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Asie du Sud-Est - Cambodge

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POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 1er juillet au 20 août 2013

POUR APPROFONDIR - Le point sur l’actualité politique et sociale du 1er juillet au 20 août 2013

26/08/2013

Elections

Le soir même des élections législatives du 28 juillet, le ministère de l’Information donne les résultats – provisoires – du vote : le PPC (Parti du Peuple Cambodgien) est vainqueur avec 68 députés (sur 123), le Parti du Salut du Peuple Cambodgien (PSPC) arrive en seconde position avec 55 députés.

* Dès le 29 juillet, de nombreux pays félicitent le peuple cambodgien pour sa maturité politique, pour avoir su mener des élections sans violence. Les Etats-Unis demandent cependant qu’une enquête, « transparente et complète », sur les irrégularités soit conduite d’une manière pacifique. L’Union européenne regrette que les recommandations faites après les élections de 2008 n’aient pas été suivies d’effet, et espère que le CEN (Comité électoral national) et les diverses cours examineront les plaintes « calmement et correctement ». La Corée du Sud félicite le Cambodge pour le déroulement des élections, mais fait un certain nombre de remarques pour en améliorer le processus.

* Le 30 juillet, la Chine et la Hongrie, dont des représentants étaient invités par le CEN à observer les élections, déclarent que les élections ont été « justes et équitables, acceptables et transparentes », et félicitent le Premier ministre pour sa victoire. Le Bangladesh, puis la Thaïlande suivis par la Birmanie et le Vietnam félicitent le Premier ministre cambodgien pour sa réélection. L’ambassadeur allemand félicite le Premier ministre de sa victoire, selon les résultats provisoires. Cette position lui sera vivement reprochée par la suite par un important journal allemand.

* Le 12 août, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, écrit une lettre de félicitations à Sam Rainsy pour la bonne performance du PSNC, et recommande que soit trouvé un accord avec le PPC et le CEN.

* Le 31 juillet, lors de sa première apparition après les élections (la rumeur courait qu’il avait quitté le pays), Hun Sen se montre très conciliant, appelle Sam Rainsy « Son Excellence ». Le porte-parole du gouvernement utilise également des mots apaisants inhabituels : « Nous ne sommes plus des supporters du PPC ou du PSNC, nous sommes le peuple, nous sommes égaux, nous sommes tous des citoyens cambodgiens. »

Le 30 juillet, Sam Rainsy se rend au stupa commémoratif de l’attentat du 30 mars 1997, qui avait fait 16 morts et plus d’une centaine de blessés. Neuf cents supporters assistent à cette commémoration symbolique.

Contestation des résultats

* Le 30 juillet, Sam Rainsy conteste les résultats, et annonce que le PSNC est sorti vainqueur des élections, avec au moins 63 sièges et que le PPC n’en a que 60. Le 29 juillet, le CEN avait annoncé des résultats provisoires de 68 sièges pour le PPC et 55 pour le PSNC. Sam Rainsy se base sur le compte des formulaires 1102 qui comptabilisent les résultats dans les différents bureaux de vote, signés par chaque parti. Il demande que soit créé un comité indépendant, comprenant le CEN, les deux partis, l’ONU et les associations civiles. Le 31 juillet, Hun Sen accepte que le PPC et les ONG participent à une commission d’enquête menée par le CEN.

* De fait, selon les résultats provisoires, les écarts entre les deux partis sont minimes : - Kandal, avec 166 voix (0,03) supplémentaires, le PSNC gagnerait un siège ; Siemréap, avec 1 % en plus, un siège passerait au PSNC ; Battambang, 4 % des voix réduiraient les sièges du PPC de 5 à 3 ; Phnom Penh, 4,39 % des voix donneraient un siège au PSNC ; à Kompomg Cham, il manque 4 % des voix au PSNC pour obtenir un autre siège ; à Banthéay Méan Chhey, à Svay Rieng, il manque 5 % des voix au PSNC. Au total, 200 000 voix, sur plus de 9,6 millions, font la différence. Selon Thun Saray, président de Comfrel, association cambodgienne d’observation du processus électoral, cela montre la nécessité d’une enquête indépendante.

* Le CEN estime qu’il n’a pas autorité pour créer un tel comité. Sam Rainsy cherche donc à former un comité en dehors du CEN.

* Le porte-parole du Conseil des ministres affirme que le CEN et le Conseil constitutionnel (CC) sont les seuls organismes habilités à examiner les irrégularités.

* Pour le PSNC, le comité d’examen des irrégularités doit être présidé par l’ONU, car les deux organismes cambodgiens sont trop inféodés au PPC pour être indépendants.

* Le CEN (Comité électoral national) est au cœur de la contestation : il est à la fois juge et arbitre. Tous ses membres ont fait partie du PPC. Surya Subédi, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, concluait son rapport, présenté à l’ONU en juillet 2012, en affirmant qu’« une réforme profonde du CEN était nécessaire pour maintenir la paix et la stabilité dans le pays ».

