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Asie du Sud-Est - Thailande

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FAIRE DU BOUDDHISME [ Bulletin EDA n° 469 ]

16/09/2007 - par Phra Phaïsan Wisalo

La moralit&eacute; des gens est en d&eacute;clin et ces derni&egrave;res ann&eacute;es, le bouddhisme n&rsquo;a fait que s&rsquo;affaiblir de mani&egrave;re continue, du fait, en partie, d&rsquo;une menace provenant de l&rsquo;ext&eacute;rieur. En cons&eacute;quence, de nombreux bouddhistes estiment que le moment est venu de promouvoir leur religion afin qu&rsquo;elle reprenne de son importance au plan national. L&rsquo;une des mesures pour y parvenir est d&rsquo;exiger que la nouvelle Constitution d&eacute;clare le bouddhisme religion d&rsquo;Etat.<br />Il est tr&egrave;s difficile de nier que, par le pass&eacute;, le bouddhisme a eu des liens tr&egrave;s &eacute;troits avec la nation et la culture. Toutefois, aujourd&rsquo;hui, la Tha&iuml;lande est en train de s&rsquo;&eacute;loigner de l&rsquo;enseignement du bouddhisme. En sont la preuve l&rsquo;expansion de la criminalit&eacute;, de la corruption, le probl&egrave;me de la violence dans les familles, en particulier envers les femmes et les enfants, l&rsquo;obsession du jeu et du sexe, l&rsquo;attachement aux biens mat&eacute;riels, la d&eacute;votion &agrave; l&rsquo;argent au point d&rsquo;en faire des offrandes et d&rsquo;avoir recours aux pratiques magiques qui sont devenues un commerce florissant. Tout ceci rend septique et am&egrave;ne &agrave; s&rsquo;interroger si le bouddhisme est encore la religion de la nation tha&iuml;landaise ou non.<br />Ce n&rsquo;est pas un mal mais plut&ocirc;t un bien que nous nous efforcions de faire de sorte que la religion bouddhique redevienne religion d&rsquo;Etat. Mais cela n&rsquo;a aucune chance de se r&eacute;aliser en ajoutant simplement un article dans la Constitution. Au contraire, cela ne fera qu&rsquo;augmenter les soup&ccedil;ons chez les &eacute;trangers et les membres des autres religions. Ils se demanderont&nbsp;: puisque le bouddhisme est religion d&rsquo;Etat, quelle est la raison de la baisse de moralit&eacute; en Tha&iuml;lande&nbsp;? Pourquoi le bouddhisme n&rsquo;a pas &oelig;uvr&eacute; pour que les Tha&iuml;landais aient un niveau de moralit&eacute; plus &eacute;lev&eacute;&nbsp;?<br />Si nous voulons que le bouddhisme redevienne r&eacute;ellement la religion de la nation tha&iuml;landaise, il n&rsquo;existe qu&rsquo;un seul moyen&nbsp;: faire en sorte qu&rsquo;il redevienne une religion qui s&rsquo;enracine au plus profond de l&rsquo;&ecirc;tre. Il faudrait que les bouddhistes mobilisent toutes leurs forces pour que le bouddhisme comme religion enracin&eacute;e au plus profond de l&rsquo;&ecirc;tre devienne r&eacute;alit&eacute;. Mais pour cela, il faut avoir recours &agrave; un grand nombre de mesures et non pas se contenter de la pr&eacute;dication et de l&rsquo;enseignement. Ces mesures devraient &ecirc;tre encourag&eacute;es par l&rsquo;Etat, par exemple en promulguant des lois, en procurant une aide budg&eacute;taire et du personnel. Le r&ocirc;le de l&rsquo;Etat est cependant moins important que celui de la communaut&eacute; des bonzes et du peuple. Inscrire dans la Constitution que le bouddhisme est religion d&rsquo;Etat pourrait &ecirc;tre une condition obligeant l&rsquo;Etat &agrave; soutenir vraiment le bouddhisme mais cependant, pas au point de faire bouger la communaut&eacute; des bonzes et d&rsquo;amener le peuple &agrave; faire quelque chose en faveur du bouddhisme.