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Asie du Sud-Est - Cambodge

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Les évêques du Cambodge et du Vietnam affirment leur volonté de servir ensemble les catholiques du Cambodge

Les évêques du Cambodge et du Vietnam affirment leur volonté de servir ensemble les catholiques du Cambodge

02/06/2017

Dimanche dernier, 28 mai 2017, la paroisse Sainte-Marie à Phnom Penh était en fête : pour l’inauguration d’un bâtiment paroissial de trois étages, destiné à servir d’école maternelle et à abriter différentes activités liées à la pastorale des jeunes, pas moins de quatre évêques, dont deux présidents de conférences épiscopales, avaient ...

... fait le déplacement. La présence de ces évêques, venus notamment du Vietnam, souligne l’accent porté sur la communion et l’unité des communautés cambodgiennes et vietnamiennes voulues par les responsables de l’Eglise catholique du Cambodge, une Eglise petite par le nombre mais forte d’une jeunesse et d’un dynamisme certains.

La paroisse Sainte-Marie à Tu Taing, un quartier du sud-est de Phnom Penh, fait partie du vaste « secteur pastoral sud » du vicariat apostolique de Phnom Penh. Comme partout dans l’Eglise au Cambodge, les infrastructures y sont récentes, reconstruites après les ravages de la période des Khmers rouges (1975-1979) et l’occupation vietnamienne (1979-1989). L’église Sainte-Marie, modeste par la taille, a ainsi été construite en 2001 seulement. A l’image des quelque 23 000 catholiques du Cambodge (1), les trois cents paroissiens de Tu Taing sont aux trois quarts originaires du Vietnam, qu’ils soient présents depuis plusieurs générations au Cambodge ou installés de façon plus récente. Souvent, leurs enfants ne sont pas scolarisés dans les écoles publiques parce qu’ils ne parlent pas le khmer ou parce qu’ils n’ont pas de papiers. Pour les responsables de l’Eglise du Cambodge, désireux de faire grandir une Eglise proche et bienveillante pour ces familles pauvres et rejetées, c’est là un souci dont ils ont fait une de leurs priorités pastorales.

Scolariser des enfants vietnamiens dans le système scolaire khmer

Dimanche 28 mai, le curé du lieu, le P. Damien Fahrner, 35 ans, prêtre des Missions Etrangères de Paris envoyé au Cambodge en 2011, était donc entouré de plusieurs évêques : son évêque, Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh et président de la Conférence épiscopale Laos-Cambodge (CELAC), mais aussi Mgr Joseph Nguyên Chi Linh, archevêque de Hué et président de la Conférence épiscopale du Vietnam, ainsi que Mgr Joseph Vu Van Thiên, évêque du diocèse vietnamien de Haiphong. Mgr Leopoldo Girelli, nonce à Singapour et « représentant non résident du Saint-Siège au Vietnam », était également présent.

La présence des deux évêques vietnamiens et de Mgr Girelli à la cérémonie de bénédiction du nouveau bâtiment paroissial s’explique par le fait qu’outre le vicariat de Phnom Penh et la communauté paroissiale, les bienfaiteurs qui ont rendu possible cette construction sont les diocèses de Haiphong et de Thanh Hoa. Mais, pour les évêques, le lien entre les deux Eglises du Cambodge et du Vietnam va au-delà du seul soutien financier.

Dans son homélie, Mgr Olivier Schmitthaeusler a insisté sur « la communion et l’unité de l’Eglise » pour que les communautés cambodgiennes et vietnamiennes puissent « être signe visible du Royaume qui vient en vivant dans l’harmonie et l’accueil des différences ». Il a aussi souligné l’importance pour les communautés d’origine vietnamienne au Cambodge d’envoyer leurs enfants à l’école, pour pouvoir bien prendre leur place dans la société cambodgienne et avoir une vie digne. Trop de parents y compris catholiques envoient leurs enfants travailler à l’âge où ils devraient aller à l’école, a-t-il souligné. C’est pourquoi l’Eglise du Cambodge fait un effort considérable pour ouvrir des écoles quasi gratuites pour ces familles. Mgr Olivier Schmitthaeusler a appelé le président de la Conférence épiscopale du Vietnam, Mgr Nguyên Chi Linh, à joindre sa voix à la sienne pour plaider en faveur d’un changement de mentalité.

Mgr Nguyên Chi Linh s’est exprimé à la fin de la messe et a félicité l’Eglise au Cambodge des efforts qu’elle produit. Il a aussi souligné les relations de fraternité qui existent dans la foi entre l’Eglise au Cambodge et l’Eglise au Vietnam, lien qui se retrouve en particulier dans la présence de missionnaires et d’évêques des Missions Etrangères de Paris, qui ont été très actifs dans la fondation de nombreux diocèses du Vietnam et qui le sont aujourd’hui au Cambodge (2).

(eda/ra)

Notes

(1) Dans un pays de 15,9 millions d’habitants, la communauté catholique ne représente aujourd’hui que 0,2 % de la population. Si la présence catholique dans le pays est relativement ancienne (elle date de l’arrivée du dominicain portugais Gaspard Da Crux, au XVIe siècle), l’Eglise a été presque totalement anéantie par le régime Khmer rouge (1975-1979), lequel fut suivi par dix années d’occupation vietnamienne (1979-1989). De 65 000 fidèles en 1970, on n’en recensait plus que 5 000 en 1990. Le bouddhisme theravada est particulièrement bien implanté dans le pays : religion d’Etat depuis 1989, il constitue la religion de 96 % de la population.
(2) L’Eglise au Cambodge compte trois diocèses, dont deux ont été confiés à des prêtres MEP : Mgr Olivier Schmitthaeusler, pour le vicariat apostolique de Phnom Penh, et Mgr Antonysamy Susairaj, pour la préfecture apostolique de Kompong Cham. La préfecture apostolique de Battambang est dirigée par Mgr Enrique Figaredo, un jésuite espagnol.