* Sur les neuf membres du Conseil constitutionnel, seuls trois ont été désignés par le roi (Norodom Chakrapong, proche de Hun Sen, Sirivuddh et Sisowath Phandaravong). Tous les autres sont d’anciens membres du PPC, ou nommés par des organismes très proches du PPC.

On comprend donc que le PSNC réclame la présence de l’ONU pour présider le comité spécial pour examiner les irrégularités, et que dans la même logique, le PPC refuse, car il a tout à y perdre. Il y va de plus, selon le PPC, de « la souveraineté nationale ». Dans une lettre en date du 5 août, Sam Rainsy, faisant référence aux accords de Paris de 1991, demande à Ban Ki-moon d’envoyer des observateurs de l’ONU pour examiner les résultats des élections. Le gouvernement répond que le peuple cambodgien est désormais « adulte politiquement » et n’a pas besoin de l’ONU.

* Le 1er août, le CEN accepte d’organiser une réunion de membres du PPC, du PSNC, d’ONG pour la création d’un comité d’enquête pour le lendemain 2 août. Mais la création du comité capote au bout d’un jour, car le PPC n’accepte pas la présidence de l’ONU réclamée par le PSNC. Le CEN mènera sa vérification lui-même. Les résultats définitifs des élections seront rendus publics avant le 8 septembre. Après des rapports contradictoires de la part de l’AKP (Agence Khmère de Presse, organe gouvernemental) et de l’ambassadeur d’Allemagne, Hun Sen refuse toute participation étrangère, y compris de l’ONU, dans l’examen des plaintes pour irrégularités.

* Le 31 juillet, le gouvernement cambodgien demande aux diplomates de ne pas interférer dans le processus électoral et ne pas supporter l’opposition. Cependant :

* Le Japon soutient la demande d’une enquête sur les irrégularités.

* Surya Subédi, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, demande qu’une enquête impartiale soit menée sur les irrégularités constatées. Son dernier rapport, écrit en décembre 2012 et en mai 2013, est remis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève durant la deuxième semaine d’août.

* HRW (Human Rights Watch) affirme posséder l’évidence des fraudes du PPC et pousse les pays donateurs d’aides au Cambodge à mener une enquête rapide et indépendante.

* Le 19 août, les ambassades d’Australie et des Etats-Unis renouvellent leur appel pour une enquête indépendante et transparente. L’ambassadeur de l’UE ne fait aucun commentaire.

* Le 21 août, le ministre chinois des Affaires étrangères, en visite au Cambodge, félicite le PPC pour sa victoire et lui promet une aide pour résister à « toute interférence extérieure ». L’ambassade de Chine se hâte de préciser que ces propos ne visent aucun pays en particulier. Le Chine est montrée par les autorités cambodgiennes comme le modèle à suivre. Le Premier ministre cambodgien doit se rendre en Chine en début septembre pour rencontrer son homologue chinois.

Irrégularités

* Nous avons fait état des principales irrégularités dans l’organisation des élections dans notre dernière livraison : confiscation des médias, tripotage des listes électorales amputées de 9 % d’électeurs, 13 % de noms mal orthographiés, 1,7 million de formulaires d’identités temporaires accordées par les autorités locales pour les élections, édition de 2,5 millions de bulletins supplémentaires, etc. 359 plaintes ont été soumises durant les trente jours de période électorale. Les élections elles-mêmes, et surtout le décompte des voix, ont donné lieu à de très nombreuses irrégularités.

* Cent vingt-cinq plaintes sont soumises aux Comités communaux des élections durant la semaine qui a suivi les élections, jusqu’à la date limite du 6 août. Quatre vingt-dix émanaient du PSNC, 15 du PPC, 25 ont été résolues au niveau communal, 32 rejetées comme sans fondement, 29 non résolues, et 30 envoyées au Comité provincial. Il en reste 9 en examen.

- Le 6 août, le PSNC soumet une liste d’au moins 18 400 irrégularités, qui ne représentent, selon le parti, qu’une fraction de toutes les irrégularités. Deux mille plaintes ont été soumises pour Phnom Penh, le 2 août ; au moins 10 000 irrégularités sont recueillies dans la province de Kompong Cham, 1 700 dans celle de Battambang, 2 534 dans celle de Prey Veng, entre 700 et 1 000 dans celles de Kratié et de Kandal, etc. Cela pousse le représentant du PSNC à affirmer que ce n’est pas 63 sièges, mais 65 que le parti a remportés.

- Le 7 août, le NEC annonce qu’il a reçu 14 rapports sur les irrégularités commises durant les élections (7 par le PSNP, 4 par le PPC, 2 par le Funcinpec, 1 par une autorité locale). Ses sous-comités les examineront dans les deux jours. Sa décision sur la validité des rapports sera sans appel. Sam Rainsy affirme avoir de nombreuses preuves d’irrégularités qu’il révélera lorsque le CEN aura créé un comité d’enquête comprenant l’ONU.

