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Asie du Sud-Est - Thaïlande

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Les autorités thaïlandaises appelées à libérer les « Montagnards »

Les autorités thaïlandaises appelées à libérer les « Montagnards »

04/09/2018

Suite à l’arrestation, le 28 août, de 181 réfugiés et demandeurs d’asile de la province de Nonthaburi, dans le nord de la Thaïlande, l’ONG Human Rights Watch a exigé des autorités thaïlandaises leur libération. L’ONG proteste contre la détention des détenus désignés comme les « Montagnards », qui appartiennent en grande partie à la minorité Jarai d’origine vietnamienne ou cambodgienne. Les détenus, qui comptent parmi eux plus de cinquante enfants, bénéficient de la protection du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), d’où les pressions qui s’élèvent pour exiger leur libération.

L’ONG Human Rights Watch a appelé le gouvernement thaïlandais à libérer 181 demandeurs d’asile, détenus par les autorités depuis le 28 août dans la province de Nonthaburi dans le nord du pays. La majorité des détenus, qui comprennent plus de cinquante enfants, appartiennent aux populations indigènes originaires du Vietnam ou du Cambodge et vivant dans les montagnes du nord, d’où leur surnom de « Montagnards ». « Les revendications de la Thaïlande à propos du progrès des droits des réfugiés sonnent creux quand les autorités détiennent des dizaines de familles pourtant protégées par le mandat du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) », affirme Brad Adams, directeur d’Human Rights Watch pour l’Asie. « Ces Montagnards risquent la persécution s’ils retournent au Cambodge ou au Vietnam, la Thaïlande doit éviter cela à tout prix. »
Les Montagnards, qui comptent un grand nombre de chrétiens, sont venus chercher asile en Thaïlande. Cependant, les autorités locales considèrent les réfugiés et les demandeurs d’asile des pays voisins comme des immigrants illégaux, et ceux-ci risquent sans cesse d’être arrêtés ou expulsés. Les détenus risquent d’être jugés pour être entrés illégalement en Thaïlande ou pour y être resté illégalement, ou les deux. « Ce ne sont pas des immigrants illégaux. Ce sont des réfugiés et des demandeurs d’asile », soutient un avocat des réfugiés basé à Bangkok qui tient à rester anonyme. « Ils ne devraient pas être détenus. Le gouvernement doit les libérer immédiatement. »

181 réfugiés menacés d’expulsion

Les Montagnards, dont beaucoup appartiennent à la minorité Jaraï, vivent en général dans une grande pauvreté dans leurs terres natales des hauts plateaux du centre du Vietnam et dans la province de Ratanakiri dans le nord-est du Cambodge. Ces dernières années, un grand nombre d’entre eux ont quitté le Vietnam pour rejoindre le Cambodge ou la Thaïlande afin d’échapper aux discriminations et à la persécution religieuse. Mais ils sont également confrontés à la discrimination au Cambodge, et ils ne sont pas vraiment accueillis à bras ouverts en Thaïlande. « La population Jaraï cambodgienne, dont beaucoup sont chrétiens, a subi des confiscations de terres et la pression croissante du gouvernement après l’arrivée des Jaraïs du Vietnam dans la province cambodgienne de Ratanakiri », affirme Human Rights Watch.
L’ONG cite un demandeur d’asile détenu, qui explique le genre de traitement qu’ils reçoivent. « Beaucoup d’agents sont venus me demander pourquoi je suis venu ici, et comment, et combien j’ai payé pour cela », explique-t-il. « Ils m’ont demandé qui m’a aidé à recevoir la carte du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et combien j’ai payé pour l’avoir. Beaucoup de gens ont été interrogés sur leur voyage vers la Thaïlande. Un policier thaïlandais en civil a dit que nous étions dans le pays illégalement et que nous devions nous soumetre à la loi. » Human Rights Watch a partagé ses craintes à propos de la détention de dizaines d’enfants réfugiés et de leurs parents. « La Thaïlande viole son engagement international en arrêtant plus de cinquante enfants de réfugiés et de demandeurs d’asile », dénonce Adams. « La protection dont ils bénéficient du HCR suppose qu’aucune de ces familles ne puisse être détenue. Les autorités thaïlandaises doivent les libérer immédiatement. »

(Avec Ucanews, Bangkok)

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Photo Manhhai