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Asie du Sud-Est - Philippines

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Zamboanga : les évêques catholiques lancent une campagne de levée de fonds pour les réfugiés

Zamboanga : les évêques catholiques lancent une campagne de levée de fonds pour les réfugiés

03/10/2013

Mardi 1er octobre, les évêques de l’archipel philippin ont lancé une campagne de collecte de fonds pour venir en aide aux populations civiles de Zamboanga, victimes des combats qui font rage depuis plus de trois semaines entre l’armée philippine et le groupe islamique du Front moro de libération nationale (MNLF).

Le Secrétariat national pour l’Action sociale (NASSA) de la Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP) a appelé tous les catholiques à se montrer solidaires envers les réfugiés qui affluent chaque jour plus nombreux dans les centres de secours mis en place par l’Eglise catholique.

Depuis l’attaque de la ville portuaire de l’extrême sud de l’archipel le 9 septembre dernier par un groupe du MNLF revendiquant l’indépendance, le conflit armé a dégénéré en crise humanitaire. Plus de 200 000 déplacés fuyant les combats s’entassent aujourd’hui dans plusieurs dizaines de lieux d’hébergement provisoires à Zamboanga, sans vivres, ni biens de première nécessité ou médicaments.

« Nous vous demandons d’aider l’Eglise à porter secours [aux réfugiés] et à apporter le message chrétien d’amour et de paix à nos frères et sœurs dans le besoin », a déclaré Mgr Broderick Pabillo, président du NASSA et évêque auxiliaire de Manille, dans un message publié sur le site de la CBCP avant d’être diffusé hier dans toutes les paroisses.

Ajoutant que les affrontements avaient un « impact dévastateur » sur la population civile, le prélat a souligné l’importance des dégâts matériels (plus de 10 000 habitations incendiées, infrastructures détruites) qui rendront selon lui les réfugiés dépendants de l’aide alimentaire et des secours des centres pendant au moins six mois.

L’Eglise pourvoit actuellement aux besoins de quelque 19 000 évacués dans onze centres appartenant à l’archidiocèse de Zamboanga (dont des églises ou des écoles), le gouvernement prenant en charge environ 40 000 familles dans des structures publiques (centres sportifs, stades, etc.).

Le problème principal auquel les bénévoles doivent faire face dans les centres d’accueil provisoires gérés par le NASSA, est l’alimentation, avec la préparation de repas chauds pour au moins 20 000 personnes par jour, rappelle Mgr Pabillo. La situation est particulièrement critique pour les enfants, qui commencent à souffrir de malnutrition voire de sous-alimentation.

Le département social du gouvernement a annoncé hier 1er octobre avoir débloqué une aide de 2,3 millions de dollars pour « l’aide alimentaire, les biens de première nécessité, ainsi que des aides financières pour permettre la mise en place de cuisines communautaires, de systèmes sanitaires et d’hygiène, ainsi que de distribution de repas » pour les évacués de Zamboanga.

Le NASSA a ouvert un compte spécial pour récolter des fonds destinés aux populations évacuées et a déjà versé à l’archidiocèse de Zamboanga une aide de 2 300 dollars pour les premiers secours. De leur côté, des diocèses de Mindanao ont dépêché des convois de vêtements et de vivres (essentiellement du riz), avec des kits de premiers secours dès la première semaine de conflit.

Aujourd’hui, à l’issue de près de trois semaines jours de combats, l’armée philippine a presque entièrement repris le contrôle de la ville aux insurgés, mais au prix d’un bilan très lourd : au moins 224 personnes – 189 rebelles, 23 membres des forces de sécurité et 12 civils – ont été tuées et le nombre des blessés se compte par centaines, des chiffres qui ne peuvent pour le moment être confirmés.

Samedi dernier, le porte-parole de l’armée philippine, le général DomingoTutaan, a déclaré que « les combattants du MNLF ne détenaient plus aucun otage » mais que les opérations contre les rebelles n’étaient toujours pas terminées, certains combattants se cachant encore dans la ville.

Le conflit s’est de plus étendu à la province voisine de Basilan, où l’on compte des milliers de déplacés à Lamitan, enclave catholique attaquée le 12 septembre par des alliés du MNLF, ainsi que dans d’autres localités de la région.

(eda/msb)