* Le 9 août, deux délégations de trois membres du PPC et du PSPC se réunissent à l’Assemblée nationale et « se mettent d’accord pour recruter des ONG et des experts qui ont l’expérience des affaires électorales pour former un groupe technique avec les représentant de l’ONU, des organisations nationales et internationales jouant le rôle d’observateurs ». Le PSNP refuse la participation du CEN, qui ne peut être juge et partie. Le CEN n’est pas présent aux discussions.

* Le 12 août, en dépit des négociations entre les deux partis, le CNE annonce les résultats préliminaires des élections, qui reprennent ceux du 28 juillet. Il annonce qu’il refuse d’examiner les plaintes du PSNC pour manque de preuves suffisantes. Les résultats définitifs seront diffusés avant le 8 septembre. Cette annonce met fin aux négociations entre les deux partis, lesquels donnent des versions différentes de la réunion du vendredi. Même si le PSNC refuse les résultats préliminaires, il se déclare déterminé à chercher une solution politique avec le PPC.

* Le 14 août, les représentants provinciaux du PSNC déposent huit plaintes auprès du CEN et en préparent six autres qui seront déposées le 15 août, date limite des dépôts. Ces plaintes portent essentiellement sur les formulaires 1104 récapitulatifs des résultats par bureau de vote.

* Les observateurs de Comfrel, pour leur part, relèvent 10 398 irrégularités lors des dernières élections, soit cinq fois plus qu’en 2008 (2 012).

* Le 15 août, les représentants du PSNC de Kratié quittent la réunion d’examen des plaintes menée sous la conduite du CNE pour mauvais fonctionnement et absence des responsables. On examine de faux relevés de résultats (formulaire 1102) qui ne sont pas ceux placés sous scellés. On ne peut vérifier le nom des électeurs selon le formulaire 1104 (ceux qui n’avaient pas leur nom sur les listes électorales) qu’en comparant avec le formulaire 1102 ! Le 21 août, Sam Rainsy écrit une lettre au CEN pour demander que les originaux des documents concernant les élections (Boîtes de sécurité A), spécialement les fameux formulaires 1102, soient placés en lieu sûr, pour d’éventuelles vérifications. Comfrel et Nifec estiment cette demande légitime.

* Le 18 août, le CEN déclare arrêter ses opérations d’examen des plaintes pour irrégularités. Il en a rejeté 17. Désormais les plaintes seront adressées au Conseil constitutionnel (CC). Le PSNC en a déjà adressé un certain nombre, sans grand espoir. Le CC tient une réunion plénière le 19. Il approuve les décisions du CNE rejetant les plaintes du PSNC, sans que ce parti n’en sache les raisons. Le 22 août, il déclare avoir déjà examiné 34 des 39 plaintes qui lui ont été soumises. Il décide que le CNE ouvre un certain nombre de « Boîtes de sécurité A ».

* Le 21 août, Sam Rainsy écrit une lettre au CEN pour demander que les originaux des documents concernant les élections (Boîtes de sécurité A), spécialement le fameux formulaire 1102 soit placés en lieu sûr pour d’éventuelles vérifications. Le 22 août, le Conseil constitutionnel déclare avoir déjà examiné 34 des 39 plaintes qui lui ont été soumises. Il décide que le CNE ouvre un certain nombre de « Boîtes de sécurité A ».

Durcissement

* Le 1er août, Hun Sen menace le PSNC : s’il boycotte la séance initiale de l’Assemblée nationale, il donnera les 55 sièges du PSNC aux autres partis ou au PPC. Cela serait cependant contraire à la Constitution qui autorise l’octroi d’un poste de député uniquement dans le cas où celui-ci renonce volontairement à son poste. L’article 82 de la Constitution ne précise pas le nombre de députés nécessaires à l’ouverture de la session parlementaire, mais selon l’article 5 du règlement interne de l’Assemblée nationale, son ouverture exige la présence de 86 députés.

* Selon un communiqué du Commissariat national de la police, la Chine a fait don de 1 000 pistolets et de 50 000 cartouches, pour assurer la sécurité. Sar Kheng, ministre de l’Intérieur, demande au PSNC de limiter ses manifestations au Parc de liberté. Déjà, dès le 28 juillet, la police militaire avait été déployée autour de Phnom Penh.

* Le 5 août, Sar Kheng, ministre de l’Intérieur, après avoir rencontré les ambassadeurs de France et d’Allemagne, annonce la possibilité « de troubles » dans le pays si Sam Rainsy ne retourne pas à la table des négociations. Sam Rainsy rassemble 5 000 supporters au Parc de la Liberté et demande au PPC de reconnaître sa défaite. Selon Rainsy, 70 % des forces armées et des fonctionnaires sont favorables au PSNP.