<br />Il est courant de penser que si le bouddhisme est en d&eacute;cadence aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est &agrave; cause du laisser aller et de l&rsquo;indiff&eacute;rence de l&rsquo;Etat. De ce fait, si l&rsquo;Etat l&rsquo;encourageait et l&rsquo;aidait davantage, le bouddhisme se d&eacute;velopperait et ne serait pas faible et chancelant comme il l&rsquo;est actuellement. D&rsquo;aucuns demandent avec instance que l&rsquo;Etat affecte un budget plus &eacute;lev&eacute; aux institutions et aux activit&eacute;s du bouddhisme. La question qui se pose est de savoir si les institutions bouddhiques manquent de moyens financiers. La r&eacute;ponse est qu&rsquo;elles n&rsquo;en manquent pas. Les sommes d&rsquo;argent que les institutions de la communaut&eacute; des bonzes et les pagodes re&ccedil;oivent du peuple croyant sont &eacute;normes. La question suivante est celle-ci&nbsp;: &agrave; quoi sont utilis&eacute;es ces sommes d&rsquo;argent&nbsp;? La r&eacute;ponse est qu&rsquo;une grande partie de ces sommes sont d&eacute;pens&eacute;es en biens mat&eacute;riels, plus pr&eacute;cis&eacute;ment pour les constructions. Des milliards sont utilis&eacute;s pour construire de belles pagodes et autres b&acirc;timents religieux. Mais, en m&ecirc;me temps, on manque d&rsquo;argent pour la formation des bonzes et des novices et pour l&rsquo;&eacute;ducation morale de la jeunesse. Dans certaines villes, il n&rsquo;y a pas m&ecirc;me assez d&rsquo;argent pour subvenir &agrave; la nourriture dans les &eacute;coles de formation des novices. Quand certaines pagodes poss&egrave;dent des moyens financiers qui se comptent par millions, un nombre important de pagodes du pays restent pauvres (m&ecirc;me si les villages et les agglom&eacute;rations qui entourent ces pagodes ont les moyens de promouvoir les vices que sont les jeux et l&rsquo;alcool).<br />Les probl&egrave;mes les plus importants ne sont pas le manque d&rsquo;argent ou la n&eacute;gligence de l&rsquo;Etat&nbsp;; mais plut&ocirc;t le fait que les milieux bouddhistes &agrave; tous les niveaux n&rsquo;ont pas conscience du probl&egrave;me qui est en train de se poser au bouddhisme, &agrave; savoir le manque de collaboration des bouddhistes pour raviver le bouddhisme dans le c&oelig;ur des gens. R&eacute;fl&eacute;chissez donc bien et vous verrez combien il serait b&eacute;n&eacute;fique au bouddhisme si toutes les pagodes riches se montraient g&eacute;n&eacute;reuses envers les pagodes pauvres, pour promouvoir l&rsquo;&eacute;ducation et la formation des bonzes et des novices des campagnes ou encore en envoyant du personnel pour aider dans l&rsquo;enseignement. Quant au peuple, il comprendrait la valeur de la formation des bonzes et des novices au lieu de s&rsquo;en d&eacute;sint&eacute;resser et de ne penser qu&rsquo;aux constructions car avec ces derni&egrave;res, il esp&egrave;re que cela lui apportera chance et bonne fortune.<br />Il est vrai que les gouvernements pr&eacute;c&eacute;dents ne se sont pas int&eacute;ress&eacute;s autant qu&rsquo;ils l&rsquo;auraient d&ucirc; aux probl&egrave;mes du bouddhisme. Malgr&eacute; cela, la situation du bouddhisme n&rsquo;&eacute;tait pas si d&eacute;cevante qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Si toutes les instances responsables prenaient conscience de leurs responsabilit&eacute;s, &agrave; commencer par le Conseil des Anciens, elles se rendraient compte que la formation des bonzes se trouve actuellement dans un &eacute;tat critique. La