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Asie du Sud-Est - Timor-Oriental

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Le gouvernement consulte l'Eglise catholique au sujet de l'interdiction de l'avortement [ Bulletin EDA n° 504 ]

Le gouvernement consulte l'Eglise catholique au sujet de l'interdiction de l'avortement

01/04/2009

Ces dernières semaines, les deux évêques catholiques du Timor-Oriental ont eu des entretiens avec la tête de l’exécutif est-timorais afin de discuter de l’interdiction de l’avortement dans le Code pénal.

A ce jour, le Timor-Oriental, nation officiellement indépendante depuis le 20 mai 2002, utilise toujours le Code pénal indonésien (1), le grand voisin de 240 millions d’habitants ayant occupé...

... l’ancienne petite colonie portugaise (un million d’habitants) de 1975 à 1999. Depuis de nombreux mois, une équipe de juristes locaux et internationaux se consacre à la rédaction du futur Code pénal est-timorais, et son travail devrait aboutir prochainement, le Parlement étant appelé à se prononcer sur un projet de code le mois prochain. Selon les informations parues dans la presse locale, l’article 142 du futur Code pénal interdit l’avortement, sauf dans des cas extrêmes et dans des circonstances particulières où la santé de la mère est en jeu. L’avortement est assimilé à un homicide et est puni comme un crime.

Le 13 mars dernier, lorsqu’il a reçu Jose Luis Guterres, le Premier ministre adjoint, Mgr Basilio do Nascimento, évêque de Baucau, a réaffirmé la position de l’Eglise, à savoir qu’en situation d’urgence, tout devait être mis en œuvre pour sauver à la fois la vie de la mère et celle de l’enfant. « L’Eglise catholique ne variera pas sur la question de l’avortement (…) car sa position est fondée sur le cinquième Commandement : ‘Tu ne tueras pas’ », a fait valoir l’évêque. Quelques jours auparavant, le 9 mars, à Dili, l’évêque du lieu, Mgr Alberto Ricardo da Silva, avait rencontré le Premier ministre, ‘Xanana’ Gusmao, et ce dernier avait déclaré à l’issue de cet entretien qu’il était convaincu qu’il n’était pas permis de tuer un fœtus mais que certaines situations d’urgence ne permettaient pas toujours de sauver à la fois la mère et l’enfant.

Selon Mgr da Silva, l’Eglise catholique au Timor-Oriental souhaite que les citoyens soient consultés. « L’Eglise appelle à l’organisation d’un référendum afin que les gens puisse exprimer leur accord ou leur désaccord avec le projet de Code pénal, notamment son article 142 », a-t-il déclaré.

Selon Jose Luis Guterres, le gouvernement souhaite, à travers le Code pénal, que l’avortement reste puni comme un crime et ce souhait reflète le caractère catholique du pays. Sur une population d’un million d’habitants qui connaît l’indice de fécondité le plus élevé au monde, on compte 95 % de catholiques au Timor-Oriental. « C’est pour cela que le gouvernement a tenu à rencontrer les évêques, afin de connaître leur avis sur le Code pénal et ainsi répondre aux attentes de la population », a expliqué le Premier ministre adjoint, ajoutant que le « gouvernement d’un pays démocratique, avait à cœur que chaque personne respecte le droit à la vie de tous ».
 

Notes
  1. En Indonésie, l’avortement est illégal, sauf en cas de danger vital pour la mère, de malformation du fœtus ou d’une grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste. Le Code pénal, hérité du colonisateur hollandais, prévoit de lourdes sanctions pour la femme qui choisit d’avorter (jusqu’à quatre ans d’emprisonnement) et pour le médecin qui pratique l’acte (jusqu’à 15 ans d’emprisonnement). En 1992, des « Lois sur la santé » ont été promulguées ; si l’avortement n’y est pas spécifiquement mentionné, la formulation retenue pour interdire certaines pratiques médicales est suffisamment floue pour que des médecins disent ne pas être au clair avec ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Selon des études concordantes, il se pratiquerait environ deux millions d’avortement par an en Indonésie – ce qui place ce pays, parmi ceux de l’Asie du Sud-Est, où l’avortement est le plus pratiqué. Dans le cadre des politiques officielles de planification des naissances, l’avortement a été implicitement accepté pour les mères de plus de deux enfants ayant connu un échec contraceptif.

Carte EDA/Ucanews