* Le 8 août, le ministre de l’Intérieur précise sa menace : les éventuelles manifestations devront se dérouler dans le cadre de la loi. Si elles tournent à la violence, les responsables seront emprisonnés. Les manifestations seront considérées comme des rébellions contre le gouvernement puisque la campagne électorale est terminée. Six transports de troupes blindés reviennent de la frontière thaïlandaise et se mettent en position dans un quartier périphérique de Phnom Penh. On signale l’arrivée de militaires et de blindés dans plusieurs provinces. Le ministre de l’Intérieur confirme que le déploiement des blindés a pour but de maintenir la sécurité. Les bâtiments officiels de Phnom Penh commencent à s’entourer de chevaux de frises. Une barrière de sécurité est construite autour de l’Assemblée nationale.

* Le 15 août, au moins seize blindés et dix « orgues de Staline » sont transportés du port de Sihanoukville à Phnom Penh. Ces armes seront utilisées au cas où quelqu’un « tentera de détruire la nation », affirme le ministre de la Défense. On apprendra que ces tanks ont été achetés en Europe de l’Est, sans plus de précision, bien avant les élections. L’arrivée des blindés engendre un climat de peur, certains font des stocks de vivres. Cependant, à Phnom Penh, du moins, on ne note pas une présence militaire plus importante qu’à l’accoutumée. Les militaires occupent plutôt les grands carrefours sur les routes de province pour empêcher tout déplacement massif de la population vers Phnom Penh.

* Les rumeurs de guerre, la peur de manifestations et de leur répression sanglante par le pouvoir, font déserter les usines de leurs travailleurs. Le 6 août, le ministère des Affaires sociales demande aux travailleurs de ne pas croire ces rumeurs... C’est cependant le Premier ministre en personne qui a commencé à parler de guerre en cas d’échec de son parti. A cette date le secrétaire d’Etat au Travail estime que 20 % des travailleurs sont retournés chez eux. D’autres demandent d’être payés à la journée et non plus toutes les deux semaines... La plupart ont ensuite repris le travail. Environ 10 % restent absents.

* Quatre étudiants sont arrêtés le 15 août pour avoir voulu distribuer 1 000 roses jaunes aux soldats en poste autour de Phnom Penh pour leur demander de ne pas tirer sur le peuple. Ces roses ont été achetées par le Khmer People Power Movement, basé aux Etats-Unis. Une inscription devait être affichée sur chaque rose : « Tournez votre arme contre le despote », mais ils n’étaient pas au courant. Sur protestation des associations de défense des droits de l’homme, ils sont libérés une semaine plus tard.

Kem Sokha, vice-président du PSNC, demande au PPC d’arrêter de jouer « le jeu de la menace en utilisant des blindés, en arrêtant les gens et en intimidant ou menaçant les membres du PSNC de province ». Le PSNC appelle ses militants au calme, et n’envisage une manifestation de masse que comme dernier recours, lorsque toutes les autres possibilités de négociations auront été essayées. Selon Yim Sovann, porte-parole du PSNC, « nous luttons pour la justice. La justice prévaudra et la violence échouera ». Les Etats-Unis et l’Australie rappellent leur volonté que les différents soient réglés « d’une manière pacifique ». Amnesty International demande de refreiner l’usage de la force contre d’éventuels manifestants.

* Le ministre de l’Information affirme que le déploiement des blindés près de Phnom Penh ne vise qu’à éviter le même scénario que lors des émeutes anti-thaïlandaises du 29 janvier 2009. Il n’a pas tort : les manifestations estudiantines étaient alors manipulées par le pouvoir pour appuyer le gouvernement dans ses négociations avec le côté thaïlandais concernant les royalties sur le pétrole du golfe de Thaïlande ; l’émeute s’est passée devant le ministère de l’Intérieur, quand les gros bras de Hun Sen ont pris le pas sur les étudiants... Le PSNC craint que des casseurs professionnels loués par le PPC ne se joignent à ses manifestations de masse.

* Sam Rainsy, coutumier des excès de langage, écrit sur sa page Facebook que les militaires et la police doivent se « lever » (« stand up ») du côté du peuple. Le PPC l’accuse de vouloir inciter l’armée à faire un coup d’Etat militaire et menace de le traîner en justice. Sam Rainsy s’en défend et affirme qu’il n’a demandé à la police et aux forces armées que de ne pas utiliser la force contre les citoyens, car « nous sommes tous Khmers, des bouddhistes pacifiques et des patriotes qui aimons notre pays ».

* Le 17 août plus de 1 000 policiers militaires se sont entraînés à affronter des manifestations de masse.

* Le 13 août, le gouvernement cambodgien confirme qu’il remet à plus tard les programmes d’assistance militaire américaine, décision prise immédiatement après les élections, suite à la demande de parlementaires américains et aux allégations d’irrégularités des élections faites par le Département d’Etat. C’est une décision unilatérale du Cambodge. Ce n’est qu’une suspension, jusqu’à la formation du futur gouvernement, non une suppression définitive. L’aide américaine s’est élevée à 76 millions de dollars l’an dernier. Quelques jours plus tard, on apprend que le Cambodge a pris la même mesure avec l’aide militaire australienne.

