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Asie du Sud-Est - Philippines

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L’Eglise catholique déplore l’exécution d’une employée domestique philippine au Koweït

L’Eglise catholique déplore l’exécution d’une employée domestique philippine au Koweït

31/01/2017

« La Conférence des évêques catholiques des Philippines exprime ses sincères condoléances à la famille de la regrettée Jakatia Pawa, notre concitoyenne philippine qui a été exécutée au Koweït », a déclaré Mgr Socrates Villegas, ...

... président de la CBCP, au nom de la Conférence épiscopale philippine. Exécutée le 25 janvier 2017, à l’âge de 44 ans, Jakatia Pawa exerçait comme employée domestique au sud de Koweit City, dans le district d’al-Qurain, avant d’être accusée du meurtre de la fille de sa patronne.

Selon un communiqué de la sénatrice philippine Cynthia Villar, publié sur le site d’information philippin Rappler, l’employée domestique a été jugée coupable, en 2008, du meurtre de la jeune fille de 22 ans, tuée de plusieurs coups de couteau durant son sommeil, le 14 mai 2007. Selon Cynthia Villar, l’ADN retrouvée sur l’arme du crime ne correspondait pourtant pas à celle de Jakatia Pawa, qui a clamé son innocence jusqu’à son dernier souffle. En 2010, le vice-président du Sénat, Noli de Castro, s’était rendu au Koweït pour défendre le cas de Jakatia Pawa, afin que la peine capitale ne soit pas appliquée, mais sans succès. La famille de la victime koweitienne a ensuite refusé les compensations financières proposées par la famille Pawa, et l’exécution de Jakatia Pawa a alors été programmée rapidement.

Originaire de Zamboanga, ville située sur l’île de Mindanao, au sud de l’archipel philippin, Jakatia était mère de deux enfants, âgés de 16 et 18 ans. Bien que diplômée d’un premier cycle universitaire en banque et finance, Jakatia avait dû, comme des dizaines de milliers de Philippins, quitter son pays pour travailler comme employée domestique à l’étranger, afin de subvenir aux besoins de sa famille.

 

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« Nous devons agir. La vie a du prix et compte. Le gouvernement ne devrait pas sous-estimer la valeur de la vie », a déclaré Mgr Ruperto Santos, évêque de Balanga, en charge de la Commission épiscopale pour les migrants et les gens du voyage. « J’appelle le gouvernement actuel à agir rapidement et avec fermeté au sujet des autres Philippins emprisonnés à l’étranger », et à ne pas rétablir la peine de mort qui « lui ferait perdre son autorité morale et légale », lorsqu’il demanderait la clémence aux pays concernés.

Un appel à rejeter la peine de mort

Pour les évêques catholiques philippins, « le fait que Jakatia ait clamé son innocence jusqu’au bout souligne l’horreur de la peine de mort. La tristesse que nous éprouvons au sujet de sa mort devrait tous nous mobiliser contre la peine capitale », ont-ils ajouté. Rodrigo Duterte, président des Philippines au pouvoir depuis juin 2017, a en effet promis de rétablir la peine de mort, abolie depuis 2006. La coalition du gouvernement Duterte, qui domine à la Chambre des représentants, espère réunir suffisamment de voix pour faire passer ce projet de loi, actuellement en discussion au Congrès philippin. Ces jours-ci, contre toute attente, le gouvernement philippin a annoncé qu’il suspendait sa guerre anti-drogue. Effet d’annonce ou tactique politicienne pour rallier suffisamment de voix et faire passer plus facilement le retour de la peine capitale ? Difficile de se prononcer pour l’instant.

Dans un communiqué daté du 30 janvier, la CBCP a tenu à réitérer son opposition à la peine capitale. « Nous regrettons ces efforts acharnés visant à rétablir la peine de mort. Même si les crimes commis sont odieux, personne n’est exclu d’une possible rédemption, et nous n’avons pas le droit de renoncer. Lorsque nous condamnons la violence, nous ne pouvons, à notre tour, commettre cette violence, et lorsque nous nous insurgeons contre des meurtres, nous ne pouvons nous-mêmes participer à ces assassinats, même s’ils sont prévus légalement par le piège d’un système judiciaire. A travers le monde, la tendance actuelle est au recul et les conventions internationales signées par les Philippines nous obligent à ne pas rétablir la peine capitale. Nous appelons le gouvernement philippin à devenir le défenseur de la vie de tous ! », déclarent avec force les évêques catholiques philippins.

(eda/nfb)