communaut&eacute; des bonzes n&rsquo;a pas vraiment fait tous les efforts n&eacute;cessaires pour que les bonzes et les novices re&ccedil;oivent une formation compl&egrave;te&nbsp;; au contraire, il en a laiss&eacute; la responsabilit&eacute; aux diff&eacute;rentes pagodes. Ce Conseil se contente de faire passer les examens. Bien qu&rsquo;il y ait des voix qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent pour r&eacute;clamer la r&eacute;forme de la formation des bonzes, en pratique, rien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; encore fait en ce sens alors que le Conseil des Anciens en est directement responsable. M&ecirc;me si l&rsquo;Etat s&rsquo;y impliquait vraiment, il lui serait difficile d&rsquo;am&eacute;liorer la qualit&eacute; de la formation des bonzes&hellip; Et encore, nous ne parlons pas de la r&eacute;forme de la mani&egrave;re de gouverner la communaut&eacute; des bonzes. Le gouvernement a bien formul&eacute; un nouveau projet de loi concernant cette r&eacute;forme, mais ce projet est rest&eacute; en suspens tout simplement du fait de l&rsquo;opposition de la communaut&eacute; des bonzes, le Conseil des Anciens se pla&ccedil;ant au-dessus des d&eacute;bats.<br />Les pressions exerc&eacute;es pour ins&eacute;rer un article dans la Constitution d&eacute;cr&eacute;tant le bouddhisme religion d&rsquo;Etat trouve son origine dans le fait que les gens se figurent que le bouddhisme sera prosp&egrave;re ou non d&eacute;pendant avant tout de l&rsquo;Etat. Mais en r&eacute;alit&eacute; l&rsquo;Etat n&rsquo;est qu&rsquo;un facteur qui peut y contribuer. Mais le facteur fondamental de cette prosp&eacute;rit&eacute; r&eacute;side dans la communaut&eacute; des bonzes et dans le peuple. Si ces deux instances ne bougent pas, l&rsquo;Etat pourra s&rsquo;efforcer de faire tout ce qu&rsquo;il peut, comme dans le cas de la r&eacute;forme de la formation des bonzes ou dans d&rsquo;autres circonstances, il n&rsquo;aboutira &agrave; rien&nbsp;; surtout quand il s&rsquo;agit de probl&egrave;mes fondamentaux tels que celui de l&rsquo;interdiction de l&rsquo;alcool dans l&rsquo;enceinte des pagodes alors que l&rsquo;alcool et le bouddhisme s&rsquo;excluent mutuellement. Mais de nos jours, la consommation d&rsquo;alcool lors de la f&ecirc;te des offrandes de v&ecirc;tements aux bonzes, de la f&ecirc;te de la pagode ou &agrave; l&rsquo;occasion des cr&eacute;mations est devenue pratique courante dans de nombreuses pagodes &agrave; travers tout le pays. Ce genre de probl&egrave;me, il n&rsquo;y a que les bonzes et les r&eacute;sidents des villages qui peuvent le r&eacute;soudre. Cependant, beaucoup de pagodes ne le peuvent pas dans les faits pour la bonne raison que les pagodes manquent d&rsquo;autorit&eacute; et que le peuple ne s&rsquo;y int&eacute;resse pas. La question qui se pose est alors la suivante&nbsp;: si le bouddhisme devient religion d&rsquo;Etat, est-ce que l&rsquo;alcool dispara&icirc;tra de l&rsquo;enceinte des pagodes&nbsp;?<br />Ce dont on a parl&eacute; jusqu&rsquo;ici ne concerne que le probl&egrave;me des bonzes. Le probl&egrave;me du bouddhisme englobe aussi celui de la baisse de la moralit&eacute; et de la qualit&eacute; de la vie du peuple. Quel que soit son pouvoir, l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas la capacit&eacute; de faire du bouddhisme une religion enracin&eacute;e au plus profond de l&rsquo;&ecirc;tre des gens. Tout au plus, il peut obliger les gens &agrave; &eacute;tudier davantage les cours de morale. L&rsquo;exp&eacute;rience du