* Un rapport de 16 pages du Congressional Research Service en date du mois de juin recommandait au gouvernement des Etats-Unis de renforcer ses liens avec le Cambodge pour éviter la mainmise complète de la Chine sur le pays en tous domaines. Cette mainmise grandissante a rendu inefficace la pression des pays donateurs sur le Cambodge concernant les droits de l’Homme.

* Hun Sen ne se cache pas pour affirmer que la Chine comblera la suppression des aides américaines, comme cela s’est passé jadis. Cependant, les pays de l’ASEAN qui entourent le Cambodge ne sont pas très heureux de voir leur voisin se changer progressivement en un « cheval de Troie chinois » dans les conflits de la mer de Chine.

* Le 14 août, environ 200 personnes, comprenant du personnel d’ONG des moines bouddhistes, conduites par le moine Luon Savath, manifestent en face du Palais royal pour demander une solution pacifique à la crise. Tout se passe dans l’ordre.

* Dans la province de Préah Vihéar, les autorités villageoises menacent d’expulser des villageois qui ont votée PSNC.

* Le 18 août, un montage audio publié sur Facebook fait dire à Hun Sen que la PPC a perdu les élections. En réalité, il s’agit d’un discours tenu par le Premier ministre en mai dernier à Prey Veng, dans lequel il argumentait contre les propos de Thomico affirmant que le PPC avait perdu les élections.

* Le PPC fait signer des pétitions aux gens pour leur demander de soutenir le parti, et affirmer qu’il est le vainqueur des élections. Les associations cambodgiennes de défense des droits de l’homme s’insurgent.

* Le 12 août, le roi Sihamoni quitte Phnom Penh pour se rendre à Pékin et y subir un check-up médical de routine. Il rentrera pour l’ouverture de la future Assemblée nationale. Le peuple khmer est orphelin de Sihanouk qui avait, à sa façon, arbitré les conflits suites aux élections de 1993 et de 1998.

* Le 20 août, après trois heures de discussion les délégations des deux partis se quittent sur un constat d’échec. Le lendemain, le PSNC annonce « une réunion », « une discussion » avec ses partisans, non une manifestation, le lundi 26 août au parc de la liberté à Phnom Penh. Il y attend 10 000 supporters. La police est sur le pied de guerre pour éviter tout débordement. Le PSNC assure que son service d’ordre fera le nécessaire. Ce rassemblement vise à expliquer la politique du PSNC et à proposer une politique pour les semaines à venir.

* Le 21 août, à Battambang, 50 policiers tentent d’interdire l’accès d’une maison dans laquelle Mme Mu Sochua explique la politique du PSNC.

* Une solution politique ? Les élections ont été une claque pour le PPC, qui misait sur une augmentation d’une dizaine de députés. En dépit de sa mainmise sur tous les médias, en dépit des sommes colossales dépensées en publicité dans tout le Cambodge, en dépit de l’argent et cadeaux distribués, il perd 22 députés. Faire toujours référence au passé des Khmers rouges n’a pas eu d’impact sur les 70 % de la population (dont plus de la moitié des électeurs) qui ne les ont pas connus. L’absence de justice, la corruption, l’accaparement de toutes les richesses du pays par un petit nombre de familles proches du pouvoir, les spoliations de terrain, les concessions accordées aux Chinois et aux Vietnamiens ont été les facteurs déterminants de sa perte de voix. Même sans médias, l’opposition a réussi à mobiliser les mécontentements. La jeunesse, spécialement la jeunesse ouvrière, mais également les classes moyennes aspirent au changement. Les jeunes générations regardent les télévisions étrangères et se rendent compte du retard de leur pays. Pour eux, le changement ne signifie pas le chaos. Chez les jeunes, Facebook et Internet ont eu raison de la censure des médias.

Le PSNC a le soutien des gouvernements occidentaux, il peut mobiliser et guider l’opposition populaire au gouvernement. Il détient suffisamment de voix pour empêcher la tenue de la première séance de l’Assemblée nationale. Dans le cas où il accepterait d’y siéger, il empêcherait de changer la Constitution (quorum requis de 83 voix). Dans le cas, fort improbable, d’une déclaration de victoire, a-t-il une administration de rechange ? Le gouvernement du pays semblerait difficile avec tous les corps constitués formés essentiellement de membres acquis au PPC. Il semblerait cependant préférable, pour lui et pour le Cambodge, qu’il accepte que sa victoire lui soit volée, et de négocier des postes importants d’où il pourrait peser efficacement dans l’orientation du pays : présidence des commissions parlementaires, modification des organes-clefs de l’Etat, faire voter une loi sur le vote par bulletin secret, etc. Il s’agit pour lui de devenir un parti d’opposition constructif, plus que simplement d’être critique de Hun Sen.

