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Asie du Sud-Est - Thailande

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Une nouvelle politique de l'éducation pourrait apaiser les conflits interreligieux dans les provinces musulmanes du sud [ Bulletin EDA n° 153 ]

16/04/1993

Les conflits culturels et religieux qui opposent les musulmans des provinces méridionales aux enseignants bouddhistes nommés dans leurs écoles pourraient s'apaiser après la mise en application d'un nouveau système de recrutement des enseignants pour les cinq provinces à majorité musulmane (18).

Le ministre de l'Education, M. Samphan Thongsamak, a déclaré que son administration recruterait dorénavant comme enseignants des diplômés locaux au chômage qui pourraient obtenir le statut de fonctionnaires du ministère de l'Education après deux années d'enseignement. Cette mesure réduirait considérablement le nombre des conflits religieux, sociaux et culturels qui naissent dans les villages musulmans du fait de la présence d'instituteurs bouddhistes.

Les enseignants sont aujourd'hui le groupe le plus menacé et le plus attaqué par les séparatistes et les terroristes musulmans (19). Dato Uma Toyib, magistrat de la ville de Narathiwat, estime que beaucoup d'enseignants bouddhistes nommés dans des localités à majorité musulmane se comportent de manière choquante pour la population : "Quelques-uns d'entre eux boivent de l'alcool après l'école, ce qui est inacceptable pour la population car c'est interdit par notre religion et c'est un mauvais exemple pour nos enfantsDato Uma Toyib ajoute que certains instituteurs possèdent aussi des chiens qui sont considérés comme "impurs" par les musulmans orthodoxes. Les problèmes sont souvent causés, continue le magistrat, par des différences culturelles que les enseignants venant d'autres régions de Thaïlande ne font pas beaucoup d'efforts pour surmonter.

Le député de Narathiwat au parlement thaïlandais, M. Pornpich Patanakullert, estime quant à lui que les menaces ne proviennent pas vraiment de groupes politiques séparatistes mais plutôt de gangsters locaux qui s'attaquent aux enseignants parce qu'ils sont le groupe le plus vulnérable. Le gouverneur de Pattani, Palakorn Suwanarat, a déclaré que 50 fusils avaient été récemment distribués à des enseignants dans des écoles considérées à haut risque. Ceux-ci peuvent ainsi assurer leur propre sécurité en prenant chacun à leur tour la garde de l'école pendant la nuit.

Notes

(18)Voir EDA 120<br />(19)Voir EDA 89, 93<br />