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Asie du Sud-Est - Laos

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Dix chrétiens laotiens ont été condamnés à des peines de prison ferme pour "subversion" [ Bulletin EDA n° 262 ]

01/04/1998

Arrêtés dans une maison privée de Vientiane, le 30 janvier 1998, alors qu'ils participaient à une réunion de prières (12), treize chrétiens laotiens ont été condamnés à diverses peines de prison pour avoir créé la division et sapé le gouvernement communiste du Laos, au pouvoir depuis 1975. C'est le quotidien thaïlandais, Bangkok Post, du 27 mars 1998, citant une dépêche de Press, qui a annoncé la nouvelle. Huit d'entre eux ont été condamnés à trois ans de prison ferme, un autre homme et une jeune femme de 20 ans, à deux ans, et enfin, trois autres femmes plus âgées à un an avec sursis. Ces trois dernières devront cependant rester en prison encore pendant deux mois pour des raisons qui n'ont pas été élucidées.

Cinq de ceux qui ont été condamnés à trois ans de prison travaillaient pour une organisation non gouvernementale américaine, "Partners in Progress" (partenaires pour le progrès), affiliée à une Eglise évangélique de Little Rock dans l'Arkansas. Ce groupe travaille au Laos depuis 1993 dans le domaine de la santé et organise aussi des classes de langue anglaise.

En janvier dernier, 44 personnes avaient été arrêtées au cours de cette descente de police dans la maison où se tenait une réunion de prières. Parmi elles se trouvaient cinq étrangers qui furent immédiatement expulsés : trois citoyens américains, une française d'origine laotienne et un prêcheur thaïlandais. 26 autres personnes avaient été libérées au bout de quelques jours.

Le gouvernement laotien n'est intervenu qu'une seule fois pour commenter cette affaire, en faisant diffuser un communiqué par l'agence de presse officielle du Laos. Celui-ci affirmait que cette réunion de prières constituait une violation de l'article 66 du code pénal laotien, qui spécifie qu'un individu "qui organise ou prend part à une réunion pour perturber l'ordre social sera passible d'un à cinq ans de prison

Ces arrestations ont entraîné la réaction International, et suscité des interrogations dans la petite communauté étrangère de Vientiane, capitale du Laos. Les réunions de prières de ce type sont en effet devenues monnaie courante dans la capitale depuis plusieurs années.

Dans une affaire qui n'est peut-être pas sans lien avec celle-là, on reste sans nouvelles du P. Tito Banchong, un prêtre catholique du diocèse de Vientiane, arrêté à Huei Say le 24 janvier 1998 (12). Selon des sources religieuses proches de l'Eglise catholique du Laos, il ne serait plus en prison mais en résidence surveillée à Huei Say.

Notes

(12)EDA 259(13)EDA 260<br />