* La formation d’un gouvernement de coalition, comme en 2004 entre le PPC et le Funcinpec, n’est sans doute pas la solution, car le PSNP qui craint, comme le Funcinpec d’alors, de n’avoir plus aucun pouvoir. Dans un e-mail du 14 août, Sam Rainsy n’exclut pas que « le PSNC ne valide pas la création d’un nouveau gouvernement dirigé par le PPC à condition que des garanties sérieuses et crédibles lui soient données pour des réformes cruciales et immédiates concernant le CEN, le système électoral, la Justice, le Parlement, l’administration, les forces armées, les médias, le Comité des droits de l’homme, le Comité anti-corruption, etc. ». Mais n’est-ce pas demander l’impossible à un parti encore très imprégné d’idéologie communiste dans sa gestion de l’Etat ? On ne peut demander le suicide à des gens assoiffés de pouvoir et d’argent.

D’après un article du Quotidien du Peuple, cité par le journal officiel chinois Global Times du 7 août, il semblerait que même la Chine commence à réaliser le pouvoir grandissant de la démocratie en Asie, et ne soutiendrait plus aussi fermement Hun Sen dont l’autorité a été remise en question par les dernières élections. Le journal stigmatise la corruption, qui peut engendrer des troubles sociaux de la part des classes sociales qui aspirent à partager les richesses du pays. La Chine est avant tout pragmatique et commercera avec le gouvernement en place, quelle qu’en soit sa couleur politique.

L’influent journal japonais Asahi Shimbun du 5 août invite, lui aussi, Hun Sen à se lancer dans des réformes pour éliminer la corruption.

* Les journaux chinois du Cambodge, moins contrôlés par la censure gouvernementale que les journaux khmers, ne semblent pas totalement acquis à Hun Sen dont on reproche la corruption et son « manque d’intérêt pour résoudre les problèmes du peuple ».

Les semaines prochaines seront donc cruciales pour l’évolution politique du Cambodge : lundi 26 août, rassemblement des supporters du PSNC ; avant le 8 septembre : annonce des résultats définitifs ; fin septembre : tenue de la première séance de 5ème législature.

Néanmoins, si les élections, avec leur ultime préparation et leur dépouillement, ont focalisé et continuent de focaliser l’activité politique des deux derniers mois, le Cambodge a continué à vivre...

Chambres spéciales pour juger les ex-responsables Khmers rouges

* Le 1er juillet, les contrats de 30 des 260 employés nationaux du Tribunal ne sont pas renouvelés. « Processus normal d’ajustement » qui permettra d’économiser un million de dollars en 2013. Malgré cette coupe drastique, l’argent manque pour payer les autres salaires. Les salariés khmers menacent de se mettre en grève à partir du 1er septembre. L’Union européenne accorde un don de 4 millions de dollars à la partie internationale du Tribunal.

* Contre toute évidence, Nuon Chéa nie en bloc tous les faits reprochés. Accusant le tribunal de parti pris, Khieu Samphân décide de rester silencieux pendant le reste de son procès. Le 17 juillet, Nuon Chéa décide à son tour de ne plus parler.

* On prévoit de terminer les dépositions de témoins le 9 octobre, et de conclure l’instruction le 22. L’accusation a composé un dossier de 225 pages, la défense de 125, les parties civiles 105.

* Jacques Vergès, ex-avocat de Khieu Samphân, meurt à Paris à l’âge de 88 ans.

Economie

* Après Mazda qui a ouvert des portes en mai, Toyota ouvre son deuxième point de vente au Cambodge. Toyota vise les « marchés émergents » que sont le Cambodge, la Birmanie et le Kenya. 32 000 voitures ont été vendues l’an dernier au Cambodge, dont seulement 10 % par des vendeurs autorisés. Parmi ces dernières, plus d’un tiers ont été vendues par Toyota.

* En juin, le ministre du Tourisme a dévoilé un plan de cinq ans pour attirer 1,3 million de touristes chinois au Cambodge en 2018. Il prévoit de sous-titrer les panneaux indicateurs en chinois, de relier des villes chinoises aux aéroports cambodgiens, de créer des Chinatowns à Phnom Penh, Siemréap et Sihanoukville, de former des guides parlant chinois, etc. Le 5 août, Sok An, Vice-Premier ministre, reprend les mêmes thèmes devant le nouvel ambassadeur Chinois.

Dons et investissements

* Une déclaration des pays donateurs (entre autres Australie, Europe, Etats-Unis) demandent que soit redessiné le plan du barrage de Sésan 2 de 400MW, vu l’impact sur les réserves de poissons (diminution prévue de 9 %), sur l’environnement et l’impact humain. La même déclaration demande au Laos de redéfinir les plans du barrage de 1 285MW de Xayaburi, dont les travaux sont déjà commencés, et celui de Don Sahong, situé à deux kilomètres de la frontière cambodgienne, au dessus des chutes de Khône. Ces barrages ne profitent qu’à des intérêts privés, mais non au pays.