pass&eacute; prouve n&eacute;anmoins que ces cours n&rsquo;am&eacute;liorent pas du tout leur moralit&eacute;. Mais &eacute;voquer le r&ocirc;le de l&rsquo;Etat de la sorte ne veut pas dire qu&rsquo;il est inutile ou qu&rsquo;il manque de capacit&eacute;s. Il peut encore intervenir sur plusieurs plans, mais au lieu de penser &agrave; faire &eacute;tudier davantage les pr&eacute;ceptes de la morale ou &agrave; &eacute;couter davantage les pr&ecirc;ches des bonzes, l&rsquo;Etat devrait s&rsquo;efforcer de consolider les familles et les communaut&eacute;s. Dans le pass&eacute;, la famille et la communaut&eacute; ont &eacute;t&eacute; des institutions tr&egrave;s importantes au point de vue de la transmission des valeurs morales. Mais de nos jours, elles se sont affaiblies au point de n&rsquo;&ecirc;tre plus capables de tenir ce r&ocirc;le comme jadis. La mise en place de m&eacute;canismes sur le plan institutionnel et l&eacute;gal pour renforcer la solidit&eacute; de la famille et des communaut&eacute;s &ndash; par exemple, donner aux parents la possibilit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre plus longtemps avec leurs enfants &ndash; est une chose qui pourrait aider &agrave; relever le niveau moral des personnes. Promouvoir une r&eacute;forme des m&eacute;dias pour qu&rsquo;ils se lib&egrave;rent de l&rsquo;influence de l&rsquo;id&eacute;ologie de la consommation est une mesure parmi d&rsquo;autres que l&rsquo;Etat pourrait prendre. Mais toutes ces mesures sont envisageables sans qu&rsquo;il soit n&eacute;cessaire de devoir inscrire dans la Constitution que le bouddhisme est religion d&rsquo;Etat.<br />Introduire dans la Constitution un article d&eacute;cr&eacute;tant que le bouddhisme est religion d&rsquo;Etat, ne permettra pas, d&rsquo;une part, de faire du bouddhisme une religion enracin&eacute;e au fond de l&rsquo;&ecirc;tre, mais, d&rsquo;autre part, cela aura pour cons&eacute;quence de ne pas r&eacute;soudre v&eacute;ritablement les probl&egrave;mes auxquels les milieux bouddhistes sont confront&eacute;s. Car c&rsquo;est mettre l&agrave; trop d&rsquo;espoir dans l&rsquo;Etat au point de ne d&eacute;pendre et de ne compter que sur lui, au lieu de faire collaborer la communaut&eacute; des bonzes et le peuple dans la recherche de solutions avec l&rsquo;encouragement de l&rsquo;Etat.<br />De plus, faire du bouddhisme la religion d&rsquo;Etat pourrait bien &ecirc;tre la source de nombreux probl&egrave;mes par la suite, la division des religions &eacute;tant un probl&egrave;me dont on parle beaucoup actuellement. Ce probl&egrave;me ne se poserait pas si tous les adeptes vivaient leur religion avec un esprit ouvert. Mais la situation actuelle ne nous permet pas de parler de cette mani&egrave;re avec assurance, car l&rsquo;attachement &agrave; son point de vue ne permet pas d&rsquo;accepter des opinions diff&eacute;rentes de la sienne. Cela se voit partout, sp&eacute;cialement lorsque l&rsquo;influence de l&rsquo;id&eacute;ologie nationaliste s&rsquo;en m&ecirc;le. Par exemple, maudire ou menacer ceux qui pensent que l&rsquo;inscription sur une st&egrave;le, attribu&eacute;e &agrave; Ramkhamheng ne serait pas son &oelig;uvre, ceux qui doutent que Khun Hing Mo ait &eacute;t&eacute; l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne que l&rsquo;on pense, ou encore ceux qui soutiennent qu&rsquo;on ne devrait pas interdire aux femmes d&rsquo;entrer dans l&rsquo;enceinte des stupas qui contiennent des reliques &ndash; une accusation tr&egrave;s r&eacute;pandue assure que ces gens-l&agrave; &laquo;&nbsp;ne sont pas des Tha&iuml;s&nbsp;&raquo;. Ces r&eacute;actions sont tr&egrave;s r&eacute;pandues aujourd&rsquo;hui, au point de mettre en doute la tol&eacute;rance d&rsquo;un certain nombre de Tha&iuml;landais.