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Asie du Sud-Est - Laos

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D’après le vicaire apostolique de Paksé, le gouvernement a compris que l’Eglise catholique ne présente pas de danger [ Bulletin EDA n° 470 ]

01/10/2007

Dans un pays où les catholiques forment à peine 1 % d’une population estimée à près de six millions d’habitants (1), « le gouvernement a compris que la présence de l’Eglise catholique ne constitue pas un danger ». Tel est le message que Mgr Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun tient à faire passer, de retour de la visite ad limina de l’épiscopat des Eglises du Laos et du Cambodge, à Rome et à Castel Gandolfo, au début du mois de septembre dernier. Selon le vicaire apostolique de Paksé, « l’urgence », aujourd’hui, est d’assurer la formation des prêtres, peu nombreux, et des séminaristes, dont le nombre augmente, ainsi que celle des catéchistes, agents clefs de la pastorale. « A ce jour, assurer la relève n’a rien d’évident », précise-t-il.

Mgr Ling explique qu’au gré des changements économiques et de l’ouverture mise en œuvre par le gouvernement à Vientiane, les autorités ont quelque peu changé leur perception de l’Eglise catholique. « Les dirigeants ont compris que l’Eglise peut apporter une aide sociale et religieuse. » Grâce notamment aux visites du nonce accrédité à Vientiane – et résidant à Bangkok –, bien des préventions sont tombées, tout en notant que ce qui est vrai dans la capitale ne l’est pas forcément dans les provinces ; au niveau local, les fonctionnaires ne connaissent tout simplement pas l’Eglise et peuvent créer des difficultés pour délivrer les permis nécessaires à la construction de lieux de culte. Les aides reçues de l’étranger permettent à l’Eglise de construire des dispensaires, des écoles primaires ou encore des centres de formation pour les instituteurs, remis ensuite aux autorités locales et gérés par elles. « Nous agissons ainsi pour faire comprendre au gouvernement que l’Eglise fait bien partie de la nation et qu’elle travaille au développement du pays », souligne-t-il.

Le 6 septembre, à Castel Gandolfo, où les évêques du Laos et du Cambodge ont été reçus par Benoît XVI, Mgr Ling a expliqué que l’attrait pour la religion catholique est aujourd’hui « très encourageant », notamment auprès des jeunes. Néanmoins, les freins à l’expansion du petit troupeau catholique du Laos sont nombreux. D’une part, la conversion à une nouvelle religion doit être déclarée auprès de l’administration, une démarche qui empêche très certainement un certain nombre de personnes à franchir le pas du changement de religion. D’autre part, les nouveaux convertis ne sont pas accueillis comme ils devraient l’être, faute d’agents pastoraux en nombre suffisant et correctement formés. C’est là « le plus grand obstacle », a souligné Mgr Ling.

Dans le vicariat de Paksé, les prêtres, y compris Mgr Ling, sont au nombre de cinq, et l’un d’eux a dépassé les 80 ans. Bien qu’un prêtre ait été ordonné en décembre dernier (2), les pasteurs ne sont pas assez nombreux pour visiter les communautés catholiques, disséminées dans 63 villages. « Nous restons dans le domaine de l’entretien des communautés », explique Mgr Ling, qui, par ailleurs, met en avant le travail essentiel accompli par les 120 catéchistes. Certes, la relève se met en place et le vicariat de Paksé compte aujourd’hui 18 séminaristes ou futurs séminaristes, vivant dans les locaux de l’évêché. Mais Mgr Ling, âgé de 63 ans, s’inquiète de la formation dispensée à ces futurs prêtres ainsi que de la formation de ceux qui les forment dans les séminaires. Très peu de livres en philosophie et en théologie ont été écrits ou traduits en laotien. Il est, par conséquent, indispensable d’apprendre les langues étrangères, l’anglais notamment, lingua franca des évêques des Eglises d’Asie. « J’ai envoyé un séminariste étudier au Sri Lanka, deux autres aux Philippines pour apprendre l’anglais, mais il y a urgence à former la relève. C’est ce que j’ai dit au pape », a conclu Mgr Ling, s’exprimant dans un français parfait.
Notes

(1) L’Eglise catholique au Laos compte quatre vicariats apostoliques : Luang Prabang au nord, Vientiane au centre, Savannakhet et Paksé au sud. La très grande majorité des six millions d’habitants du pays est bouddhiste et les catholiques forment une communauté d’environ 43 000 fidèles, servis par seulement quinze prêtres. (2) Voir EDA 456