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Asie du Sud-Est - Indonésie

Un appel à mieux garantir la liberté de religion

Indonésie 16/01/1992

La liberté religieuse est insuffisamment garantie en Indonésie: telle est la conclusion à laquelle sont arrivés des intellectuels chrétiens et musulmans lors d'un forum qui les a réunis, le 19 décembre 1991, à l'initiative de la Fondation pour l'aide légale, et de l'Institut pour l'étude des religions et des philosophies.

Le rapport de la commission d'enquête sur les "incidents de Dili" a été rendu public

Indonésie 16/01/1992

La commission d'enquête créée à la suite de la fusillade de Dili, à Timor Oriental (3) a remis son rapport au président Suharto à la fin de décembre 1991. Le rapport est en contradiction avec les déclarations des autorités militaires sur le nombre des tués, des blessés et des manifestants arrêtés, de même que sur les circonstances dans lesquelles se sont déroulés les événements. La commission conclut que l'atmosphère tendue lors de la manifestation avait provoqué la panique chez certains militaires "dont la réaction spontanée fut de se défendre, sans avoir reçu d'ordre, par un tir exagéré".

Les évêques offrent leur aide au gouvernement pour ramener la paix à Timor Oriental

Indonésie 01/01/1992

Après leur voyage éclair à Timor Oriental (7), les représentants de la Conférence épiscopale indonésienne, NN.SS. Darmaatmadja et Situmorang, accompagnés de Mgr Leo Soekoto, archevêque de Jakarta, ont eu une entrevue avec le président Suharto.

Déclaration de la Conférence épiscopale d'Indonésie au sujet des événements de Timor Oriental (1)

Indonésie 16/12/1991

1. Parmi les efforts pour trouver une solution au problème de Timor Oriental, il nous semble important d'accorder une grande attention à ce qui est ressenti et vécu par le peuple de Timor Oriental, et d'en tenir compte. C'est ce qui nous a poussés à déclarer à la presse, le 14 novembre, que "la Conférence épiscopale allait suivre et étudier l'évolution de la situation à Timor Oriental". Dans ce but, le P. Alfons Suhardi, ofm, reponsable du Service de documentation et d'information de la Conférence épiscopale, est allé à Dili du 22 au 26 novembre. De même, Mgr J. Darmaatmaja, s.j., président de la Conférence épiscopale et Mgr M.D. Situmorang, ofm Cap, secrétaire général, y sont allés le 25 et revenus le 27 novembre.

Améliorer les hôpitaux musulmans

Indonésie 16/12/1991

Les hôpitaux chrétiens ont beaucoup plus de patients que les hôpitaux musulmans, remarque le directeur de l'un de ceux-ci, le Dr Subki Abdulkadir, qui voudrait bien remédier à cette situation, dont il estime qu'elle est déshonorante pour les services de santé musulmans. Les raisons de cet engouement lui paraissent mystérieuses.

Quinze millions de musulmans convertis au christianisme? Une allégation insensée!

Indonésie 16/12/1991

Le professeur Horem Nasution, de l'Ecole publique des études islamiques, à l'issue d'un colloque qui avait rassemblé à Jakarta la jeunesse musulmane de la capitale, a déploré, le 13 octobre 1991, devant des journalistes, l'attitude irresponsable des rédacteurs de l'hebdomadaire islamique "Panji Masyarakat", ou "Bannière du Peuple", qui avait repris sans la contrôler une information à sensation publiée à l'étranger, et selon laquelle 15 millions de musulmans indonésiens s'étaient convertis au christianisme depuis 1984. De tels chiffres dépassent l'entendement, a-t-il dit, et il suffit de réfléchir un instant sur les données du recensement de 1990 pour se rendre compte de l'énormité d'une pareille allégation. En effet, expose-t-il, les statistiques les plus récentes indiquent que 85% des 180 millions d'Indonésiens sont musulmans, les 15% restants étant répartis entre protestants, catholiques, hindous et boudhistes. Or, il est possible que "chaque religion ait vu augmenter le nombre de ses fidèles". Il est improbable que le nombre de chrétiens se soit accru en six ans de 8,5%: "Je ne crois pas, poursuit-il, qu'il y ait autant de musulmans indonésiens qui se soient orientés vers le christianisme". En fait, le chiffre de 15 millions correspond au nombre actuel des chrétiens; un peu plus du tiers est catholique (11).

Dili: nouvelle déclaration de la Conférence épiscopale

Indonésie 16/12/1991

Après la première déclaration des évêques indonésiens, le 14 novembre 1991, concernant le massacre de Dili (9), les deux signataires, NN. SS. Darmaatmaja et Situmorang, respectivement archevêque de Semarang et évêque de Padang, ont pu se rendre en tant que délégués de la Conférence épiscopale, à Timor Oriental, où ils ont rencontré, outre Mgr Belo et le gouverneur Carrascalao, quelques témoins oculaires. Des contacts qu'ils eurent sur place, du 25 au 27 novembre, ils ont tiré la conclusion que les informations obtenues jusque-là de sources officielles étaient incomplètes à plusieurs égards. C'est pourquoi dès leur retour à Jakarta, ils ont jugé indispensable de compléter, par un nouveau communiqué (10), daté du 28 novembre, celui qu'ils avaient rédigé au reçu des premières nouvelles relatives à l'événement sanglant en question.

Les étudiants catholiques critiquent l'intervention militaire à Dili

Indonésie 01/12/1991

Les milieux catholiques de Jakarta se sentent plus ou moins en porte-à-faux après la fusillade du 12 novembre 1991 qui, selon "Amnesty International", aurait fait au moins 200 victimes à Timor Oriental (11). Après la prise de position très modérée des évêques indonésiens (12), celle de l'Union des étudiants catholiques d'Indonésie a été rendue publique, le 22 novembre 1991, par le président du Bureau national de l'association, Cyrillus Kerong, et son secrétaire général intérimaire Anton Donni.

La Conférence épiscopale et le massacre de Dili

Indonésie 01/12/1991

Deux jours après les incidents du 12 novembre 1991 qui ont ensanglanté la capitale de Timor Oriental (10), la Conférence épiscopale d'Indonésie - dont la rencontre annuelle de dix jours prenait fin le lendemain - publiait un communiqué exprimant l'inquiétude et la tristesse que l'affaire avait provoquées au sein de l'Eglise. Tout en admettant que la plupart des manifestants de Dili étaient catholiques, les évêques se sont attachés à montrer que l'Eglise comme telle ne pouvait être tenue pour responsable de l'incident: "les activités politiques de quelques membres de l'Eglise ne peuvent être considérées comme étant des activités de l'Eglise, ni comme étant menées au nom de l'Eglise". Celle-ci, rappelle le communiqué, est "une institution religieuse qui met l'accent sur l'enseignement de l'amour, de la paix et de l'humanité", mais elle ne peut, ajoute-t-il, déterminer le comportement politique de ses membres.

Une loterie nationale controversée

Indonésie 01/12/1991

Depuis quelques mois, diverses organisations - religieuses et culturelles - musulmanes s'interrogent sur l'opportunité, pour un Etat à dominante islamique, de patronner une loterie nationale dont le revenu est utilisé à diverses fins publiques: fonds de secours pour d'éventuelles catastrophes naturelles, pour des programmes de développement, des oeuvres éducatives ou des événements sportifs. On soupçonne aussi que ces fonds servent à alimenter le "Golkar", coalition au pouvoir à Jakarta. Les rentrées hebdomadaires de cette loterie seraient de l'ordre de 60 millions de francs.