<br />Cette question concerne notre d&eacute;bat car si la religion bouddhiste vient &agrave; &ecirc;tre inscrite dans la Constitution, on arrivera facilement &agrave; penser que si on est Tha&iuml;landais, on doit &ecirc;tre bouddhiste. Etre attach&eacute; &agrave; cette id&eacute;e en manquant de tol&eacute;rance, pourrait susciter des conflits avec les membres d&rsquo;autres religions ainsi qu&rsquo;entre membres d&rsquo;une m&ecirc;me religion, mais avec des opinions diff&eacute;rentes. Par exemple, les accuser de ne pas &ecirc;tre Tha&iuml;landais, ou encore, r&eacute;clamer que l&rsquo;Etat prenne des mesures qui soient positives &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du bouddhisme pourrait avoir des cons&eacute;quences n&eacute;gatives pour les autres religions en arguant que le bouddhisme est tha&iuml;landais. On ne peut certes nier que l&rsquo;attachement &agrave; une religion, sans tol&eacute;rance envers les autres, est seulement le fait de certains bouddhistes. C&rsquo;est aussi le fait de certains musulmans. M&ecirc;me s&rsquo;ils ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;une petite minorit&eacute;, ils peuvent cr&eacute;er de s&eacute;rieux probl&egrave;mes &agrave; la majorit&eacute; des croyants, comme c&rsquo;est le cas actuellement dans les provinces frontali&egrave;res du sud du pays.<br />Peu importe les diff&eacute;rences d&rsquo;opinions, la tol&eacute;rance est une n&eacute;cessit&eacute; que l&rsquo;on soit pour ou contre l&rsquo;inscription du bouddhisme dans la Constitution. Par cons&eacute;quent, il faudrait &eacute;viter de s&rsquo;accuser et de se condamner mutuellement, particuli&egrave;rement lorsque les deux parties en question se disent bouddhistes. Pour le moins, on ne devrait pas entrer en conflit et se ha&iuml;r mutuellement car c&rsquo;est par cette attitude int&eacute;rieure que l&rsquo;on reconna&icirc;tra que nous sommes de v&eacute;ritables bouddhistes et que le bouddhisme est enracin&eacute; au plus profond du c&oelig;ur de l&rsquo;homme.<br /><br /><br />

Ndlr

[NDLR – Le 19 août dernier, onze mois après le putsch qui a vu la Thaïlande passer sous le contrôle des militaires, les Thaïlandais ont été appelés, pour la première fois dans leur histoire, à se prononcer sur une nouvelle Constitution – qu’ils ont approuvée à 56,7 % des voix. Le 29 juin 2007, les membres de l’Assemblée constituante avaient rejeté, à une large majorité, l’inscription dans la Constitution du bouddhisme comme religion d’Etat. Les mois précédents, plusieurs groupes nationalistes bouddhistes avaient fait pression pour réclamer que le bouddhisme soit inscrit dans cette nouvelle Constitution. Dans un article paru dans le quotidien national Matichon, le 15 avril dernier, Phra Phaïsan Wisalo, penseur, intellectuel et supérieur de la pagode de la forêt « Sukhado », dans la province de Buriram, explique pourquoi l’inscription du bouddhisme comme religion d’Etat ne permet pas de répondre aux défis auxquels il est aujourd’hui confronté en Thaïlande, et pourquoi une telle décision aurait risqué d’attiser les conflits interreligieux, le sud du pays étant déjà en proie à une flambée de violences. La traduction de ce texte est de la rédaction d’Eglises d’Asie.]

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(EDA, Matichon, septembre 2007)