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Asie du Sud-Est - Timor-Oriental

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L'Eglise catholique, qui a appelé au calme après les récentes émeutes de Dili, s'organise pour accueillir plusieurs milliers de personnes déplacées [ Bulletin EDA n° 441 ]

16/05/2006

L'Eglise catholique du Timor-Oriental, qui a lancé un appel au calme à tous les Est-Timorais, s'organise pour accueillir plusieurs milliers de réfugiés qui ont fui la capitale, en proie à des heurts qui ont éclaté les 28 et 29 avril derniers, entre les forces armées et 591 soldats, qui ont été limogés par le gouvernement en février dernier et se disent victimes de discriminations injustes.

Selon différentes sources locales, cinq personnes ont été tuées, plusieurs autres ont été blessées, vingt maisons ont été incendiées, et des fenêtres du siège du gouvernement ont été brisées. Entre 5 000 et 8 000 habitants de Dili, sous le choc, sont allés se réfugier au centre de formation des salésiens, situé à une dizaine de kilomètres de la capitale.

Dans une déclaration commune, les évêques de Dili et de Baucau, Msgr Alberto Ricardo da Silva et Basilio do Nascimento, dont les deux diocèses couvrent la totalité du pays, ont demandé l'ouverture d'une enquête. Ils ont aussi exhorté le gouvernement à prendre en considération les plaintes des soldats limogés.

Les soldats qui ont été démis de leurs fonctions représentaient un tiers des effectifs de l'armée est-timoraise. Ce sont des "Kaladi c'est-à-dire des Est-Timorais venus de la partie ouest du pays, le reste de l'armée étant formée de "Firaku c'est-à-dire des Est-Timorais venant de la partie est du pays, considérés comme les piliers de la résistance contre l'armée indonésienne dans les années 1980 et 1990. Selon un communiqué de presse du ministère est-timorais des Affaires étrangères et de la Coopération, la plupart des soldats limogés n'ont pas participé aux émeutes de Dili, et le ministère affirme vouloir maintenir le dialogue avec eux, tout en enquêtant sur les causes de leur renvoi.

D'après le P. Agostino Soares, prêtre salésien, la plupart des personnes arrivées au centre Don Bosco sont des familles qui ont quitté leur maison par peur des incendies. "Nous avons déjà trop souffert, nous demandons au gouvernement de résoudre ce conflit le plus rapidement possible a confié Silverio da Silva, qui s'est réfugié chez les salésiens avec ses deux filles. Selon lui, les Est-Timorais sont encore traumatisés par les violences qui ont suivi le référendum sur l'indépendance, en 1999 (1).

Au Timor occidental, en Indonésie, l'Eglise catholique et les autorités civiles se préparent à accueillir des réfugiés du Timor-Oriental, qui pourraient arriver en masse si la situation ne s'améliorait pas dans les prochains jours. D'après les premières estimations effectuées par le poste frontière de Motaain, le 8 mai dernier, 609 personnes auraient déjà franchi la frontière depuis le début des émeutes à Dili.

Notes

(1)Au sujet de l'histoire récente du Timor-Oriental, on pourra lire, entre autres, "Naissance d'une nation texte publié dans le Cahier de documents de EDA 301.<br />