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Asie du Sud-Est - Indonésie

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À Pâques, des musulmans dansent contre l’extrémisme

À Pâques, des musulmans dansent contre l’extrémisme

04/04/2018

Des dizaines de jeunes musulmans ont organisé, Vendredi saint, une danse devant la cathédrale Saint-François Xavier d’Ambon, dans la province de Maluku, en présence de Mgr Mandagi. Les fêtes de Pâques sont devenues, en Indonésie, un symbole contre l’intolérance religieuse croissante dans le pays, provoquée par les groupes islamistes indonésiens.

Partout en Indonésie, des musulmans se sont joints aux chrétiens durant la Semaine sainte, afin de lutter ensemble pour la tolérance religieuse, alors que les mouvements extrémistes continuent de progresser. Durant les fêtes pascales, des photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux, montraient des musulmans devant des églises, dans tout le pays, comme devant la cathédrale Saint-François Xavier d’Ambon, dans la province de Maluku, où plusieurs dizaines de jeunes musulmans ont organisé une danse durant la procession du Vendredi saint, présidée par Mgr Petrus Canisius Mandagi, évêque d’Ambon. Plusieurs responsables religieux participaient à la célébration. Mgr Mandagi s’est réjoui de la présence des musulmans qui montre que le peuple indonésien est déterminé à maintenir la fraternité entre les différentes communautés religieuses : « Cette initiative montre que les religions peuvent favoriser l’unité. Ces célébrations religieuses deviennent un pont qui renforce nos relations. »
Saidin Ernes, membre de la branche d’Ambon du comité ouléma (Ulema Council) – la principale association cléricale islamique en Indonésie – explique qu’ils voulaient « montrer qu’il y avait une fraternité forte entre les communautés religieuses à Maluku », en particulier entre musulmans et chrétiens. Une photo montrant des jeunes musulmans dans l’église du Christ Rédempteur de Sentani, en Papouasie, a également circulé sur les réseaux sociaux. La photo les montre en train de tenir une bannière, souhaitant de joyeuses Pâques aux chrétiens et appelant à se soutenir mutuellement. Dans la province de Java central, des étudiants du State Institute of Islamic Religion, à Salatiga, ont chanté pour les protestants de la Java christian Church, durant la fête de Pâques, le 1er avril. À Jakarta, le gouverneur Anies Baswedan a participé aux célébrations en présence de milliers de fidèles de l’Église pentecôtiste Indonesian Bethel Church.

« Un pont qui renforce nos relations »

Le père Antonius Benny Susetyo, qui milite activement pour la liberté religieuse en Indonésie, a confié que la présence du gouverneur « nous donne l’espérance que l’engagement de la société pour le maintien de l’unité est toujours fort ». Bonar Tigor Naipospos, vice-président du Setara Institute for Democracy and Peace, assure que la participation du gouverneur aura une bonne influence, « malgré une vague de conservatisme et d’opposants à la diversité religieuse » qui traverse plusieurs régions du pays, provoquée par des groupes extrémistes comme l’Islamic Defenders Front. « Nous avons besoin de ces exemples afin d’éduquer la population, pour faire comprendre que les croyances ne devraient pas nous conduire à la haine et au mépris mutuel », ajoute Bonar Naipospos. « Nous pouvons ainsi rester convaincus qu’il y aura toujours des groupes pour défendre la diversité. »
Cetta année, afin de combattre l’intolérance grandissante, la Semaine sainte est devenue, pour les Églises chrétiennes en Indonésie, un symbole pour le maintien de la diversité, grâce à l’idéologie nationale « Pancasila », sous le thème : « Appliquons la Pancasila : nous sommes différents, nous sommes l’Indonésie. » Les groupes extrémistes gagnent du terrain, en particulier depuis l’élection du gouverneur de Jakarta l’an dernier, qui avait été troublée par des groupes sectaires véhiculant des messages de haine. La Pancasila (du sanskrit, qui signifie littéralement « cinq principes ») fait référence à la philosophie d’État indonésienne, proclamée en 1945 par le président Sukarno et inscrite dans la Constitution. En 2016, le président Jokowi avait institué le 1er juin comme fête nationale en mémoire de la déclaration de la Pancasila, afin de lutter contre la montée de l’islamisme en rappelant les valeurs indonésiennes.

(Avec Ucanews, Ryan Dagur, Jakarta)