* Le 4 juillet, au terme d’une rencontre conduite par l’Institut de recherche pour l’Asean et l’Asie de l’Est, tenue à Phnom Penh, on estime que de 2013 à 2022 le Cambodge aura besoin d’entre 12 à 16 milliards de dollars en investissements dans les structures du pays pour maintenir la croissance actuelle.

* Le Cambodge est l’un des 41 % des Etats dont l’accord du Parlement n’est légalement pas nécessaire pour ratifier des prêts par le gouvernement de la part de Banque mondiale ou du FMI.

* Le 3 juillet, la Corée du Sud accorde des prêts de 200 millions de dollars sur quatre ans, pour l’entretien de routes et la construction d’un barrage entre Pursat et Battambang.

* Le 31 juillet, le gouvernement élargit le projet de réduction de la pauvreté autour du Tonlé Sap, en débloquant une somme de 55,6 millions de dollars.

* Le ministre des Finances signe avec l’ambassadeur de Chine au Cambodge un prêt de 121 millions de dollars pour des projets d’irrigation dans la province de Kampong Chhnang et pour la construction d’une ligne électrique entre Phnom Penh et Bavet (frontière vietnamienne).

* Le 8 juillet, la grande banque indonésienne Hong Leong Bank Berhad obtient une licence d’exploitation au Cambodge. Plus de 40 banques nationales et internationales opèrent au Cambodge. Canadia Bank et Cambodia Post ont le projet d’ouvrir une banque en septembre. Cambodia Post détiendra 5 % du capital.

Nominations

* On apprend que Sok Khavan, neveu du Vice-Premier ministre Sok An, âgé d’une trentaine d’années, est nommé directeur général de l’Autorité cambodgienne du pétrole en remplacement de Te Duong Dara. Il est également secrétaire général-adjoint de l’association du Barreau, et membre du Conseil des juristes au Conseil des ministres. Diep Sareiviseth, un autre neveu de Sok An, est directeur général-adjoint de la même Autorité.

* Par décret des 12 juin et 25 juin, 131 officiers sont promus au grade supérieur. On note parmi eux de nombreux fils de dignitaires du Cambodge actuel, dont les deux fils aînés de Hun Sen :
- Hun Manet, fils de Hun Sen, diplômé de West Point, est promu brigadier-général. Hun Manet est, de plus, vice-président du commandement uni des Forces Armées Royales Cambodgiennes (FARC), chef du département anti-terroriste du ministère de la Défense, chef de la force conjointe anti-terroriste, commandant-adjoint de l’unité des gardes du corps de Hun Sen ;
- Hun Manith, 31 ans, brigadier général, directeur-adjoint de l’unité militaire du renseignement, secrétaire général-adjoint de l’unité de résolution des conflits fonciers ;
- Kim Rithy, fils du général Kun Kim, est nommé major-général ;
- Pol Sinuon, neveu du commandant en chef de l’armée Pol Saroeun, est nommé lieutenant général ;
- Yentieng Puthira, fils de Om Yentieng chef de l’Unité anti-corruption, est nommé brigadier-général.

Ces nominations, on s’en doute, « sont basées uniquement sur le mérite et les aptitudes ».

En 2000, il y avait 2 000 généraux dans l’armée cambodgienne (500 seulement pour toutes les forces armées des Etats-Unis), mais depuis le nombre a augmenté de 60 %.

Société

* Le 7 août, le ministère des Finances annonce que les 90 000 fonctionnaires les moins payés recevront une augmentation de 30 % de leur salaire dès le mois prochain (leur salaire passera de 60 à 70 dollars), ceux qui touchent plus de 60 dollars verront leur salaire monter à environ 84. Cette augmentation s’ajoute au 20 % d’augmentation annuelle, non liée, elle, aux élections. La dépense pour l’Etat ne représente que 1,8 million de dollars sur un budget de 3,1 milliards. Le PSNC avait promis, en cas de succès aux élections, des salaires de 250$ dollars.

* Le 11 août, la municipalité de Phnom Penh et la Croix-Rouge cambodgienne, tous deux alignées sur le PPC, font des donations d’argent et de vivres aux expulsés de Borey Keila.

Mouvements sociaux

* Le 1er juillet, plus de 200 employés de l’usine Pink Grade manifestent devant le ministère des Affaires sociales pour demander que leur soit versé le salaire des trois derniers mois, après la faillite de leur usine, le 1er mai dernier. Le 25 juillet, le ministère des Affaires sociales accède à leur demande.

* En dépit des augmentations de salaires, le pouvoir d’achat des employés dans les usines de fabrication textile a baissé de 20 % par rapport à 2001, alors qu’au Vietnam il a crû de 28,4 %, en Indonésie de 39,7 %, en Chine de 129,4 %. Ce secteur qui a rapporté plus de 4 milliards en 2012 ferait vivre directement ou indirectement 2,5 millions de personnes.

