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Asie du Sud-Est - Malaisie

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Un catholique nommé à la tête de la justice malaisienne

Un catholique nommé à la tête de la justice malaisienne

18/07/2018

Le juge catholique Richard Malanjum a été nommé à la tête de la justice malaisienne, la plus haute position judiciaire dans le pays. Originaire de l’île de Bornéo, il est réputé pour son travail de défense des plus démunis. Une nomination qui pourrait soulager les inquiétudes des non musulmans du pays, après des années de pouvoir controversé.

Richard Malanjum est devenu la première personne originaire des deux État malaisiens à majorité chrétienne de l’île de Bornéo à être nommé à la tête de la justice malaisienne, la plus haute position judiciaire dans le pays. Malanjum, 65 ans, est un catholique de la communauté de Kadazandusum, dans l’État de Sabah. Il a été juge en chef à Sabah et Sarawak avant d’être nommé à la cour fédérale en 2005. « Il a beaucoup travaillé pour rendre justice aux plus pauvres », confie un ami qui souhaite rester anonyme. « Les tribunaux pour les populations indigènes qui se trouvent dans les régions rurales de Bornéo sont sa création. Un jour, il m’a expliqué qu’il est difficile pour les pauvres d’obtenir justice, et que cela a occupé ses pensées depuis longtemps. »
La nomination de Richard Malanjum est vue comme une rupture importante par rapport au passé, suite au renvoi de juges en 1988, jugés trop indépendants, ainsi qu’une série de décisions favorables au gouvernement. Cette nomination signifie également que le nouveau dirigeant malaisien, qui a mis fin au long règne de la coalition du Barisan Nasional durant les élections du 9 mai, est sur la voie de la réforme. Le système judiciaire du pays, sous l’administration précédente, avait acquis une réputation pro-islamique suite à plusieurs décisions controversées, qui s’opposaient à la Constitution et qui ont provoqué l’inquiétude de la population non musulmane.

Une décision encourageante

Une décision avait fait le tour du monde en 2013. Un tribunal avait déclaré que les non musulmans n’avaient pas le droit d’utiliser le mot « Allah » pour parler de Dieu. La décision controversée affirmait que le terme « Allah » était réservé à l’islam, et prétendait qu’autoriser le contraire pouvait troubler l’ordre public. Les chrétiens ont répondu qu’ils utilisent ce mot depuis des siècles pour parler de Dieu. Bien que le mandat de Malanjum risque d’être court – il atteindra l’âge légal de la retraite de 66 ans en octobre –, il pourrait malgré tout rester à ce poste jusqu’en avril 2019.
Malanjum a suivi son éducation auprès des Frères des écoles chrétiennes au Lycée de la Salle de Kota Kinabalu, la capitale de l’État Sabah. Leur influence est évidente, car le juge est resté en contact avec les frères durant des années. Il a commencé sa carrière au sein du département de l’Éducation avant de travailler au sein d’autres départements du gouvernement. En 1972, il a été diplômé comme étudiant externe de l’université de Londres et a obtenu un diplôme en droit en 1975. Il a ensuite servi auprès du ministre en chef de l’État de Sabah, où il a été nommé procureur général adjoint au sein du cabinet du procureur général de l’État. Il a poursuivi ses études à Londres où il a été admis au barreau anglais, avant de retourner au service du gouvernement malaisien.

(Avec Ucanews, Kuala Lumpur)