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Asie du Sud-Est - Singapour

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Le bouddhisme attire de plus en plus de jeunes Singapouriens [ Bulletin EDA n° 223 ]

16/06/1996

De plus en plus de jeunes Singapouriens se tournent vers le bouddhisme si l'on en croit la Fédération bouddhiste de Singapour qui regroupe plusieurs associations locales (10). Selon le vénérable Shi Ming Yi, secrétaire général de la fédération, un nombre croissant de membres des professions libérales, d'étudiants et de jeunes s'intéresse sérieusement à la pratique bouddhiste parce qu'ils ont aujourd'hui une attitude différente par rapport à la foi.

Il estime que le nombre de bouddhistes actifs âgés de moins de quarante ans a doublé depuis cinq ans pour atteindre aujourd'hui la barre des 60 000. Il s'agit de personnes qui se disaient auparavant "sans religion" : "Ils ont pris conscience que le bouddhisme n'est pas juste une religion superstitieuse de foi aveugle. Ils apprennent la philosophie qui sous-tend le bouddhisme et s'initient à la pratique de la religion dans la vie quotidienneShi Ming Yi ajoute : "Dans notre société à évolution rapide, la plupart d'entre nous sont pris dans le cercle vicieux du travail et du profit. Beaucoup de personnes estiment que le bouddhisme les aide à faire une pause et à mieux se comprendre eux-mêmes. La religion leur accorde un répit au milieu du stress dans lequel ils vivent".

Douze organisations bouddhistes, contactées par le quotidien local, The Straits Times, confirment l'analyse du vénérable Shi Ming Yi et disent qu'ils voient davantage de jeunes aujourd'hui parmi les fidèles. La plupart des 200 temples, associations et sociétés bouddhistes de Singapour font des efforts sérieux pour atteindre les personnes susceptibles de se convertir en organisant des cours de bouddhisme ou des activités comme des camps et des sessions de travail bénévole. Cette nouvelle orientation des associations bouddhistes de Singapour a vu le jour il y a environ une dizaine d'années quand ont commencé des séries de conférences et la publication de livrets d'accès facile en chinois mandarin et en anglais. Jusque là, les organisations bouddhistes étaient peu actives ou se contentaient de faire des publications en dialectes chinois.

Le monastère Foo Hai Ch'an, dans le quartier de Geylang, organise des classes de Dhamma, ou doctrine bouddhiste, pratiquement tous les soirs de la semaine. Des cours de méditation, de calligraphie et d'arrangement floral y sont aussi donnés régulièrement.

Phey Kim Loong, permanent de la Société Buddha Sasana à Pasiris, un autre quartier de la ville, déclare de son côté que tous ceux qui sont intéressés peuvent emprunter des livres sur le bouddhisme dans la librairie du temple ouverte à tous. Il ajoute : "La plupart de ceux qui viennent ici sont de jeunes couples bilingues. Nous leur donnons le choix de l'anglais ou du chinois et ils peuvent donc choisir la langue dans laquelle ils se sentent le plus à l'aise

Selon un observateur interrogé par Eglises d'Asie, l'évolution du bouddhisme du grand véhicule à Singapour, se distingue par le peu d'importance accordée au Sangha, ou communauté des moines, et par le pouvoir accru des laïcs dans son organisation. Par ailleurs, le fait d'évoluer dans un Etat laïque le rend moins dépendant des autorités civiles (11).

Notes

(10) Pour une description détaillée de l'évolution du bouddhisme à Singapour voir EDA 215, Dossiers et documents n° 2/96 : Un bouddhisme en évolution dans un Etat laïque.<br />(11) En contraste, voir la description de la crise du bouddhisme du petit véhicule en Thaïlande, dans le document annexe de ce numéro.<br />