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Asie du Sud-Est - Timor-Oriental

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Lors de la Vigile pascale, Mgr Basilio do Nascimento a exhorté les Timorais à ne pas se laisser séduire, dans les domaines moraux et spirituels, par les "ténèbres" [ Bulletin EDA n° 374 ]

01/05/2003

Le 19 avril dernier, Mgr do Nascimento, administrateur apostolique des diocèses de Baucau et Dili, a célébré la Vigile pascale à la cathédrale de Dili. Dans une église pleine à craquer, de nombreux fidèles se tenant au-dehors faute d'avoir pu y prendre place, l'évêque a exhorté les catholiques du Timor-Oriental à ne pas se laisser séduire par de faux dieux, "les ténèbres" hantant toujours les consciences dans les domaines moraux et spirituels, dans ce pays formellement indépendant depuis moins d'un an.

Dans ce pays très majoritairement catholique, Mgr do Nascimento a rappelé aux fidèles que l'adhésion à la foi catholique ne pouvait s'accompagner de la croyance dans les nombreuses divinités locales. Se référant à son enfance dans le district d'Aileu, l'évêque a raconté que, dans sa jeunesse, il croyait, avec la population locale, qu'Aileu "avait son propre 'dieu', les gens faisant toujours référence à 'Maromak Aileu' ('Dieu d'Aileu')". "Aujourd'hui, j'entends toujours parler de divers 'dieux' existant un peu partout à travers le Timor-Oriental a-t-il poursuivi, expliquant que la croyance en ces "dieux" ou en des guérisseurs dotés de pouvoirs surnaturels détournait les Est-Timorais de la foi catholique. De même, les supposées apparitions de la Vierge Marie sur la colline d'Aitara peuvent détourner les croyants d'une foi centrée sur Dieu-Trinité vers une foi "adorant" la Mère du Christ mais oublieuse du Christ lui-même.

S'adressant en particulier aux étudiants universitaires et aux anciens séminaristes, Mgr do Nascimento a ajouté que l'inculturation de la foi ne devait pas être mal comprise. L'inculturation, a-t-il rappelé, se rapporte à l'intégration de la culture et des coutumes locales à la foi catholique dans la mesure où celles-ci ne sont pas contraires à l'enseignement de l'Eglise. L'inculturation par conséquent ne doit pas servir de paravent pour justifier la dévotion aux divinités locales. Soulignant l'importance de la fidélité à la doctrine chrétienne, il a insisté, déclarant que, "puisque nous sommes presque tous chrétiens, nous devons croire que la résurrection du Christ peut être la lumière qui nous tirera de nos propres ténèbres".

Mis à part le domaine spirituel, l'administrateur apostolique des deux diocèses du pays a abordé les domaines de la vie morale. Après les années de lutte pour l'indépendance, les défis auxquels est confrontée la population sont nombreux (1). Dans le contexte actuel, où la communauté internationale soutient toujours à bout de bras l'économie et l'administration du pays, l'argent peut bien devenir un faux "dieu", a souligné Mgr do Nascimento. "Le mode de vie des Est-Timorais a considérablement changé, la prostitution, les relations sexuelles pré-maritales, le vagabondage sexuel et le divorce se banalisant a-t-il insisté, rappelant que l'enseignement de l'Eglise interdit ces conduites. Au sujet du divorce en particulier, "cette 'ténèbre' s'introduit dans les familles, les époux ne s'estimant plus liés l'un envers l'autre pour toute leur vie". Si un couple n'a pas d'enfant, cela ne signifie pas qu'il peut se séparer et chacun se remarier de son côté, a-t-il dû rappeler, faisant sourire l'assistance en choisissant d'exprimer son propos par des termes humoristiques.

Notes

(1)Au sujet des défis que la société et l'Eglise doivent relever au Timor-Oriental désormais indépendant, on pourra lire l'interview que Mgr do Nascimento a donnée à Eglises d'Asie en novembre 2002 (voir EDA 364, document annexe).<br />