mandaté par les autorités parle à la télévision au nom de l’Eglise catholique

Un faux prêtre mandaté par les autorités parle à la télévision au nom de l’Eglise catholique

02/04/2013

Les autorités ont depuis quelque temps entamé une campagne destinée à riposter à la contestation par une part importante de la population vietnamienne du projet officiel de refonte de la Constitution proposé par le bureau de l’Assemblée nationale. Cette contre-attaque vise des propositions faites par de nombreux intellectuels et personnalités de la société civile...

... dans ce qu’on a appelé « la requête des 72 », mais aussi, d’une façon plus indirecte, la lettre ouverte de la Conférence épiscopale du 1er mars 2013. Celle-ci avait exposé au grand jour la contradiction intérieure qui mine la Constitution de 1992. L’attribution au Parti communiste d’un rôle dirigeant sur la société et la politique invalidait, disaient les évêques, l’affirmation des droits de l’homme, de la liberté religieuse et de la démocratie.

On n’avait pas encore noté de déclarations officielles condamnant ou dénonçant explicitement cette mise en cause des fondements mêmes de la Constitution en vigueur aujourd’hui ainsi que du projet d’amendement destiné à la remplacer. En revanche, les médias contrôlés par le gouvernement ne ménagent pas leurs efforts pour contrebalancer les effets de la déclaration épiscopale, quelquefois au prix de graves infractions aux règles de la morale élémentaire. En témoigne notamment la tentative de désinformation ayant eu lieu sur les écrans de la télévision publique, lors des actualités du 26 mars 2013 au soir.

Le thème annoncé était : « Le rôle dirigeant du Parti communiste à l’égard du pays et de la société ne peut être nié ; telles sont les opinions des responsables religieux de Bac Ninh. » Les téléspectateurs purent alors voir les images filmées d’églises et de pagodes nouvellement construites ou réparées, ainsi que de foules religieuses enthousiastes. Puis apparut un religieux bouddhiste qui fit une déclaration sur le rôle dirigeant du Parti, ne différant en rien de celles que l’on peut entendre de la bouche des cadres communistes. Un second religieux bouddhiste vint ensuite affirmer que la propriété collective des terres était totalement justifiée par la doctrine du Bouddha.

Un nouveau personnage apparut ensuite à l’écran, avec le sous-titre : « Le prêtre Nguyên Quôc Hiêu, président du Comité d’union du catholicisme pour la province de Bac Ninh ». L’individu ainsi présenté proposait de corriger la phrase inscrite dans la Constitution : « Personne ne peut violer la liberté de croyance et de religion ou les utiliser pour enfreindre la loi », par une « variante » – qui s’avérait être purement formelle – : « Il est strictement interdit de violer… etc. ».

Interrogés au sujet de l’identité de l’auteur de ce « témoignage », les prêtres et les fidèles du diocèse de Bac Ninh ont tout de suite affirmé qu’il s’agissait d’un laïc, M. Nguyên Quôc Hiêu, président du Comité d’union des catholiques de Bac Ninh, groupe dans lequel il n’y a jamais eu de prêtres et notoirement inféodé au régime. On apprenait également que la personne interviewée était membre du Front patriotique et du Comité populaire de la province de Bac Ninh.

Le 28 mars dernier, l’évêché de Bac Ninh confirmait ces premières affirmations en faisant paraître sur le site du diocèse, le communiqué suivant (1) : « Dans la soirée du 26 mars 2013, lors de l’émission d’actualités de la chaîne de télévision nationale VTV1, on a pu voir un reportage intitulé : « Les dignitaires religieux contribuent à la refonte de la Constitution de 1992. » Un sous-titre expliquait : « Le prêtre Nguyên Quôc Hiêu, président du Comité d’union du catholicisme pour la province de Bac Ninh ». Beaucoup de gens se sont étonnés d’entendre dire que M. Nguyên Quôc Hiêu était prêtre du diocèse de Bac Ninh. C’est pourquoi le bureau de l’évêché de Bac Ninh affirme, dans ce communiqué aux fidèles, qu’il n’existe pas de prêtre du nom de Nguyên Quôc Hiêu dans le diocèse de Bac Ninh. » Le texte est signé du chancelier de l’évêché.