* Plus de 170 employés en formation en gestion de centrale thermique donnée par des Chinois se mettent en grève pendant cinq jours pour demander une augmentation de salaire, la possibilité de s’organiser en syndicats, l’observation des lois sociales locales, de prendre des vacances lors des congés publics et de ne pas être punis pour des délits mineurs. Ils obtiennent gain de cause.

Conflits fonciers

* Trois mois après qu’ADHOC a rapporté la coupe de 150 hectares de forêt dans la province de Ratanakiri par une société vietnamienne, la déforestation continue en dehors des limites de la concession. Adhoc prend des photos de 40 arbres coupés et de tracteurs. Le gouverneur de la province a ordonné à la société vietnamienne de cesser ses travaux depuis un an. Le ministère de l’Agriculture a déjà suspendu la licence d’exploitation à la société pour cause de déforestation à l’extérieur de la concession, mais les abattages continuent.

* Le 8 juillet le groupe Bonsucro, basé à Londres, qui milite pour une origine éthique du sucre et d’autres produits, suspend la société anglaise Tate&Lyde du nombre de ses membres. On l’estime compromise dans les expulsions de paysans pratiquées par Ly Yong Phat à Srè Ambel (province de Koh Kong). Cette décision est prise après la plainte de deux ONG locales cambodgiennes il y a deux ans. Un article du journal britannique The Guardian, en date du 9 juillet, fait état de 85 enfants, âgés entre 11 et 17 ans, employés par ces producteurs de sucre. Tate&Lyde mène une enquête.

Trafic d’êtres humains

* Selon ADHOC, sur les 109 cas de trafic d’êtres humains rapportés durant les six premiers mois de 2013, seuls 71 % ont été punis. C’est le reflet de la culture d’impunité qui a valu au Cambodge, pour 2012, d’être relégué du « Tiers 2 » au « Tiers 2 sur liste d’attente » dans le classement du Département d’Etat américain pour le trafic d’êtres humains, le « Tiers 3 » étant le fond du classement. Le gouvernement dément, mais ses enquêteurs sont des proches du pouvoir.

Santé

* L’agence internationale de coopération de la Corée du Sud fait don de 3,4 millions de dollars à l’Unicef pour améliorer la santé maternelle et des nourrissons dans les zones rurales. Selon l’Unicef, 50 enfants de moins de 5 ans (soit 6,9 %) meurent chaque jour au Cambodge, alors qu’ils pourraient être sauvés. Vingt-cinq mamans sur 1 000 meurent lors de l’accouchement.

* Le 14 août, l’Unicef et l’agence allemande GIZ distribuent pour 500 000 dollars d’équipement dans des centres de santé des zones rurales pour améliorer la santé maternelle et des nouveaux nés.

* Durant les six premiers mois de l’année, le nombre des victimes du paludisme a chuté de 52 % par rapport à l’an dernier (11 415 infections au lieu de 23 879), et le nombre de décès de 89 % (3 morts contre 28 l’en dernier). Cette chute est attribuée principalement à la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

* On note 16 cas de grippe aviaire depuis le début de l’année, dix enfants sont morts, six ont survécu. L’an dernier, on a compté huit décès.

* Le Cambodge reçoit les félicitations pour avoir su juguler le sida : le sida est désormais la 16ème cause de décès du pays (entre 0,8 et 1,5 % de décès selon les sources).

Inondations

* Les provinces de Kompong Thom, Battambang, Kratié, Stoeung Treng et Pursat sont affectées par des inondations, suites aux pluies torrentielles de la première quinzaine d’août. On déplore 27 morts, dont 13 enfants. 2 592 personnes ont dû être évacuées à Bantéay Méan Chhey, ainsi que 11 villages de la province de Préah Vihéar, situés sur les berges de Stoeung Sen. Plusieurs milliers d’hectares de rizières sont détruits. Ces inondations sont la conséquence directe de la déforestation. Avec d’autres, Avenir Cambodge aide les sinistrés dans le Srok de Kulen.

* 83 personnes ont été foudroyées depuis le début de l’année, soit 22 de plus que l’an dernier.

Education nationale

* Les examens du Baccalauréat et du Brevet ont été reportés après les élections du 28 juillet. Environ 108 000 élèves ont passé le baccalauréat les 5-6 août. Rarement la fraude scolaire n’a été aussi forte. Les examens du brevet auront lieu en septembre.

Divers

* Le 12 juillet, Hun Néang, père de Hun Sen, décède à l’âge de 89 ans. De nombreuses délégations étrangères viennent présenter leurs condoléances au Premier ministre.

* Grandis Timber, plantation de teck de Phnom Sruoch (province de Kompog Speu), reçoit une certification d’un organisme américain pour sa bonne gestion de la forêt.