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Asie du Sud-Est - Philippines

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Le "pouvoir du peuple" en question [ Bulletin EDA n° 90 ]

01/07/1990

Le 12 juin, au cours des fêtes de l'indépendance, Mme Aquino a lancé un nouveau mouvement "démocratique", le "Kabisig" ou "la main dans la main". Cette organisation se veut non politique, ouverte aux membres de tous les partis, et vise à améliorer l'économie du pays.

Président de la commission épiscopale "Justice et paix", Mgr Orlando Quevedo décrit ce nouveau programme comme "ayant l'ambition d'apporter des modifications de type socialiste dans un système de libre-entreprise, en donnant davantage de pouvoir aux organisations populaires et non gouvernementalesL'intention est bonne, dit l'archevêque de Nueva Segovia. Mais il aurait mieux valu que l'initiative vienne d'organisations spécialisées ou de groupes motivés. Fruit de l'initiative gouvernementale, le mouvement laisse planer des doutes sur sur les véritables buts poursuivis. Malgré ses dénégations répétées, on commence à se demander si Mme Aquino ne prépare pas le terrain pour obtenir un second mandat à la présidence du pays. Et Mgr Quevedo exprime ses doutes: "On voit mal comment le pouvoir peut être donné au peuple et comment un mouvement dirigé par des politiciens peut être non politique. On ne sait pas qui a eu l'idée du "Kabisig", ni dans quelles circonstances il est né: et on peut spéculer sur des intentions non avouéesIl ajoute que la naissance même de ce mouvement dénote l'inefficacité de l'exécutif. Et le fait que Mme Aquino doive se tourner vers des organisations non gouvernementales constitue l'aveu que le parlement et autres instances sont devenus des obstacles sérieux à son programme de réformes.

De son côté Mgr Claver, directeur de la NASSA, l'organisation épiscopale pour l'aide sociale, commente: l'intention exprimée correspond exactement à ce que les organisations non gouvernementales essaient de faire depuis des années. " "Kabisig" doit réussirdit-il. Mais il admet qu'il y a un danger de manipulation par le gouvernement. De toute façon, conclue-t-il, les organisations non gouvernementales continueront de travailler en faveur des pauvres, à leur manière tranquille et souvent silencieuse.