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Asie du Sud-Est - Philippines

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Les religieuses de Mindanao face à la détresse des marins

Les religieuses de Mindanao face à la détresse des marins

10/04/2018

Les sœurs oblates de Notre-Dame sont engagées auprès de l’apostolat catholique maritime, à General Santos City, sur l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines. Elles y viennent en aide aux pêcheurs et autres marins. Melencio (photo) peut en témoigner, lui qui a été libéré suite à des accusations de pêche illégale en Indonésie… Sa famille a retrouvé espoir grâce à l’aide des religieuses.

Un groupe de religieuses du sud de l’archipel philippin, sur l’île de Mindanao, est engagé dans une mission maritime qui vient en aide aux pêcheurs et autres marins qui font escale auprès d’elles. Les sœurs oblates de Notre-Dame s’investissent dans cette mission depuis 2 006, dans le cadre de l’apostolat maritime, parfois connu sous le nom de « Stella Maris ». La mission a été établie en Écosse au début du XXe siècle, afin de développer une pastorale pour les marins. Récemment, un des fruits de cette mission a été la libération du pêcheur Melencio Cobeta, relâché de la prison indonésienne où il dépérissait depuis un an. En mai 2 016, Melencio, capitaine de chalutier, avait été arrêté avec deux douzaines de pêcheurs philippins, accusés d’avoir pêché illégalement dans les eaux indonésiennes.
Il était détenu dans le Sulawesi du Nord, en Indonésie, à environ un jour de voyage en bateau de Mindanao, où il avait laissé sa femme et ses trois enfants désespérés et dans une situation économique misérable. « C’était un cauchemar », raconte le pêcheur de 49 ans. « Nous étions affectés à des travaux forcés comme porter des pierres, couper de l’herbe ou encore repeindre les bâtiments de la prison. » Selon son épouse, Esterlita, la captivité qu’a subie son mari a été « la plus grande épreuve » qu’a dû traverser la famille à ce jour. « Quand il était en prison, nous avons dû vendre nos bêtes et notre moto pour pouvoir survivre », explique Esterlita.

« Elles nous ont redonné espoir »

Elle a même dû emprunter de l’argent auprès d’usuriers peu scrupuleux. Elle a également vendu des bananes grillées pour environ deux dollars par jour, une faible somme qui a aidé la famille à tenir. Désespérée, Esterlita s’est tournée vers les religieuses. Cela a changé sa vie et facilité le retour de son mari. Sœur Susan Bolanio, directrice de la fondation Hesed créée par la congrégation, explique qu’en plus de la formation spirituelle, la fondation offre aussi aux pêcheurs un soutien pastoral et psychologique. Le mot « hesed », emprunté à l’Ancien Testament, est un mot hébreu qui peut se traduire par « miséricorde », « grâce » ou « bonté », et désigne la relation de Dieu avec son peuple. « Nous organisons des études bibliques avec les pêcheurs pour nourrir leur croissance spirituelle », explique la religieuse, qui souligne que beaucoup de pêcheurs restent parfois plusieurs mois en mer, sans pouvoir assister à la messe. « Souvent, les marins de la marine marchande, lors de brèves escales portuaires, nous demandent de pouvoir assister à la messe », ajoute sœur Susan.
Mais en plus des prières et des célébrations de messes, les religieuses viennent aussi en aide aux pêcheurs, en particulier ceux qui se retrouvent en prison en Indonésie. Ces six dernières années, elles ont pu aider au rapatriement d’au moins quatre cents pêcheurs, dont beaucoup sont pauvres et se retrouvent abandonnés par leurs employeurs. Grâce à l’aide des religieuses, les corps d’au moins deux pêcheurs, décédés en détention, ont pu être ramenés à Mindanao récemment. Les pêcheurs bloqués dans des ports étrangers, ou même parfois à Manille, sont également rapatriés grâce à l’aide de sponsors. « Nous les recherchons et nous payons pour le billet d’avion, pour qu’ils puissent être réunis avec leurs familles », ajoute la religieuse. Esterlita pouvait à peine cacher son émotion en racontant la façon dont les religieuses l’ont aidé. « Elles nous ont redonné espoir dans des moments difficiles », se réjouit-elle. « Savoir que quelqu’un nous aidait nous a redonné la force de dépasser cette épreuve. »

(Avec Ucanews, General Santos City)

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Photo Bong Sarmiento