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Asie du Sud-Est - Timor-Oriental

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La très minoritaire communauté musulmane du pays a remercié Mgr Belo pour son aide au sujet du démenti apporté à certaines rumeurs ayant trait à l'attentat de Bali [ Bulletin EDA n° 364 ]

01/12/2002

Après l'attentat de Bali, en Indonésie, qui, le 12 octobre dernier, a causé la mort de près de 190 personnes (1), la tension est montée dans la capitale du Timor-Oriental, Dili, à cause de rumeurs faisant état de la présence de deux des responsables de l'attentat dans la mosquée de la ville. Cependant, avant que le mois du ramadan ne commence, le 6 novembre dernier, Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, administrateur apostolique du diocèse catholique de Dili, a rencontré les dirigeants de la communauté musulmane et, en leur présence, a déclaré publiquement qu'il ne croyait pas que les musulmans est-timorais se montreraient si "naïfs" au point de cacher des criminels dans leur lieu de culte. Mgr Belo a ajouté que les musulmans est-timorais pouvaient contribuer à l'harmonie entre les différentes religions dans le pays. "Montrez par votre vie de tous les jours que vous êtes bons, droits et justes afin que les gens sachent que les musulmans ne sont pas des terroristes a déclaré Mgr Belo.

En réponse et au nom de la communauté musulmane est-timoraise, qui ne compte pas plus de 650 personnes, Muhammad Iqbal Menezes, a remercié l'évêque de Dili pour le soutien apporté : "Dans un contexte très difficile où la majorité des gens ici ont poussé les musulmans dans leurs retranchements, Mgr Belo est resté à nos côtés." Selon Menezes, qui est président du Centre islamique uni du Timor-Oriental, les musulmans est-timorais cherchent à promouvoir l'harmonie entre les religions et sont ouverts au dialogue interreligieux. Il a ajouté que la communauté, en témoignage des bonnes relations qu'elle veut maintenir avec les autres composantes de la société, avait accepté d'inviter Mgr Belo et Mgr Basilio do Nascimento, administrateur apostolique de Baucau, ainsi que les responsables des communautés protestante et bouddhiste du pays, à se joindre à elle un soir au cours du ramadan, pour le traditionnel repas de rupture du jeûne.

Toutefois, pour que la rumeur perde toute crédibilité, il a été nécessaire qu'une inspection soit menée par les services de sécurité de l'Etat au sein de la mosquée An'nur à Kampung Alor, quartier de Dili où vit une grande partie de la communauté musulmane locale. Aucune personne suspecte n'a été identifiée.

Catholique à 97 %, le Timor-Oriental compte environ 15 000 protestants et de petites communautés bouddhiste (500 personnes) et musulmane (650 personnes). A Dili, la mosquée An'nur a été édifiée en 1944, avec l'aide partielle de Mgr Jaime Garcia Goulart, l'évêque de l'époque. A cette date, Mgr Goulart avait qualifié la construction de ce lieu de culte de "point de départ des relations entre musulmans et catholiques au Timor-Oriental". Chaque année depuis sa nomination sur le siège de Dili, Mgr Belo a rendu visite à la communauté musulmane de Dili à l'occasion al-Fitr, la fête marquant la fin du ramadan (2).

Notes

(1)Voir EDA 361<br />(2)Au sujet des relations entre catholiques et musulmans au Timor-Oriental, voir EDA 210, 299, 307, 352<br />